Les Québécois devront payer la note

La ministre des Ressources naturelles Martine Ouellet a fait savoir vendredi qu’elle entend déposer «dans les prochaines semaines» un «plan d’action» visant à planifier la restauration et la décontamination des 679 sites dits orphelins et dont Québec a hérité au fil des décennies.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La ministre des Ressources naturelles Martine Ouellet a fait savoir vendredi qu’elle entend déposer «dans les prochaines semaines» un «plan d’action» visant à planifier la restauration et la décontamination des 679 sites dits orphelins et dont Québec a hérité au fil des décennies.

La ministre des Ressources naturelles Martine Ouellet a fait savoir vendredi qu’elle entend déposer « dans les prochaines semaines » un « plan d’action » visant à planifier la restauration et la décontamination des 679 sites dits orphelins et dont Québec a hérité au fil des décennies.

Le plan en question sera entièrement financé par des fonds publics, selon ce qu’a laissé entendre la ministre. « La question des sites miniers orphelins fait déjà partie du passif environnemental du gouvernement. Les montants pour faire la restauration sont déjà réservés », a fait valoir vendredi Martine Ouellet, au cours d’un entretien téléphonique.

Est-ce que le gouvernement Marois pourrait imposer une taxe spéciale aux minières de façon à financer une partie des opérations ? « Non », a répondu la ministre. Selon Mme Ouellet, les entreprises contribuent déjà aux finances de l’État québécois par l’entreprise des redevances qu’elles versent. « On a décidé de mettre une redevance. La redevance revient à l’État. Ensuite, comment utilise-t-on cette redevance ? La redevance peut aller dans les coffres de l’État, dans le fonds des générations ou dans le fonds consolidé. Après ça, c’est l’État qui finance les différentes activités qu’il doit financer. »

Mais la ministre n’a pas précisé si le gouvernement utilisera les revenus des redevances pour permettre au Québec de se débarrasser de cet héritage toxique. « Lorsqu’on va chercher des redevances, c’est de l’argent qui entre dans les coffres de l’État. Ensuite, il y a une gestion globale de l’État. Mais il n’y a pas de lien direct. » Si Québec décidait d’investir toutes les redevances dans la restauration des sites abandonnés, cela reviendrait à se priver de ce revenu pendant au moins quatre ans.

 

Changement de discours

La position du gouvernement péquiste tranche avec celle que le parti défendait lorsqu’il était dans l’opposition. L’an dernier, dans le cadre de l’étude du projet de réforme de la Loi sur les mines, les libéraux avaient refusé catégoriquement de mettre les minières à contribution pour acquitter une partie de la facture. « C’est sûr que ce sont les Québécois qui vont payer. Ce ne seront pas les Martiens qui vont payer, ce sont les Québécois », avait alors affirmé l’ancien ministre délégué aux Ressources naturelles et à la Faune, Serge Simard.

Une position dénoncée par Martine Ouellet. En fait, le Parti québécois réclamait la mise en place d’un mécanisme pour obtenir une participation des minières. Selon Mme Ouellet, qui était alors porte-parole péquiste en matière de mines et de gaz de schiste, l’idée était avant tout de tenir compte du « principe » selon lequel il ne faut pas refiler aux Québécois la totalité de la facture.

Au fil des décennies, les minières qui ont exploré le sous-sol québécois et ont exploité ses ressources ont laissé derrière elles un total de 679 sites nécessitant des travaux de restauration pour en limiter les impacts environnementaux. De ce nombre, on compte 181 sites d’exploitation, dont au moins une cinquantaine a besoin de travaux de décontamination qualifiés de « majeurs » par Québec. Dans certains cas, des métaux lourds doivent être récupérés, notamment pour éviter davantage de « migration de la pollution ». Bien souvent, de l’équipement a été laissé à l’abandon, ou encore des camps miniers entiers. Pour éviter que ce genre de situation se reproduise, Québec a adopté un règlement obligeant les minières à déposer une garantie de 100 % des coûts de restauration de leurs sites.

Des documents obtenus par Le Devoir en vertu de la Loi sur l’accès à l’information révèlent qu’entre 2007 et 2012, le gouvernement Charest a investi un total de 70,5 millions de dollars dans la restauration des sites abandonnés au Québec. À ce rythme, il faudrait 80 ans pour mener à terme les travaux.

102 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 24 août 2013 00 h 23

    Merci au voile!

    «même si le Parti québécois était favorable à cette idée lorsqu’il était dans l’opposition.»

    Le PQ préfère détourner l'attention et mettre un voile sur ses revirements trop nombreux...

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 24 août 2013 09 h 44

      Ne vous en faites pas, le PQ est en train de nous préparer une Châârte des Vââleurs qui va régler tous nos problèmes.

    • Claude Lachance - Inscrite 24 août 2013 11 h 46

      Combien vaut une chârtre de colonisé?

