Une semaine de smog à l’horizon

Ottawa est également aux prises avec un épisode de smog, conséquence des feux de forêt qui font rage dans le nord-est de l’Ontario.
Photo: La Presse canadienne (photo) Adrian Wyld Ottawa est également aux prises avec un épisode de smog, conséquence des feux de forêt qui font rage dans le nord-est de l’Ontario.

La région de Montréal devrait être plongée dans le brouillard brunâtre et toxique du smog au moins jusqu’à la fin de semaine, selon les prévisions d’Environnement Canada. Cet épisode exceptionnellement long et intense, qui frappe une bonne partie du sud de la province, est dû à un amalgame de particules fines et de rejets polluants issus de l’activité humaine.


Les particules qui ont voyagé vers le sud du Québec proviennent essentiellement des feux de forêt majeurs qui sévissent présentement dans le nord-ouest du Québec et près du réservoir Manicouagan, en raison des conditions particulièrement sèches. Des vents du nord et du nord-ouest ont poussé la fumée de ces feux vers le sud au cours de la fin de semaine, a expliqué mardi André Cantin, porte-parole d’Environnement Canada.


Des vents du sud-ouest devraient prendre le relais au cours des prochaines heures, en apportant une masse d’air chaud et humide qui maintiendra, au moins pour la grande région de Montréal, des conditions propices au smog. Cette masse devrait amener avec elle la pollution industrielle en provenance du sud de l’Ontario et du nord des États-Unis.


Toute cette pollution sera maintenue près du sol, a précisé M. Cantin. Tout indique donc que les « conditions » permettant la formation de smog seront réunies « au moins jusqu’à la fin de semaine à venir », a-t-il prévenu. Les quelques périodes de pluie ne seront pas suffisantes pour « nettoyer » l’air, a dit André Cantin.


Mais il est trop tôt pour dire si l’été 2013 sera particulièrement propice au phénomène de pollution atmosphérique. Celui-ci varie d’une année à l’autre. Selon les données de la Direction de l’environnement de Montréal, la ville a connu 49 jours de mauvaise qualité de l’air au cours de l’année 2012, dont 15 jours de smog. En 2011, on a constaté 21 jours de smog, contre 26 en 2010 et 35 en 2009, selon les données du gouvernement du Québec.


Le porte-parole d’Environnement Canada a par ailleurs rappelé qu’à Montréal, environ 60 % des éléments qui contribuent à créer le smog sont « transportés » jusque dans la région. Les autres 40 % sont le fait de « causes locales ». En tête de liste, on compte le transport, essentiellement les voitures. Et la pollution engendrée par le recours à l’automobile n’est pas près de reculer. Au cours des dernières années, leur nombre a augmenté deux fois plus rapidement que la population dans la grande région de Montréal.


Causes humaines


La mauvaise qualité de l’air a des conséquences bien réelles sur la santé des citoyens, a rappelé mardi le Directeur de la santé publique (DSP) de Montréal. Karine Price, toxicologue au DSP, a ainsi souligné que cette pollution - provoquée essentiellement par l’activité humaine - tue chaque année 1500 personnes dans la région de Montréal. Au Canada, la pollution de l’air est associée à 5900 décès par année, selon le Commissaire canadien à l’environnement.


Et les bouleversements climatiques devraient aggraver le phénomène, selon ce qu’a déjà analysé la Table ronde nationale sur l’environnement et l’économie. L’organisme a ainsi expliqué que les modifications au climat de la planète entraîneront des étés plus chauds et une diminution de la qualité de l’air, ce qui provoquera une hausse du nombre de décès et de maladies dans les grandes villes canadiennes, dont Montréal.

5 commentaires
  • Marie-Claude Lefrancois - Abonnée 3 juillet 2013 04 h 39

    Nord-est ou nord-ouest; ça dépend toujours d'où on se place

    Je lis et je comprends pas toujours. Me semble que quand un vent provient du nord-est d'Ottawa, et est responsable du smog qui sévit dans la capitale nationale, il ne peut à la fois venir du nord-ouest du Québec et être responsable du smog qui sévit à Montréal.Me semble.

    • Johanne Fontaine - Inscrite 3 juillet 2013 06 h 58

      Ce qui est clair,
      c'est qu'un partie
      de nos forêts situées au nord-ouest
      et autour du réservoir Manicouagan
      s'envole en fumée.

      Plus des vents nord et nord-ouest,
      ramènent le tout,
      sur la métropole.

      Pour notre plus grande affliction!

      Les changements climatiques.
      Toujours eux.

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      Où l'on voit,
      en page 158-159 une carte du monde
      montrant sur le territoire du Québec et l'Ontario
      le symbole de la flamme dans un cercle rouge.
      et sa légende: risque d'incendie accru.

