Pipe-Lines Montréal fait une croix sur Dunham

Depuis 1950, le flux de l’oléoduc part de Portland afin d’approvisionner les raffineries à Montréal.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Depuis 1950, le flux de l’oléoduc part de Portland afin d’approvisionner les raffineries à Montréal.

Le projet de construction d’une station de pompage de pétrole à Dunham, en Montérégie, est mis au rancart. La compagnie Pipe-Lines Montréal ltée (PLML) a officiellement retiré sa demande auprès de la Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ).


« La raison pour laquelle nous nous sommes retirés du dossier, c’est parce que nous n’avons pas renouvelé l’option du terrain où nous voulions construire la station, affirme Denis Boucher, le porte-parole de Pipe-Lines Montréal. Économiquement, ce n’était pas nécessaire et ce n’était plus justifié de maintenir l’option sur le terrain, alors ça ne valait plus la peine de continuer les démarches auprès de la Commission », a-t-il ajouté.


La construction de la station de pompage à Dunham visait à inverser le flux de pétrole d’un oléoduc, d’environ 400 kilomètres, situé entre Montréal et Portland, dans le Maine. Depuis 1950, le flux de l’oléoduc part de Portland afin d’approvisionner les raffineries à Montréal. PLML envisageait de renverser son flux pour acheminer éventuellement du pétrole des sables bitumineux provenant de l’Alberta. Comme ce pétrole est beaucoup plus lourd, la construction d’une station de pompage était nécessaire pour pousser le pétrole « par-dessus les monts Sutton ».

 

Pas de confirmation


Malgré le retrait de sa demande auprès de la Commission, la compagnie PLML refuse de dire qu’elle abandonne complètement son projet de renverser le flux de pétrole de son oléoduc. « Je ne veux pas dire jamais au grand jamais, mais pour l’instant, ce n’est pas un projet qui va de l’avant », indique M. Boucher.


Le Comité pour l’environnement de Dunham s’est réjoui d’apprendre que PLML avait au moins décidé d’abandonner sa demande auprès de la CPTAQ. « Nous allons restés vigilants ; comme le pipeline est encore fonctionnel, la compagnie a peut-être d’autres projets ou pourrait vouloir construire ailleurs », affirme Laurent Busseau, cofondateur du Comité. Questionné à ce sujet, Denis Boucher affirme que PLML « n’a pas de vues sur d’autres terrains et [qu’il] n’y a pas de projets actifs ».


Le Comité de Dunham, qui suit le dossier depuis 2008, exprime tout de même certaines réserves. « Le pipeline dont on voulait inverser le flux est vide en ce moment. Si le projet d’inverser le flux est mis de côté, j’imagine que le pétrole va se remettre à couler de Portland à Montréal, sinon on pourra se poser des questions », souligne M. Busseau.


Contrairement à ce qui est évoqué, Denis Boucher précise que le pipeline de PLML « n’est pas vide », qu’il n’y a pas de pétrole qui coule en ce moment, mais qu’il y a toujours un « gaz à l’intérieur pour maintenir l’intégrité de l’infrastructure ».


« Le pipeline est pour l’instant inactif, il n’y a pas de demande pour acheminer du pétrole [de Portland à Montréal], parce que ça varie en fonction de l’économie », rétorque M. Boucher. Le Comité d’environnement de Dunham propose alors à PLML de profiter de cette occasion, surtout après ce qui s’est passé à Lac-Mégantic, pour inspecter l’état de son pipeline qui a plus de 60 ans.