Lac-Mégantic - Des travaux d’excavation colossaux

L’analyse toxicologique menée à partir d’échantillons recueillis sur le terrain indique d’ailleurs que les sols à excaver et dont Québec devra disposer contiennent plusieurs éléments reconnus pour leur dangerosité.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L’analyse toxicologique menée à partir d’échantillons recueillis sur le terrain indique d’ailleurs que les sols à excaver et dont Québec devra disposer contiennent plusieurs éléments reconnus pour leur dangerosité.

Pour venir à bout de la contamination provoquée par la tragédie pétrolière de Lac-Mégantic, il pourrait être nécessaire d’excaver et de traiter plus de 112 000 mètres cubes de sols, selon ce qui se dégage d’un rapport préliminaire de caractérisation des sols du secteur remis à Québec.

 

La firme Golder, d’abord engagée par la Montreal, Maine and Atlantic Railway (MMA) dans les heures qui ont suivi le déraillement et l’explosion du convoi ferroviaire, a mené différentes analyses des sols dans la zone contaminée par le pétrole brut.

 

Selon ce qu’elle indique dans un rapport de 160 pages transmis à Québec, le volume de sols fortement contaminés qui devront être tout simplement retirés pourrait se situer entre 77 800 et 112 000 mètres cubes. Ce volume est réparti sur une superficie équivalant à une trentaine de terrains de football. Un tel volume pourrait représenter l’équivalent de plus de 10 000 camions à benne pleins de sols contaminés.

 

Toxique

 

L’analyse toxicologique menée à partir d’échantillons recueillis sur le terrain indique d’ailleurs que les sols à excaver et dont Québec devra disposer contiennent plusieurs éléments reconnus pour leur dangerosité. Les experts ont ainsi identifié des concentrations importantes d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) - des composés qui sont reconnus pour leur toxicité -, de composés organiques volatils, de dioxines et de furannes.

 

Par voie de communiqué, le ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs a par ailleurs précisé que les résultats des travaux réalisés à Lac-Mégantic sont encore préliminaires. « Certaines portions des sols n’ont toujours pas été caractérisées, a expliqué le ministère. Les travaux de caractérisation se poursuivent ainsi dans les secteurs touchés par le déraillement. Ce processus de longue haleine sera complété au cours des prochaines semaines. » Le ministère n’a pas voulu commenter les résultats du rapport.

 

Facture salée

 

Et tout indique que la catastrophe de Lac-Mégantic viendra avec une facture salée. Le tout se calculera très certainement en centaines de millions de dollars. Un expert consulté par Le Devoir a évoqué le chiffre de 500 millions de dollars. La MMA n’a pas les moyens financiers nécessaires pour assumer une telle facture. Québec espère pouvoir solliciter les entreprises qui étaient propriétaires de ce pétrole du Dakota du Nord pour éponger une partie de la facture.

 

Les wagons éventrés le 6 juillet par le déraillement et l’explosion du convoi de 72 wagons-citernes chargés de pétrole brut ont laissé s’échapper pas moins de six millions de litres de pétrole brut destiné au Nouveau-Brunswick. Cela signifie que 80 % des 7,2 millions de litres de pétrole que transportait ce train, propriété d’intérêts américains, ont fui dans la nature.

 

Si une majorité du pétrole a brûlé dans l’incendie meurtrier qui a suivi le déraillement - et dont on ignore les impacts environnementaux -, le rapport produit par la firme Golder estime que « quelques centaines de milliers de litres » ont contaminé les sols, le lac Mégantic et la rivière Chaudière sur une distance de plus de 120 kilomètres. Un total de 47 personnes ont perdu la vie dans la catastrophe.