La planète a battu des records de chaleur et d’émissions de CO2 en 2012

Les glaces de l’océan Arctique sont tombées à 3,41 millions de km2, soit 18 % de moins que le précédent record de 2007.
Photo: Agence France-Presse (photo) Martin Bureau Les glaces de l’océan Arctique sont tombées à 3,41 millions de km2, soit 18 % de moins que le précédent record de 2007.

L’an 2012 a compté parmi les dix années les plus chaudes sur la planète avec une fonte record des glaces arctiques et des émissions sans précédent de dioxyde de carbone (CO2), selon le dernier rapport annuel sur le climat publié mardi par l’agence américaine NOAA.

 

« Notre planète continue à se réchauffer », a déclaré Kathryn Sullivan, l’administratrice par intérim de l’Agence océanique et atmosphérique américaine (NOAA), en présentant ce document lors d’une conférence de presse téléphonique.

 

« Un grand nombre d’observations faites en 2012 confirment les tendances à long terme comme l’accroissement inquiétant des émissions de gaz à effet de serre, la montée du niveau des océans et la fonte des glaces arctiques », a-t-elle dit.

 

Selon différentes mesures, 2012 se classe au huitième ou au neuvième rang parmi les années les plus chaudes à la surface du globe depuis 1850. « L’année dernière, le thermomètre s’est situé de 0,14 à 0,17 degré Celsius au-dessus de la moyenne des températures enregistrées lors de la période 1981-2010 », précise le texte.

 

Les dix années où le mercure est monté au plus haut ont toutes été enregistrées depuis 1998, année où le courant chaud du Pacifique el Niño a été particulièrement puissant, précisent les scientifiques.

 

Les glaciers disparaissent

 

Et ce réchauffement continu de la planète a entraîné une fonte sans précédent des glaces arctiques l’an dernier.

 

L’étendue des glaces dans l’océan Arctique s’est ainsi réduite à un minimum d’été jamais enregistré depuis le début des observations par satellite il y a 34 ans. Elle est tombée à 3,41 millions de km2, soit 18 % de moins que le précédent record en 2007.

 

Au Groenland, la calotte glaciaire s’est réduite à un niveau record en juillet 2012, alors que 97 % de l’étendue de glace a montré des signes de fonte.

 

« La température globale dans l’Arctique augmente deux fois plus vite que dans le reste du monde », a souligné Jackie Ritcher-Menge, ingénieur civil dans l’armée américaine, qui a participé à ce rapport.

 

La couverture neigeuse dans l’hémisphère nord a également atteint des étendues minimales sans précédent.

 

Le niveau des océans a aussi atteint un record en 2012 après avoir enregistré de fortes baisses durant les six premiers mois de 2011 en raison du courant froid du Pacifique la Niña. Les océans montent de 3,2 millimètres par an depuis vingt ans, soulignent les scientifiques.

 

Avec la montée des températures qui entraîne une plus forte évaporation, les eaux océaniques voient leur salinité augmenter, un phénomène qui a commencé en 2004, selon le rapport.

 

Record d’émissions

 

Le réchauffement continu du globe en 2012 a coïncidé avec une nouvelle augmentation des émissions de CO2 provenant des énergies fossiles et de la production de ciment. Elles ont atteint un nouveau record l’an dernier avec 9,7 milliards de tonnes.

 

Cela s’est traduit par un accroissement de la concentration de C02 dans l’atmosphère qui, au printemps 2012, a dépassé pour la première fois le seuil critique des 400 parts par million (ppm) dans 7 des 13 observatoires arctiques. Ce niveau est jugé dangereux par les scientifiques, car il pourrait marquer le début d’un point de non-retour dans le réchauffement terrestre.

 

Le président Barack Obama avait dévoilé fin juin une vaste initiative pour lutter contre le réchauffement climatique en promettant de s’attaquer aux émissions de CO2 provenant surtout des centrales électriques au charbon aux États-Unis, deuxième plus gros pollueur après la Chine.

 

Nouvelle encourageante, le climat dans l’Antarctique a été stable en 2012. L’étendue maximum de glace a atteint un record en septembre 2012 depuis 1978, indique le rapport de la NOAA auquel ont participé 380 scientifiques de 52 pays.

 

Le nombre de tempêtes tropicales n’a pas augmenté, avec 84 au total, soit moins que la moyenne annuelle de 89 entre 1981 et 2010.

