Réchauffement climatique - Les États doivent agir rapidement, dit l’AIE

La Terre se dirige présentement vers une hausse des températures de pas moins de 5,3 °C par rapport à l’époque préindustrielle.
Photo: Andy Wong Associated Press La Terre se dirige présentement vers une hausse des températures de pas moins de 5,3 °C par rapport à l’époque préindustrielle.

Les États doivent rapidement mettre en place des mesures significatives en matière d’énergie s’ils veulent tenter de ralentir le réchauffement planétaire, a prévenu lundi l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

Selon le scénario présenté par la directrice générale de l’organisation, Maria van der Hoeven, la Terre se dirige présentement vers une hausse des températures de pas moins de 5,3 °C par rapport à l’époque préindustrielle. Un tel bond «aurait des conséquences désastreuses en termes d’événements climatiques extrêmes, d’élévation du niveau de la mer et entraînerait d’énormes coûts économiques et sociaux», a-t-elle expliqué lors de la présentation d’un rapport sur le climat et l’énergie.


Les scientifiques estiment qu’il faudrait limiter la hausse à 2 °C pour éviter une telle situation. C’est d’ailleurs l’objectif officiel des pays impliqués dans les négociations internationales sur le climat. Mais la planète s’en éloigne un peu plus chaque jour. En 2012, le monde a d’ailleurs connu un nouveau « record » d’émissions de CO2, à 31,6 gigatonnes, en hausse de 1,4 % par rapport à 2011, selon les calculs de l’AIE.


Quatre mesures


L’Agence presse donc les États de mettre en place quatre mesures qui pourraient réduire de 3,1 gigatonnes les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2020, soit 80 % des économies recherchées par l’objectif de 2 °C. Qui plus est, l’AIE estime que ces mesures ne nuiraient pas à l’économie mondiale.


Le premier paquet de mesures, qui pèse pour la moitié des réductions d’émissions envisagées, consiste à multiplier les efforts d’efficacité énergétique dans le bâtiment, les transports et l’industrie. Leur coût étant plus que compensé par les économies d’énergies réalisées, selon les projections de l’agence.


Deuxième proposition : limiter l’utilisation et la construction de centrales électriques à charbon à bas rendement, extrêmement polluantes, et augmenter le recours au gaz naturel et aux énergies renouvelables.


La troisième piste consiste à réduire les rejets de méthane - du gaz naturel non brûlé, à fort effet de serre - de l’industrie pétrolière et gazière. Enfin, l’AIE appelle à supprimer graduellement les subventions à la consommation de carburants fossiles en place dans de nombreux pays.


« La question n’est pas si nous pouvons nous permettre les investissements nécessaires ; le fait est que nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre d’attendre », a prévenu Maria van der Hoeven.


« Nous devons adopter, d’ici à 2015, un instrument universel et juridiquement contraignant relatif au climat, afin que tous les pays prennent des mesures supplémentaires pour réduire les effets des changements climatiques et s’y adapter », a par ailleurs préconisé récemment le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon. Selon lui, « il sera bientôt trop tard » pour sauver la santé environnementale du seul endroit de la galaxie où le maintien de la vie est possible.


 

Avec l’Agence France-Presse

19 commentaires
  • Danielle Houle - Inscrite 11 juin 2013 07 h 30

    Le plan américain

    Ça ressemble en tous points au plan des États-Unis - mais à l'inverse. Allons-y fond la caisse avec le pétrole, le pétrole de schiste, le gaz de schiste, le charbon, les gros véhicules, les villes illuminées comme des constellations. Le reste de la planète fera des sacrifices, mais pas nous. "God is an American" et Harper est pas loin derrière.

  • Yves Jean - Inscrit 11 juin 2013 10 h 09

    Un peu de science svp...

    Il étonnant comment certains articles peuvent être en retard sur la science actuelle.

    Ce qui est bien de la science, contrairement à l’idéologie et à la pensée unique, c’est qu’on fait des hypothèses qu’on peut ensuite vérifier. Ainsi, il faut savoir que la science du climat actuel repose sur des modèles qui essayent d’inclure les paramètres qui gouvernent le climat : de ces modèles, on fait des prédictions, lesquelles peuvent être ensuite confirmées ou infirmées par l’observation empirique. Dans le climat, c’est James Hansen (GISS, Nasa, à la retraite aujourd’hui) qui lança le bal en 1988 d’un climat qui se réchaufferait rapidement à cause du CO2 de production humaine (mais la plupart des modèles datent des années 90).

