Les émissions de CO2 provoquent le déclin des populations d’huîtres

L’acidification des océans réduit le ph de l’eau, ce qui provoque une série d’impacts, dont une réduction de la disponibilité du carbonate de calcium, essentiel aux jeunes mollusques pour se constituer une coquille.
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir L’acidification des océans réduit le ph de l’eau, ce qui provoque une série d’impacts, dont une réduction de la disponibilité du carbonate de calcium, essentiel aux jeunes mollusques pour se constituer une coquille.

Les émissions de CO2 dues à l’activité humaine ne constituent pas uniquement une grave menace pour le climat. Elles provoquent également l’acidification des océans, ce qui provoque le déclin des populations d’huîtres, révèle une nouvelle étude américaine.

Selon résultats des travaux menés par des scientifiques de l’organisation American Geophysical Union, l’acidification nuirait de plus en plus à la capacité des larves d’huîtres de se construire une coquille. L’acidification des océans réduit en effet le ph de l’eau, ce qui provoque une série d’impacts, dont une réduction de la disponibilité du carbonate de calcium, essentiel aux jeunes mollusques pour se constituer une coquille.

Cette espèce de mollusque passe les premières semaines de sa vie en tant que larve, mais elle doit rapidement se construire une coquille avant de se fixer à un lieu relativement fixe. Les chercheurs se demandent maintenant si les juvéniles seront en mesure d’opérer ce processus essentiel avant d’être mangés par des prédateurs. Selon leurs travaux, un accroissement du CO2 dans les océans devrait mettre de plus en plus en péril les larves des huîtres.
 
Les chercheurs ont toutefois précisé que le niveau d’acidification n’a pas encore atteint un stade où le ph serait si bas que les coquilles des adultes pourraient être dissoutes. L’étude a été menée sur le cas de l’huître du Pacifique dans le Nord-ouest américain, une population qui fait vivre une importante industrie ostréicole.
 
De plus en plus acides
 
Les océans, qui recouvrent 70% de la planète, absorbent le tiers du carbone atmosphérique, soit environ 130 milliards de tonnes par an. Or, l’utilisation massive des énergies fossiles a provoqué une hausse marquée et continue des émissions de CO2, ce qui a entraîné une augmentation de l’acidité des océans d’environ 30 % au cours des dernières décennies.
 
Des scientifiques ont d’ailleurs tiré récemment la sonnette d’alarme sur l’acidification « rapide » de l’océan Arctique due aux émissions de CO2, un phénomène lourd de menaces pour le fragile écosystème de la région.
 
L’estuaire du Saint-Laurent n’échappe pas au phénomène. La concentration en acide a augmenté de façon considérable en 75 ans dans les eaux profondes de l’estuaire. Depuis 1930, l’augmentation de la concentration en acide a été de 30 %.
 
Pendant ce temps, la concentration de CO2 dans l’atmosphère ne cesse de croître. Elle devrait atteindre dès 2015 ou 2016 une moyenne annuelle de 400 particules par million au niveau mondial, selon l’Organisation météorologique mondiale. Depuis l’an 2000, environ 420 milliards de tonnes de CO2 ont été émises à cause de l’activité humaine.
 
Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat évalue que pour parvenir à limiter le réchauffement climatique entre 2°C et 2,4°C par rapport à l’ère préindustrielle, il faudrait que la concentration de CO2 plafonne entre 350 et 400 ppm. Les prévisions des scientifiques indiquent toutefois que la concentration de CO2 devrait atteindre 450 ppm d’ici quelques décennies.
8 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 13 juin 2013 09 h 06

    Bien Dommage

    J,adore les huitres crues. Il serait dommage de ne plus pouvoir manger de ces excellents crustacés pour ceux qui peuvent payer un dollar et plus la bouchée...

    Mais rien est éternel et les humains n'arrêteront pas de se multiplier et de causer toutes formes de pollutions du à leurs activités (économie, égôuts, autos, agriculture...). Il faut certe tenter de moins polluer mais ne pas penser pouvoir éliminer toute pollution et tombrer dans l'angélisme.

