12 000 litres de diésel utilisés pour forer les Îles-de-la-Madeleine

Aux îles de la Madeleine, une dizaine de puits ont été forés au fil des ans. Entre 1972 et 1974, la Société québécoise d’exploration minière a effectué neuf forages.
Photo: Source - Tourisme Îles-de-la-Madeleine Aux îles de la Madeleine, une dizaine de puits ont été forés au fil des ans. Entre 1972 et 1974, la Société québécoise d’exploration minière a effectué neuf forages.

Connues pour la beauté de leurs paysages et prisées des vacanciers, les Îles-de-la-Madeleine ont aussi plusieurs fois été la cible de travaux d’exploration, notamment gazière. Une dizaine de forages ont été réalisés au début des années 70 par la Société québécoise d’exploration minière. Celle-ci a utilisé au moins 12 000 litres d’hydrocarbures pour forer.

Selon ce que révèlent des documents obtenus par un journaliste de Radio-Canada, des milliers de litres de diesel ou d’«huile» — un mot habituellement dérivé de l’anglais «oil», qui signifie pétrole — ont ainsi été injectés dans le sol de la plage de Sandy Hook, à Havre-Aubert, dans le but de déterminer s’il était possible d’exploiter un éventuel gisement de sel. Il s’agissait à l’époque d’une méthode de forage courante.

Le hic, c’est qu’une vidéo diffusée la semaine dernière sur une plage semble indiquer que du diesel a migré vers la surface. Investissement Québec, dont la Société québécoise d’exploration minière (SOQUEM) est aujourd’hui une filiale, a refusé de commenter les informations divulguées par Radio-Canada. Des documents indiquent toutefois que la SOQUEM aurait interrompu dans les années 70 après avoir constaté la pollution que l’injection d’hydrocarbures dans le sol engendrait.

En plus des risques environnementaux que pourraient représenter ces hydrocarbures, les Îles-de-la-Madeleine doivent aussi vivre avec les conséquences du naufrage de l’Irving Whale, en 1970. À l’époque, les autorités avaient décidé de mettre le sable imbibé de pétrole dans des sacs. Pas moins de 200 000 de ces sacs avaient été enfouis dans les dunes des Îles. Ils y sont toujours.

De la SOQUEM à Gastem

Aux îles de la Madeleine, une dizaine de puits ont été forés au fil des ans. Entre 1972 et 1974, la Société québécoise d’exploration minière a effectué neuf forages. Mais les données disponibles auprès du ministère des Ressources naturelles et obtenues par Le Devoir sont incomplètes. Elles ne permettent donc pas de savoir si, par exemple, des hydrocarbures ont été découverts.

Le dernier forage sur les Îles remonte à 1999. L’entreprise Corridor Resources n’a rien détecté avec son puits de 686 mètres de profondeur. La pétrolière souhaite maintenant forer la structure d’Old Harry, située en plein cœur du golfe du Saint-Laurent.

C’est désormais l’entreprise Gastem, dirigée par l’ancien ministre libéral Raymond Savoie, qui contrôle les droits d’exploration sur le territoire des Îles. Au prix actuel, soit 10 ¢ l’hectare chaque année, il lui en coûte 1752 $ par année pour conserver ses droits.

Gastem souhaite explorer le potentiel gazier des Îles en forant un premier puits à Fatima, au nord-ouest de Cap-aux-Meules. M. Savoie estime que tout ce secteur pourrait renfermer de grandes quantités de gaz naturel conventionnel. Mais pour démontrer qu’il y a un potentiel commercial, il doit d’abord faire des forages.

Le hic, c’est que les projets de la gazière ont soulevé de vives inquiétudes parmi la population, inquiète des impacts sur les nappes phréatiques. Le gouvernement Marois a donc annoncé, en avril, qu’il mandatait le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement pour étudier les impacts possibles de l’exploration et de l’exploitation de pétrole et de gaz aux îles.

Une décision qui a été dénoncée par M. Savoie. « On ne fait pas de BAPE pour l’exploration », a-t-il dit. L’archipel, a-t-il rappelé, aurait tout intérêt à remplacer le mazout qu’il consomme actuellement pour produire de l’électricité par du gaz naturel.
5 commentaires
  • Luc Fontaine - Inscrit 21 août 2013 17 h 27

    C'est horrible

    Ce que la SOQUEM ne mentionne pas c'est qu'il y a bien plus de dix puits de forés aux Îles par eux. De plus M. Savoie de Gastem voudrait remplacer le mazout utilisé par la centrale d'hydro par du gaz natuel. Cette excuse n'est plus valable car Hydro Québec n'a pas retenu le projet de convertir la centrale au gaz. Nous seront reliés par cable sous-marin au continent en plus d'un projet éolien de 6.3 MW.

    M. Savoir n'a donc plus de raison de venir forer aux Îles à moins que ce soit simplement pour y développer l'industrie gaz et pétrole qui finalement ruinerait le tourisme et la pêche. Pour ceux qui vont me dire que cette industrie crée de l'emploi local, je répond: Faites vos devoirs. Les forages seront fait par des compagnies de l'ouest projet clef en main avec leurs personnel qualifié. Deplus ça prend une usine de liquéfaction pour entreposer le gaz et un port méthanier.

    Pour nous aux Îles ça représente le début de la fin l'industrie pétrolière.

  • Claude Lachance - Inscrite 21 août 2013 18 h 23

    Du pain sur la planche...

    Oups, Anticosti c'est pas fini!

  • Raymond Gauthier - Abonné 21 août 2013 18 h 24

    Enfin, Le Devoir s'en empare !

    Ça fait 10 jours que ça brasse sur le terrain ! Heureusement que des citoyens « déterrent » les surprises, pour ne pas dire les « dessablent ». Au MRN, à la SOQUEM, on est opaque. C'est le grand mystère, comme pour l'entente secrète Hydro-Pétrolia à Anticosti. Il ya quelqu'un qui a intérêt à ce que ça reste secret. Je peux vous dire que ce n'est pas qu'une dizaine de puits qui ont été forés aux îles. Nos investigateurs citoyens bénévoles ont découvert qu'il y en a 84 ! Probablement tous forés de la même façon. Restez en alerte, monsieur Shields. Il y aura sans doute du nouveau dans l'histoire des sables bitumineux de l'archipel madelinot.

    Raymond Gauthier

  • Francois Parent - Inscrit 22 août 2013 08 h 54

    Ne pas reconnaître sa valeur

    Le gros gros problème au Québec c'est que nous connaissons pas notre valeur. Nous devrions cesser de croire ces anglais qui nous ont dit que nous étions une race inférieure.

  • LAURENT PRADIES - Inscrit 24 août 2013 04 h 48

    Pourquoi pas ?

    Pourquoi pas tout détruire, au nom de quoi la préservation serait supérieure à la destruction ... puisque tout le monde est d'accord pour la destruction, personne ne s'y oppose .... aux îles il y a ceux qui détruisent avec entrain, ceux qui en sont satisfaits, ceux qui bougonnent en laissant faire ... jamais vu le premier humain qui s'y oppose ... d'ailleurs au moins les gnes sont cohérents puyisque c'est la même chose partout au Québec et au Canada ...je me limite à ces espaces.