    • Normand Carrier - Inscrit 24 août 2013 13 h 55

      La charte de la laicité qui est maintenant la charte des valeurs fut promis par le PQ lors de la dernière campagne électorale et on doit conclure que les électeurs savaient pourquoi ils votaient lors du dernier scrutin ......
      Mais le fait que madame Ouellet réclamait un mécanisme pour la participation des minières et que le PQ n'en a jamais fait une promesse , on doit conclure qu'une réflexion dans l'opposition n'a pas influencé le vote .....
      Comme le PQ a pu difficillement passer sa loi sur les redevances minières étant minoritaire et a du faire des compromis pour avoir l'adhésion de la CAQ et que cela rapporte environ $300 million par année , comment voulez vous qu'il puisse aller récupérer $1,2 milliard de dégats faits par les minières depuis les 40 dernières années ....
      Il faut regarder vers l'avant et se dire que la situation est maintenant corrigée avec cette dernière loi passée par Martine Ouellet ....

    • Marie-Maude Lalande - Inscrite 24 août 2013 14 h 36

      ...Et Merci Monsieur Carrier pour votre commentaire. Ça me rassure de lire un peu de nuances ici. Bonne journée!

    • Nicole Bernier - Inscrite 24 août 2013 14 h 50

      Vous semblez oublier qu'il a été élu comme gouvernement minoritaire quand il est question de la charte et il n'a pas été question de charte des valeurs... Donc, il devra sur, chaque point, faire des alliances politiques avec d'autres partis, à moins que le PQ adopte les mêmes attitudes anti-démocratiques du gouvernement de droite de Harper...

  • Jean-Luc St-Pierre - Inscrit 24 août 2013 00 h 27

    Non.

    Juste non.

  • Matthieu Jean - Inscrit 24 août 2013 03 h 41

    Plan d'action...

    Ti-Mine : "On a quec'chose pour toi, regarde en dessous.
    Gour-ne-mande: "C'est-y ben creux? Chu pas habituée aux trous de mines. Moé les profondeurs ça me fait peur"
    Ti-mine: "Ben non! Ben non! C'est juste en dessous de la table."
    Gour-ne-mande: "Ah ben là, c'est pas pareil. Q'est-ce que je peux faire pour toi mon... mon chum?
    Ti-Mine: "J'prendrais ben un peu d'uranium, de l'or pis du nickel.
    Gour-ne-mande: "Pas de problèmes. Mais tu sais qu'il va y avoir une taxe bientôt. Une mine ça se décontamine."
    Ti-mine: "Regarde dont encore en-dessous de la table."
    Gour-ne-mande: Ah! Mais j'insiste : on est plus dans l'opposition! J'oubliais de te dire que c'est les Martiens qui la paye cette taxe-là. ha ha ha Ya-tu encore du champagne dans la bouteille?

  • Marc Collin - Inscrit 24 août 2013 04 h 58

    Intéressant

    Intéressant, on doit payer pour nettoyer des mines que des entreprises on préféré laisser à l'abandon après avoir eu diverses subventions, crédit impôt et s'être fait un maximum d'argent...

    Logique?

    Elle a peur de prendre ses responsabilités? Pression des lobbyistes

    • Daniel Bérubé - Inscrit 24 août 2013 11 h 10

      Logique ?

      Dans un monde capitaliste, oui...

    • Jean-Yves Arès - Abonné 24 août 2013 13 h 24

      Et qui pairait si l'exploitation au lieu d'avoir été faite par une entreprise privée elle l'avait été par une société d'état style "Mine-Québec" ?

      La réponse est évidement nous autre !


      Le problème vient du manque de règlementation de l'époque, qui vient lui même de la bien petite conscience environnementale du temps.

      C'est a cette correction de règlementation que doit travailler le GV, tout en équilibrant le fait que le niveau de contraintes environnementales implique un niveau proportionnel de renoncement d'exploitation.

  • Josette Allard - Inscrite 24 août 2013 05 h 20

    No faut

    Les miniëres polluent et les ticounes paient la facture. Au rythme avec lequel on procède à la restauration des parcs à résidus miniers, nous serons tous morts avant la fin de cette opération, sans compter tous les nouveaux sites miniers crées pendant ce temps et qui causeront problèmes eux aussi dans le futur.
    Autre fois on parlait de champs de "slime" maintenant remplacer par d'immenses montagnes de déchets miniers comme on en voit à Thetford ou Black Lake. Non seulement çà défiguré le paysage mais les eaux de ruissellement après la pluie risquent d'entraîner des matières polluantes dans les cours d'eau.

    • Daniel Bérubé - Inscrit 24 août 2013 11 h 16

      ..."Autre fois on parlait de champs de "slime" maintenant remplacer par d'immenses montagnes de déchets miniers..."

      Ceci n'est qu'un des nombreux prix de l'industrialisation...

      Le monde de la consommation ne veut voir que ses avantages, et la puissance des marchés qui y sont rattachés jette un voile sur les points négatifs.

      Un jour, il faudra pourtant s'éveiller... mais tout porte à croire que ce sera en retard...