22 commentaires
  • Guy Lafond - Inscrit 7 août 2013 08 h 39

    Un effort collectif continu

    Voyagons moins par avion, plus par bateau et par train.

    Utilisons davantage la bicyclette ou le transport en commun.

    Marchons, marchons.

    C'est là que nous en sommes rendus. Nous n'avons plus le choix.

    Nous ne pouvons plus prendre les changements climatiques à la légère. Même s'il y a des signes avant-coureurs d'une très légère stabilisation, ce sont des signes de diminutions des températures et de réduction de la concentration de Co2 dans l'atmosphère que nous visons tous maintenant. Et cela s'obtiendra par des efforts soutenus de chaque pays à travers les décennies à venir.

    Attelle mon cheval!

    • Éric Cyr - Inscrit 7 août 2013 13 h 01

      Pas du tout mon ami, il suffit de meilleures voitures électriques comme la Tesla S et de tuiles solaires sur nos toitures pour se débarrasser des hydrocarbures qui datent presque du temps des chevaux.
      Il "suffit" de faire cesser les pressions des cartels des énergies sales sur les scientifiques, les fabricants, les médias et les politiciens... Ça c'est plus difficile. La technologie elle est toute prête!

      Effort industriel.

    • Richard Larouche - Inscrit 7 août 2013 14 h 33

      Remplacer les trajets à voiture par des trajets à pieds ou à vélo permettrait une plus grande réduction des émissions de gaz à effet de serre et aurait des impacts positifs plus importants au niveau de la santé publique comme l'indique cet article paru dans la revue Lancet: http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/P

    • Yvan Dutil - Inscrit 7 août 2013 15 h 11

      Je vais me faire traiter encore de sale-vendu-à-l'industrie-pétrolière, mais fabriquer une auto électrique, cela produit beaucoup de gaz à effet de serre, de même que la route sur laquelle elle doit rouler. Les gains ne sont donc pas stupéfiant du point de vue environnemental.

    • Éric Cyr - Inscrit 7 août 2013 18 h 37

      @Yvan Dutil
      Une voiture électrique comporte le tiers moins de pièces qu'une au pétrole. De plus un moteur électrique dure plus d'un million de kilomètres. Moins d,entretiens, moins de remplacements, donc plus écologique.

      La production d'un V.E. ne produit pas plus de déchets nuisibles qu'une autre voiture (peut-être même moins!), et son utilisation journalière pendant 5 ou 10 ans ne produit aucun résidus de quelque nature que ce soit, et fait toute la différence à comparer à un moteur au pétrole qui va continuellement émettre de nombreux polluants, en plus du CO², pendant toute la durée de sa vie utile.

      Et pour ce qui est des batteries, elles sont habituellement garanties 8 ans et durent plus encore sur ces Toyota Prius qui sont sur les routes depuis presque 12 ans!

      Le pétrole est un poison dont il faut se débarrasser.

      Passons aux énergies du 21ème siècle, propre gratuites et éternellement renouvelables comme le vent et le soleil sur nos toitures!

    • Yvan Dutil - Inscrit 8 août 2013 07 h 26

      Monsieur Cyr, au final la trace environnementale d'une voiture électrique est de l'ordre de la moitié seulement d'une voiture conventionnelle au cours de sa vie. Et contrairement à votre prétention, sa fabrication demande plus de ressources qu'une voiture conventionnelle en raison de la batterie et des métaux rares utilisés dans les moteurs.

      Je ne dis pas que ce n'est pas une bonne idée, seulement ce que ce n'est pas miraculeux.

    • Guy Lafond - Inscrit 8 août 2013 08 h 02


      @Eric Cyr

      Va toujours pour la voiture électrique. Cela rend service quand on est parfois pressés. En additonnant tous ses coûts de production dont ceux occasionés à la Terre, cette solution en est probablement une bien meilleure que les voitures à essence.

      J'ai encore une voiture à essence, une Honda Civic, mais qui emet très peu de polluants. J'arrive très souvent à m'en passer. Je préfère marcher avec mes souliers "ecco" toutes les fois que cela est possible.

      Mon prochain moyen de transport rapide individuel pourrait très bien être un véhicule électrique.

      Quant au cheval, c'est plus romantique et plus écologique. Vous en conviendrez.