    Et que dit l’observation empirique depuis 15 ans? Effectivement, comme le souligne l’article, le CO2 d’origine de l’activité humaine a augmenté en flèche. Mais problème, selon tous les modèles des plus pessimistes au plus optimistes, le climat aurait dû augmenter lui aussi. Pourtant, depuis 15 ans le climat stagne (données satellitaires, etc.). C’est-à-dire que tous les modèles prédisaient que pour une telle quantité de CO2 produit, il aurait dû y avoir une bien plus grande augmentation de la température.
    Tout bon scientifique (ce que ne feront pas les gens pour qui la croyance devient le centre de son identité en lieu d’être une hypothèse à vérifier) doit donc revoir ses modèles et comprendre pourquoi ils ne marchent pas : trop d’influence accorder au CO2 dans la détermination du climat, des facteurs oubliés ou non compris, etc.
    Et cela, c’est James Hansen et Rejendra Pachauri (CEO du GIEC) qui l'ont admis, sans fanfare on comprendra, que leur modèle ne colle pas aux faits empiriques.

    On trouvera toutes les références à l’article : 16 Mai 2013 : Rétro-pédalages et replis élastiques sur le site http://www.pensee-unique.fr/

    Et de grâce: CO2 de la pollution? c'est l'aliment même de la photosynthèse, de la vie!

    • Emmanuel Dumont - Inscrit 11 juin 2013 12 h 06

      Merci de remettre un peu les pendules à l'heure, ce green-washing sur le co2 devient lourd... Et merci pour le site.
      Par contre, oui, il faut tout faire pour limiter l'emission de tout les polluants chimiques et autres résidus industriels, nucléaires etc...

    • Jean-Marc Pigeon - Inscrit 11 juin 2013 13 h 36

      Hum....
      Je me souviens d'avoir lu un article au debut des annees 90 qui
      parlait du rechaufement climatique, les simulations indiquaient que le rechauffement commencerait par les poles (ce qui me semblait contre-intuitif). Plus de 20 ans plus tard on parle
      d'ouvrir un corridor maritime via le pole nord (deja pour l'instant du cote siberien et 6 mois de l'annee) et ont rapporte des problemes d'erosion importante des cotes dans certains villages du grand Nord Canadien. Donc le model predisait correctement un phenomene (meme contre-intuitif). C'est diifficile pour chacun d'entre nous d'aprehender un processus a tres grande inertie, cela ne semble pas bouger, rien ne se passe ( mais une fois en branle difficile a stopper). L'interet des models c'est de nous montrer clairement les tendances. Et si la tendance se maintien.......

    • Richard Laroche - Inscrit 11 juin 2013 15 h 36

      Observation empirique:

      Les tempêtes sont plus fortes, les ouragans plus dévastateurs.
      Les tornades n'ont jamais causé autant de dommages.
      Les innondations n'ont jamais été aussi fréquentes.
      Les sécheresses jamais aussi longues.

      On peut nier que tout ça soit la faute du CO2 d'origine de l'activité humaine. Ok. Mais on ne peut pas nier qu'il y a bel et bien des changements climatiques.

      Si vous aimez fonder votre vision sur une page web, vous aimerez certainement celle-ci:
      http://info-resistance.org/ecologie/rechauffement-

    • Yvan Dutil - Inscrit 11 juin 2013 16 h 21

      Bon, encore un climatosceptique qui répète les même arguement faux. Ce qu'ils ne disent jamais est que la période de 15 ans est judicieusement choisie pour commencer en 1998, une année qui était particulièrement chaude. En fait, ce genre de plateau est attendu dû au simple fait de la variabilité naturelle du climat. Sur une période de 30 ans, la pente n'a pas changée.

      Évidemment, ce n'est pas le genre d'information que l'on retrouve sur les sites climatosceptiques.

    • Simon Chamberland - Inscrit 12 juin 2013 08 h 27

      M. Jean,

      Effectivement, ça prend un peu de science ici.


      Je vous suggère donc de vous renseigner correctement auprès de sources crédibles, au lieu de lancer des affirmations sans fondement.

  • Jean-Pierre Audet - Abonné 11 juin 2013 11 h 46

    Oui, un peu de science svp

    M. Yves Jean a raison de souligner ce que dit l'observation empirique. Les modèles prédisent, mais le temps réalise. Or la prédiction en ce domaine ne se réalise pas. Cessons donc de tout mettre sur le dos du CO2 qui fait pousser nos arbres et notre herbe et essayons d'ouvrir vers des possibilités plus réalistes, donc moins pessimistes : les températures stagnent globalement, même si l'Arctique se réchauffe.

    • Julie Carrier - Inscrite 11 juin 2013 14 h 50

      Oui, c'est ça..Y'a pas de problème..Tout va bien Madame la Marquise.

    • Richard Laroche - Inscrit 11 juin 2013 15 h 38

      Je vous invite à vous renseigner sur la différence entre température et enthalpie en psychrométrie.

    • Yvan Dutil - Inscrit 11 juin 2013 16 h 22

      Voyons, les prédictions ne se réalisent. Hum, effectivement, l'arctique fond énormément plus vite que ce que ne le prévoient les modèles.

    • Benoît Landry - Inscrit 11 juin 2013 22 h 17

      M. Jean, si vous vous attendez à ce que la température monte d'une manière constante sans jamais décliner d'une année à l'autre et bien vous allez être sceptique longtemps. J'ai vu les tableaux sur lesquels vous basez votre observations et rien ne permet de tirer vos conclusions car malgr ce petit fléchssement depuis 15 ans, la tendance lourde depuis plusieurs décennies est à l'augmentation de la température globale.

