Des provinces n’ont pas les ressources pour gérer un déversement de pétrole

Vancouver — Des fonctionnaires de la Colombie-Britannique ont personnellement averti la province qu’elle manquerait de ressources en cas de déversement de pétrole provenant d’infrastructures actuelles ou futures et que même un déversement modéré dépasserait sa capacité de réaction.

 

Des coupes dans le budget fédéral de 2012 ont poussé Environnement Canada à fermer ses bureaux devant réagir aux déversements à Vancouver et dans d’autres villes, et ont centralisé ces activités au Québec.

 

Cette décision d’Ottawa rendrait plus difficile la capacité de réagir aux déversements, et Transport Canada et la Garde côtière n’ont pas l’expertise environnementale nécessaire pour les gérer, révèlent des documents obtenus par La Presse canadienne en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.

 

Les notes ont été rédigées par des fonctionnaires du ministère de l’Environnement dans un dossier préparatoire à l’attention du ministre nommé en juin et par des autorités d’intervention d’urgence, l’an dernier.

 

Enbridge

 

Les fonctionnaires du ministère ont notamment émis plusieurs réserves à l’endroit de la ministre Mary Polak, soutenant qu’elle ne disposait pas du personnel et des ressources nécessaires à la prévention, à la gestion et à la réhabilitation des sites de déversements.

 

Le projet de pipeline d’Enbridge et l’expansion projetée des infrastructures de Kinder Morgan pourraient augmenter de plus de 1000 voyages par année le transport de pétrole sur la côte du Pacifique. Le dossier préparatoire estime qu’à un débit de 500 000 barils de pétrole brut par jour, un accident de pipeline d’une durée d’une heure évacuerait 21 000 barils dans la nature de la Colombie-Britannique.

 

En cas de déversement, le principe pollueur-payeur du fédéral stipule que la compagnie responsable doit lancer les opérations d’intervention et assumer le coût des dommages et du nettoyage. Les agences gouvernementales (la Garde côtière en cas de déversement marin et l’Office national de l’énergie pour les accidents terrestres) ne gèrent pas physiquement l’incident, mais accompagnent le pollueur.

 

Le rôle d’Environnement Canada est d’être prêt en tout temps à fournir un avis d’expert scientifique, ce que, selon les documents consultés, il n’est pas en mesure de faire.


 
1 commentaire
  • Paul Marcoux - Abonné 26 août 2013 09 h 30

    Pollueur payeur?!?

    Voyons comment ça se passe et comment ça risque de se passer à Lac-Mégantic... Le pollueur qui va payer?... Hum!
    Et Environnement Canada qui n'est même pas en mesure de fournir une expertise scientifique pour « accompagner » adéquatement le pollueur, c'est ce même pollueur qui devra donc gérer son problème? Ben voyons donc!...
    Entre « opérations d'intervention » et « coût des dommages et du nettoyage », je parie qu'il y aura conflit d'intérêts...