    Combien d'espèces ont disparu depsui le début de la terre? Des millions ? Des milliards?

    • Maxime Dion - Inscrit 13 juin 2013 12 h 02

      @André Michaud

      <<Il faut certes tenter de moins polluer, mais ne pas penser pouvoir éliminer toute pollution et tomber dans l'angélisme.>>

      En effet, tant qu’il y aura de la vie, il y aura des déchets… D'ailleurs, c'est sous la forme d'un caca que jaillit la réalisation première de l'Homme, ce qui en soit n’a rien d’angélique.

    • Colin Brosseau - Inscrit 13 juin 2013 22 h 11

      @ M. Michaud

      Je vous remercie pour ces beaux sophismes.

      "Il faut certe tenter de moins polluer mais ne pas penser pouvoir éliminer toute pollution et tombrer dans l'angélisme."

      J'ai le bonheur de vous apprendre que toute la vie sur Terre fonctionne sur le recyclage. Les déchets d'un organisme servent à en nourrir un autre. Les éléments chimiques de la biosphère sont constamment brassés et réutilisés.

      "Combien d'espèces ont disparu depsui le début de la terre? Des millions ? Des milliards?"

      C'est quoi le rapport? Vous comparez le nombre d'espèces disparues depuis le début de la vie sur Terre, 3 500 000 000 années, au temps qui nous sépare de l'ère industrielle, 10 000 années. C'est triste, mais c'est une comparaison trompeuse: un beau sophisme. Je vous rappelle que nous sommes actuellement au beau milieu de la 6ieme extinction massive... dont a cause est l'humain.

    • André Michaud - Inscrit 14 juin 2013 10 h 12

      @ Colin Brousseau

      Jamais sur la terre il n'y a eu autant de surpopulation, et en plus l'espérance de vie grandit. Et dans les pays les moins peuplés comme ici les humains sont moins nombreux mais plus énergivores et polluants. Une situation exeptionnelle qui a entrainé des résultats exeptionnels.

      Bonne chance dans votre volonté de convaicre vos concitoyens à être moins énergivores et moins consommer (consommer=polluer).

      De mon côté je fais ma part depuis longtemps. J'ai commencé à conduire une auto à 40 ans. Mes meubles et beaucoup de mes vêtements ont toujours été usagés (recyclage). J'ai été travaillé toute ma vie à pied ou en autobus. Je recycle mes déchets au max. J'ai une tondeuse électrique. Je ne laisse jamais le moteur de ma petite Yarris tourner à vide... etc etc Pour moi ce sont des gestes concret qui prouvent ma conviction qU'il faudrait faire plus comme individus.

      Quand mes concitoyens ont rejeté le Plan Vert de M.Dion pour un premier gouvernement vert parce que M.Harper a averti que le prix de l'essence monterait, j'ai compris qu'il n'y a pas de volonté populaire pour se prendre en main et agir plus écologiquement. Mes concitoyens sont les plus énergivores au monde et adorent consommer (donc polluer). Et ils ne veulent pas vraiment changer.

      C'est trop facile de mettre tout sur le dos des compagnies alors qu'il n'y a aucune volonté RÉELLE chez les humains de faire des efforts et être moins énergivores et moins consommer. Comme humains, on a ce que L'on mérite..

    • Bernard Terreault - Abonné 14 juin 2013 18 h 50

      Correction : l'huître n'est pas un crustacé (ces derniers ont une carapace, des pattes et des pinces), mais un bivalve (ayant deux coquilles).

    • André Michaud - Inscrit 15 juin 2013 08 h 43

      @ M.Terreault

      Merci de la précision, je vais me coucher un peu moins ignare..

  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 14 juin 2013 09 h 59

    Bonne nouvelle?

    Moins de mollusques, ça veut dire moins de politiciens dans les Parlements?

    Desrosiers
    Val David

  • Marc Bergeron - Inscrit 15 juin 2013 21 h 37

    @Pierre-R. Desrosiers

    Elle est bonne M. Desrosiers.