    • Éric Cyr - Inscrit 9 août 2013 09 h 51

      @Guy Lafond
      Oui mais les voitures électriques ne laissent de pommes de route ;-)

      @Yvan Dutil
      Quels métaux rares dans les moteurs? Les moteurs électriques sont composés de bobinages en cuivre et de boitiers en acier !

      Les piles au Lithium sont recyclables à 98%, d'autres le sont à 100% et leur masse est inférieure à celle du complexe moteur à explosion avec tous ses autres systèmes satellites obligés comme l'échappement, l'anti pollution , le radiateur, alternateur, starteur, transmission, etc.

      Voyez plutôt : cliquez à 8 min 45 secondes.
      http://www.youtube.com/watch?v=sjKttVBBUAA

    • Yvan Dutil - Inscrit 9 août 2013 12 h 45

      Monsieur Cyr, le néodyme et autre terres rares sont essentiels à la fabrication des aimants permanents contenus dans un moteur électrique. C'est un problème très bien connu et documenté. Je suis urpris que vous ne soyez pas au courant. Il faut aussi d'autre métaux rares comme le tantale pour faire de condensateur performants pour l'électronique de puissance.

      Le recyclage des piles au lithium de permet pas de récupérer la quantité considérable d'énergie nécessaire à leur fabrication.

      Évidemment, tous ceux qui ont fait des analyses de cycle de vie dans ce domaine ne peuvent que faire partie du grand complot des sales-vendus-à-l'industrie-pétrolière.

    • Éric Cyr - Inscrit 9 août 2013 15 h 49

      @yvan Dutil
      Oui vous avez raison pour le néodyme, je m'excuse...
      mais il est recyclable lui aussi.

      Et pour ce qui est de l'energie dépensée pour fabriquer les batteries, c'est assurément moindre que celle de la fonderie du gros bloc moteur et autres composantes des voitures au pétrole.

    • Yvan Dutil - Inscrit 10 août 2013 09 h 30

      Monsieru Cyr, un moteur d'aluminium consomme relativement peu d'énergie à fabriquer. De plus, il n'y a rien de plus facile que de recycler l'aluminium. Au final, d'après la littérature scientifique, la trace environnementale liées à la fabrication de la voiture électrique est environ 50% plus élevée que celle d'une voiture à essence. On se reprend plus tard sur la consommation pour les opérations, mais cela prend unc certains temps. De sorte que les gains environnementaux ne sont pas aussi spectaculaires que l'on pourrait le croire à première vue.

      Dans le cas des métaux rares (et dans une moindre mesure du lithium), c'est carément leur disponibilité dans l'écorce terrestre qui est problématique. Pour ce qui est de leur recyclage, je ne sais pas trop, mais il me semble que des céramiques c'est difficiles à recycler. Pour ce qui est du tantale, la méthode actuelle consiste à faire ramasser à la main les condensateur par des enfants en Chine et en Inde.

  • Gilles Théberge - Abonné 7 août 2013 10 h 06

    Que faut-il faire?

    Il faudrait que l'on retrouve nos esprits, et que l'on redonne à l'économie qui est devenue essentiellement financière, retrouve son sens original.

    De sorte que les investissements futurs incluent toujours, obligatoirement et de manière absolument incontournable, la prise en compte de la notion de développement «soutenable», comme le préconisait madame Bruntland dans son célèbre essai/rapport.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9velopp

  • Jean Lapalme - Abonné 7 août 2013 11 h 08

    9,7 millirards de tonnes de CARBONE et non de CO2. Ça équivaut à près de 30 milliards de tonnes de CO2

    Le réchauffement continu du globe en 2012 a coïncidé avec une nouvelle augmentation des émissions de CO2 provenant des énergies fossiles et de la production de ciment. Elles ont atteint un nouveau record l’an dernier avec 9,7 milliards de tonnes.

  • Dumas Dominique - Inscrit 7 août 2013 13 h 39

    Une autre année sans réchauffement.

    Donc ce que je comprends, c'est qu'on vient de passer une autre année sans réchauffement. C'est ainsi depuis 1997. Et nos verts, un peu fourrés, parle maintenant d'années parmi les plus chaudes pour cacher le fait qu'ils n'ont jamais prévu toutes ces années sans réchauffement qui ne suivent aucun de leurs modèles.

