Incendies de forêt - Le village de Baie-Johan-Beetz évacué

Un incendie de forêt large de 25 kilomètres a forcé l’évacuation des citoyens de Baie-Johan-Beetz, sur la Côte-Nord.
Photo: Steeve Arsenault Un incendie de forêt large de 25 kilomètres a forcé l’évacuation des citoyens de Baie-Johan-Beetz, sur la Côte-Nord.

Les citoyens de Baie-Johan-Beetz sur la Côte-Nord ont encore peine à croire ce qui s’est passé dans la nuit de lundi à mardi. Vers 18 h lundi soir, l’incendie de forêt qui faisait rage dans leur région était à 18 kilomètres de leur village, situé sur le bord de la route 138 entre Havre-Saint-Pierre et Natashquan. En quelques heures, le brasier s’est rapproché à deux kilomètres de la communauté, au point où l’évacuation a été ordonnée vers 23 h 45.

 

« Nous avons tous été pris par surprise », a reconnu Sylvain Roy, le directeur général de Baie-Johan-Beetz. Il a raconté que certains citoyens ont été encerclés par les flammes, qu’il a fallu les évacuer par la mer et les transporter jusqu’à Havre-Saint-Pierre.

 

La route 138 fermée

 

Heureusement, tout le monde est sain et sauf, mais une pourvoirie aurait passé au feu. « Le village est sécurisé à 95 %, le feu est à un kilomètre et demi et la météo joue en notre faveur », a indiqué Jacques Viger, le directeur régional de la sécurité civile et du service des incendies, en précisant qu’un peu de pluie est prévu cette semaine et qu’il y a beaucoup d’humidité.

 

Les citoyens ignorent toutefois quand ils pourront regagner leur demeure.

 

Des équipes de la SOPFEU ont été dépêchées sur les lieux pour combattre l’incendie. Quatre avions CL-215 et plus d’une soixantaine de sapeurs-pompiers sont à l’oeuvre pour protéger les limites du village. Jusqu’à maintenant, 25 000 hectares de forêt ont été détruits.

 

« C’est un incendie majeur qui s’étend sur 25 kilomètres de long et qui génère beaucoup de fumée », note monsieur Viger.

 

Une bonne partie de la route 138 a d’ailleurs été fermée, ce qui empêche les travailleurs de la Romaine de se rendre au chantier d’Hydro-Québec. « Nous sommes aussi en train d’élaborer un plan pour fournir les médicaments et la nourriture aux populations isolées au cas où la situation perdurerait », tient à dire monsieur Viger, qui rappelle qu’un traversier se rend à Natashquan.

 

Du jamais vu à Eastmain

 

Depuis le début de l’été, une cinquantaine d’incendies de forêt ont détruit des centaines de milliers d’hectares dans le nord du Québec. À lui seul, « l’incendie de la Eastmain » près de la baie James a détruit 600 000 hectares de forêt. Il s’agit du plus gros incendie de forêt au Québec et du troisième plus important au Canada en 50 ans d’histoire. « Cet incendie a vraiment été exceptionnel, pour vous donner une idée, c’est plus de cinq fois la superficie du lac Saint-Jean qui a brûlé », indique Martin Girardin, chercheur scientifique au Service canadien des forêts. En moyenne, les incendies dans le nord du Québec détruisent entre 1000 et 10 000 hectares.

 

Au cours du prochain siècle, Martin Girardin soutient que les incendies d’envergure seront de plus en plus fréquents au nord du 51e parallèle. Avec les changements climatiques, cette région se réchauffe de façon significative sans qu’il y ait d’accroissement de précipitations. Dans une étude publiée en 2012, Martin Girardin et ses collègues chercheurs en sont venus à la conclusion que les incendies de forêt auront trois fois plus d’ampleur toutes les fois que la planète se réchauffera d’un degré. « Si la planète se réchauffe de 3 degrés, nous avons calculé que la taille des feux sera 18 fois plus grande qu’à l’habitude », précise-t-il. Et le danger, c’est que plus les feux s’étendront sur une grande superficie, plus les communautés risquent d’être touchées.

 

 

Avec La Presse canadienne

3 commentaires
  • Jean Richard - Abonné 17 juillet 2013 09 h 18

    Petite question ?

    Il faudra voir dans 20 ou 30 ans par quoi auront été repeuplés les 600 hectares de forêt incendiée. Est-il possible que les conifères cèdent la place à des feuillus ? Dans ce cas, si la forêt boréale, majoritairement peuplée de conifères, est peu à peu remplacée par une forêt de feuillus, le scénario ne sera plus le même.

    Le plus important sera que la nature fasse son travail avec un minimum d'intervention humaine. L'artificialisation de la forêt faite dans le passé n'a pas toujours donné des résultats heureux.

    • Gabriel Normandeau - Abonné 17 juillet 2013 15 h 34

      Plus probable que l'épinette se fasse remplacer par le pin gris croit très très bien dans les millieu secs et après une feu. Les dernières données (malheuresement, je n'ai pas la référence, seulement la présentation d'un personne en maîtrise) montre que c'est la tendance.

  • Gilbert Talbot - Abonné 17 juillet 2013 11 h 54

    On arrose les feux de forêts avec du pétrole.

    Pourquoi le climat se réchauffe-t-il ? Parce qu'il y a augmentation de GES. Pourquoi y a-t-il augmentation de GES au Canada? Parce que les Canadiens produisent de plus en plus de GES. Et quels sont ces GES? Principalement du CO2 et du Méthane. Et d'où viennent ces GES ? Principalement, de la consommation du pétrole, du dégel du pergélisol et des feux de forêts: «Gaz à effet de serre : Les incendies de forêt rejettent de grandes quantité de gaz carbonique, puissant gaz à effet de serre.(Wikipedia: r.wikipedia.org/wiki/Feu_de_forêt) Donc, l'augmentation des GES attisent de plus en plus de feux de forêts qui à leur tour augmentent les GES. Et que font les canadiens face à cela ? Ils augmentent la production de pétrole et laissent brûler les forêts au nord du 51ème parallèle. Et pourquoi agissent-ils de façon aussi suicidaire ? Parce qu'ils sont dirigés par des propriétaires de compagnies de pétrole soutenues par un premier ministre qui ne croit pas aux changements climatiques, malgré les preuves scientifiques. Et que fait ce premier ministre ? Ils congédient les scientifiques qui étudient les changements climatiques.