      Et quans vous dites que le CO2 est nécessaire à la croissance des arbres..... ben oui, l'eau aussi est nécessaire à la vie et on peut s'y noyer si on ne prend pas des précautions

  • Marc Brullemans - Inscrit 11 juin 2013 15 h 05

    La science du climat, ce n'est pas de l'économie !

    Il se trouve ici sur les tribunes des âmes mal-pensantes ou mal-informées (probablement les deux) qui se montrent sceptiques envers les changements climatiques. Il serait bon qu'elles se renseignent convenablement, étudient ou encore se contentent d'observer ce qui se passe autour d'eux. L'Arctique fond à grande vitesse, les océans se réchauffent (expliquant le ralentissement ponctuel du réchauffement moyen terrestre), les océans s'acidifient, le niveau d'eau des océans augmente, des espèces nouvelles se montrent invasives et il faudrait dire que rien ne se passe voire même que l’on se se réjouisse !??

    Les modélisations climatiques sont complexes mais elles sont de plus en plus fiables, comme celles de la météo. Elles reposent sur des données physiques et fournissent des marges d'incertitude. D'ailleurs les prédictions d'Arrhénius de 1927 pourront être vérifiées lorsque la concentration de CO2 dans l'atmosphère atteindra 500 ppm mais déjà les scientifiques ont salué l’homme et son œuvre. Évidemment, les climatologues doivent élaborer des scénarios et émettre des hypothèses et les plus raisonnables du moment démontrent qu'avec celles-ci un réchauffement moyen (je souligne moyen) de plus de 5 deg C aura lieu avant la fin du siècle. Bravo les dégâts !

    Contrairement à l'économie, la science peut prédire et c'est ainsi que l'on peut envoyer un téléscope dans l'espace et prévoir sa trajectoire. Et surtout, qu'on se le dise, les variations de température et de pression peuvent broyer ou faire mourir un être vivant, homme compris...

  • Richard Laroche - Inscrit 11 juin 2013 16 h 09

    La conspiration variable de la droite jambon

    Quand quelqu'un insinue que des agences gouvernementales travaillent secrètement au service "d'intérêts particuliers" au détriment de l'intérêt collectif et contribuent à stimuler la violence et le terrorisme en supportant de manière indirecte des injustices et de la corruption à l'étranger, c'est une théorie de conspiration.

    Quand quelqu'un insinue que 90% des scientifiques climatologues de la planète orchestrent un vaste mensonge sur le CO2 sous l'influence du lobby des hippies et des environnementalistes, c'est beaucoup plus plausible...

    • Yves Jean - Inscrit 11 juin 2013 20 h 45

      Bon, on ne peut faire de science sans entrer dans la politique semble-t-il... et c'est dommage, surtout qu'en lieu d'un débat de science, on dit la droite contre le climat et la gauche pour le climat.. ridicule. Très conscient que bien des gens à droite ne croient pas aux thèses sur l'augmentation de la température du fait de causes humaines pour des mauvaises raisons, mais cela n'infirment ni ne confirment une théorie. De même, l'apparence de 'progressiste' que de vouloir 'sauver' le climat ne confirme ni n'infirme une théorie.

      Des hippies? Saviez-vous que la première politicienne à mettre sur la scène publique la question du climat fut nulle autre que Thatcher? Aux dernières nouvelles elle ne fut jamais une gauchiste enragée.
      Des gentils environnementalistes du bon peuple contre les méchantes industries?
      Que savez-vous du WWF qui a fourni, dont un rapport frauduleux sur la fonte des glaciers de l'Everest au GIEC? Savez-vous que ses fondateurs furent le prince Philip ainsi que le prince Bernhard aux allégeances très douteuses dans les années 30? (pour le prince Philip, vous n'avez que lire son propre livre: Down to Earth). Et qui finance ce ce groupe parmi les plus puissants (en terme d'$ et de propagande, budget annuel bien plus grand que bien des lobbys de cette planète): le Club des 1001: cherchez donc qui est sur ce Club. Vous retrouvez le big businnes de l'oligarchie: Sir Erik Drake de BP!!, Anderson du Atlantic Oil Company, le très 'hippie' Black Conrad, le réactionnaire Gustavo Cisneros, etc Mais aussi un Peter Munk dont les mines polluent beaucoup: mais c'est d'ailleurs Barrick Gold qui avait invité Al Gore au Chili, mais au moins les écolos furent assez intelligent pour dénoncer la conférence vue le conflit très apparent.
      C'est le classique 'gang counter-gang': autant le néolibéralisme que l'écologie radicale anti-progrès mènent à ce que veut l'élite anglo-américaine: la suppression du développement pour les peuples, surtout quand il est de couleur..

    • Simon Chamberland - Inscrit 12 juin 2013 08 h 26

      M. Jean, avez-vous une formation scientifique pertinente au débat ?

      Physicien, chimiste, climatologue ?