    • Yvan Dutil - Inscrit 7 août 2013 15 h 13

      Vous comprenez mal. C'est ce qui arrive quand on s'informe sur les sites climato-sceptiques.

    • Dumas Dominique - Inscrit 7 août 2013 23 h 42

      Éclairante réponse... Oups! Non. Encore les étiquettes à la place d'arguments (Yvan Dutil croit probablement que c'est un argument). Suis-je surpris? Bien sûr que non! Je suis un infidèle après tout!

    • Marco Munoz - Inscrit 8 août 2013 08 h 26

      Je viens de Bogota mon chèr monsieur et je crois encore entendre les histoires qui me raccontait ma grand-mère d'une ville jadis très froide, où les gens utilisaient des longs manteaux, des grands ponchos et du grand changement qui est survenu au cours de sa vie... alors tant qu'à être sceptique je vais l'être envers vous et votre flagrante desinformation.
      De nos jours la capitale atteint des temperatures très elevées que moi même pendant mon enfance j'aurais jamais vues... on est passés du traditionnel poncho au bien confortable t-shirt.

    • Yvan Dutil - Inscrit 8 août 2013 09 h 08

      Non, vous ne comprenez pas.

      En 1998 (pas 1997), tous les records ont été défoncés. Ce qui fait que cette année-là était très au dessus de la moyenne. Donc, si on choisi cette années comme date de départ, on obtient une croissance moyenne de la température plus faible. C'est un argument fallacieux que les climatosceptiques utilisent à fond la caisse. Le problème est qu'il ne tiens pas la route sur on gratte un peu les statistiques.

      Contrairement aux dires de climato-sceptique, des periodes de «pause» étaient prévues et attendues. Il y a des centaines d'articles scientifiques sur les oscillations interdécadales de la température. Elles sont dûes à des changements entre les échanges de chaleur entre les océans et l'atmosphère. C'est un phénomène fort bien connu. Cela s'ajoute aux fluctuations interannuelles normales. C'est d'ailleurs pourquoi une période de 30 ans est utilisée en climatologie afin de moyenner ces fluctuations naturelles.

      Donc, si vous utilisez l'Argument de la pause, c'est que vous vous informez sur les sites climatosceptiques et que, par conséquent, vous êtes mal informé.

  • Pierre Bellefeuille - Inscrit 8 août 2013 12 h 36

    Comment rationaliser ces chiffres!

    « Les océans montent de 3,2 millimètres par an depuis vingt ans, soulignent les scientifiques. » Ça représente 94633984 mètres cubes sur 20 ans pour la superficie totale des océans.

    Ce n’est pas si facile de rationaliser les chiffres avancés dans les médias.

    J’ai fait un petit exercice en me basant sur différentes sources, en espérant ne pas m’être fourvoyé dans mes calculs.

    - Le volume total d’eau des océans est d’environ 1.37 milliard de km cubes, soit 1370 milliards de mètres cubes. 1 370 000 000 000 divisé par 94633984 = 14476,82. Il faudrait donc multiplier par 14476,82 la hausse des 20 dernières années des océans pour occuper le volume total d’eau des océans.

    C’est ici que ça devient intéressant, parce qu’on pourra mieux rationaliser ces chiffres : si on considère qu’une piscine olympique d’une profondeur de 3 mètres contient 3750 mètres cubes d’eau, alors si on divise 94633984 (ne l’oubliez pas, il s’agit de mètres cubes d’eau) par 3750, on obtient 25325,72.
    Ce dernier nombre 25325,72 représente le nombre de piscines olympiques qu’il faudrait remplir pour obtenir le volume d’eau équivalent à la hausse du niveau des océans depuis les 20 dernières années. Par année, ça devient plus simple, on divise 25325,72/20, on obtient 1266,28 piscines olympiques.

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    Autrement dit le volume total des océans a augmenté annuellement d’environ
    4 731 699,2 mètres cubes.
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    Le calcul du volume d’eau sur d’aussi grandes surfaces n’est pas très simple, car il peut varier avec la température, etc. Donc ça ne peut rester que des approximations.

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    Pour les 20 dernières années en termes de pourcentage on calculera par simple règle de trois 94633984 x 100 divisé par 1370000000000 = 0,0069 %

    0,0069 % est le pourcentage d’augmentation du niveau des océans depuis les 20 dernières années. Environ 1/7000 ième! Par année, c’est 0,000345…