Plus de 100 000 litres de pétrole brut déversés

En tout, 1,5 million de litres d’un mélange d’eau et de pétrole a été pompé dans le secteur de Lac-Mégantic.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir En tout, 1,5 million de litres d’un mélange d’eau et de pétrole a été pompé dans le secteur de Lac-Mégantic.

Le train qui a déraillé et brûlé à Lac-Mégantic a aussi laissé fuir au moins 100 000 litres de pétrole brut dans la rivière Chaudière, selon des données préliminaires avancées lundi par le ministère de l’Environnement du Québec. Une situation qui prive des municipalités de leur principale source d’eau potable, mais qui devrait aussi contaminer le cours d’eau pour plusieurs années.


« Les berges du lac Mégantic et de la rivière Chaudière sont contaminées ainsi que l’eau de ces cours d’eau. Le réseau d’égouts de la municipalité est aussi contaminé. Des estacades ont été posées sur la rivière Chaudière et des ouvrages préventifs ont été installés à Saint-Georges-de-Beauce », a expliqué le ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs par voie de communiqué.


Mais le ministre de l’Environnement Yves-François Blanchet s’est voulu de nouveau rassurant. Le pétrole qui a été déversé aurait, « pour l’essentiel », été récupéré. Le bureau du ministre a d’ailleurs indiqué en fin de journée qu’au moins 1,5 million de litres d’un mélange d’eau et de pétrole a été pompé dans le secteur de Lac-Mégantic. Des municipalités situées en aval ont néanmoins dû trouver rapidement des moyens de s’approvisionner en eau potable autrement qu’en puisant dans la Chaudière. C’est le cas à Saint-Georges, Sainte-Marie et même Lévis.

 

Du pétrole dans le Saint-Laurent


Selon un communiqué publié par le ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, il est en outre possible que du pétrole se rende jusqu’à l’embouchure du Saint-Laurent, en face de Québec. Devant un tel scénario, « les autorités jugent très probable que ces hydrocarbures seront biodégradés par les microorganismes, a affirmé le ministère. La présence d’huile ne posera donc aucun risque pour la santé et ne suscitera que des impacts visuels mineurs pour l’environnement au-delà de l’embouchure de la rivière sur le fleuve ».

 

Sols contaminés?


Il est par ailleurs trop tôt pour déterminer dans quelle mesure le sol où se sont produits le déraillement et le violent incendie a pu être contaminé. En entrevue sur les ondes du 98,5 FM, le ministre s’est dit préoccupé par la contamination des sols. « L’aspect le plus grave, ce sera d’arracher des sols. On soupçonne que les dommages souterrains se sont étendus, au niveau souterrain, au-delà même de ce qui est arrivé en surface », a-t-il souligné.


Spécialiste en impacts environnementaux et professeure à l’Université Laval, Rosa Galvez-Cloutier a par ailleurs souligné que même si la pollution de la Chaudière semble relativement contenue, elle devrait avoir des impacts sur tout l’écosystème, et ce, pendant plusieurs « années ». Elle a aussi précisé que l’eau qui a été utilisée pour éteindre le brasier a elle aussi été fortement contaminée.


« Nous devons nous inquiéter de la qualité de l’air, a-t-elle ajouté. Cette fumée peut être très toxique, car elle contient des hydrocarbures qui n’ont pas été complètement brûlés. Des sous-produits de la combustion incomplète sont donc présents dans la fumée, comme des dioxines et des furannes, et sont potentiellement cancérigènes. » Sans oublier les cendres, toxiques, qui se sont déposées un peu partout dans le secteur.

4 commentaires
  • Francois Parent - Inscrit 9 juillet 2013 07 h 25

    Catastrophe ou non ?

    Il intéressant de constater que lorsque le pétrole se répand dans une rivière ou touchent des gens directement cela nous apparaît catastrophique car, des sentiments y sont rattachés. Cependant, nous brûlons ce même pétrole en plus grand volume à travers le monde par jour par l'activité de nos voitures et industrie et cela scandalise presque personne et pourtant cela à des conséquences encore plus dévastatrice car elle se répand dans toutes l'atmosphère et elle n'a pas de frontière.

    • samy arabi - Inscrit 9 juillet 2013 11 h 34

      le système qui fait vivre notre société est axé sur le profit, investir dans des alternatives semble sans nécessité vu que ça roule déjà bien à l'essence et qu'on a fait toutes les guerres pour en avoir en grande quantité !

      moi je trouve ça scandalisant

  • Donald Bordeleau - Abonné 9 juillet 2013 13 h 30

    De Nantes à Mégantic il y a 12.5 km et une dénivellation de 115 mètres. Mais il semble que la vitesse du train en arrivant à Mégantic serait estimé de 60 à 65 km/h. Malgré la vitesse ce train ne devait pas dérailler près du Musi-café. Il semble que la cause du déraillement serait un problème d'entretien de la voie ferrée. Il a déraillé 300 mètres après l'aiguillage de la rue Choquette. Bizarre qu'il déraille à cet endroit.

    La première cause est un manque de surveillance du train à Nantes