      Pas mal instructif,
      et qui remet ce détestable phénomène
      dans sa juste perspective.

      Ailleurs, c'est bien pire:
      comme ce risque extrême
      pour l'Afrique sub-saharienne.

      Petite incise de mon cru:
      Pas tirés d'affaire, les Africains.
      Vivement que les Etats d'Afrique s'unissent
      pour contrer le désastre annoncé.

      Plus de détails, sur cette carte (pp 158-159).

      Johanna Fontaine

    • Jean Richard - Abonné 3 juillet 2013 09 h 42

      « Je lis et je comprends pas toujours. » – C'est un peu normal car d'une part, la météo est assez complexe et d'autre part, l'auteur de l'article s'est un peu égaré.

      Le mot smog est un mot-valise, c'est-à-dire qu'il peut comprendre n'importe quoi. Il a perdu sa définition originale (smoke + fog, fumée + brouillard) de sorte qu'on l'emploie dans des circonstances où on ne sent pas le besoin de faire la distinction. Ainsi, en début de semaine, l'air venait du nord et a transporté sur nos régions de la fumée des nombreux feux de forêt. En ce milieu de semaine, la circulation (de l'air) viendra plutôt du sud-ouest et là, la fumée des feux de forêt sera remplacée par la pollution industrielle venue du sud de l'Ontario et des États-Unis (à quoi s'ajoutera notre pollution locale, industries et transports, car les vents ne seront pas très forts).

      Par ailleurs, il faut savoir que le transport des masses d'air ne se fait pas uniquement au niveau du sol, mais sur une bonne épaisseur de l'atmosphère. Ça vous étonne que de la fumée venant du nord puisse nous atteindre alors qu'il vente du nord-est ? C'est que le vent à 1000 ou 2000 mètres au-dessus de nos têtes n'est pas forcément du nord-est. Hier (mardi), il ventait du nord-est sur Montréal, mais à moins de 1000 mètres au-dessus de nos têtes, le vent soufflait du sud ou même du sud-ouest, commençant déjà à transporter la pollution industrielle vers nous. Ainsi, cette pollution industrielle remplacera celle des feux de forêt, et les conditions de dispersion seront mauvaises (un peu long à expliquer pourquoi), d'où l'épisode de smog annoncé.

  • Stéphane McKenzie - Inscrit 3 juillet 2013 13 h 35

    Feux de forêts, matière à réjouissance?

    J'avoue que mon commentaire comporte un iota d'ironie... mais pour de grands défenseurs québécois du Bien Commun, le fait de voir la forêt boréale s'envoler en fumée devrait-il être une raison de se réjouir? Imaginez ces vastes superficies de forêts vierges qui seront ainsi protégées des méchants capitalistes avides d'argent ainsi que leurs complices, les employés, qui coupent des arbres à leurs profits.

    Faudrait aussi remercier les différents groupes anti-uranium qui, dans leur croisade, permettent aux producteurs d'électricité d'utiliser du charbon en toute quiétude au lieu du nucléaire partout dans le monde. Il est démontré que l'augmentation de la température a une incidence directe sur les superficies des feux de forêts en forêt boréale. Donc, le fait de remplacer les centrales nucléaires au Japon par des centrales aux charbons vont avoir des effets sur le smog à Montréal. Mais ça, on ne veut pas le savoir... Il est mieux d'avoir des milliers de morts chaque année dans le monde à cause du charbon avec des effets catastrophiques sur le climat... à force de trop penser en silo, on oublie que la question du climat est une question fort complexe.

    • Denis Boyer - Inscrit 3 juillet 2013 15 h 13

      Il y a des dangers qui nous menacent mais qui peuvent être évités (au mons partiellement) en prenant des mesures dès maintenant.

      Il y a aussi les dangers plus subtils qui menacent peu (probabilité de catastrophe faible) mais dont l'éventualité est extrêmement grave. Le nucléaire est de cette 2ème catégorie. Si on avait besoin de plus d'énergie au Québec, la question se poserait peut-être à savoir si on devrait investir dans cette technologie dangereuse. Nos surplus d'hydro-électricité et nos ressources éoliennes énormes font en sorte qu'il n'est absolument pas intéressant pour nous de construire des centrales nucléaires. Dans le cas contraire, on ne ferait que déplacer le problème – remplacer le danger imminent des changements climatiques par celui d'une catastrophe nucléaire éventuelle. Fukushima est une leçon importante pour les décideurs : même un pays développé qui dispose des technologies les plus enviables du globe peut sous-estimer les risques posées par l'industrie nucléaire.

      Par ailleurs, je n'ai jamais entendu parler d'un groupe anti-nucléaire qui était pro-charbon!