Pétrole de schiste - Québec dit vouloir serrer la vis aux pétrolières

Le ministre Blanchet a affirmé récemment au Devoir que le gouvernement comptait permettre aux pétrolières de mener des travaux d’exploration sur l’île d’Anticosti, incluant des opérations de fracturation.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le ministre Blanchet a affirmé récemment au Devoir que le gouvernement comptait permettre aux pétrolières de mener des travaux d’exploration sur l’île d’Anticosti, incluant des opérations de fracturation.

Le gouvernement Marois a dû se défendre mercredi de vouloir favoriser les pétrolières avec son projet de règlement sur la protection de l’eau. Celui-ci leur imposera au contraire des contraintes supplémentaires, a affirmé le ministre de l’Environnement. Mais selon Québec solidaire et l’ingénieur géologue Marc Durand, ce projet ouvre la voie pour des opérations de fracturation sur la quasi-totalité de l’île d’Anticosti.

« Le règlement impose des contraintes sur l’exploitation pétrolière et gazière en matière de protection des eaux. Ça ne fait que ça. Et là, il y a une espèce de glissement pour dire que le gouvernement encourage la fracturation », a laissé tomber le ministre Yves-François Blanchet avant son entrée au Conseil des ministres. « En cas de projet de fracturation hydraulique, rien ne permet d’ailleurs de présumer de la délivrance de permis par le ministère des Ressources naturelles ou de certificats d’autorisation par mon ministère, et encore moins de contournement des mécanismes d’évaluation environnementale », a-t-il par la suite précisé par voie de communiqué.


M. Blanchet a affirmé récemment au Devoir que le gouvernement comptait permettre aux pétrolières de mener des travaux d’exploration sur l’île d’Anticosti, incluant des opérations de fracturation. « Il faut être cohérent. On ne peut dire qu’on veut permettre l’exploration, mais qu’on ne permettra pas la fracturation. Ce n’est pas logique », a-t-il dit. Québec veut savoir « ce qu’il y a là », a aussi souligné le ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs. Par la suite, si les pétrolières concluent que le sous-sol de l’île recèle un gisement commercial, le gouvernement entend mandater le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement afin d’évaluer tout le dossier.


Mais pour le moment, « il n’y a aucune demande de permis de fracturation », a répété le ministre Blanchet. Sur Anticosti, il est pratiquement acquis que les entreprises à la recherche d’énergies fossiles devront recourir à cette méthode d’extraction. Pétrolia et Junex ont déjà dit qu’elles réaliseraient des forages cette année et possiblement de la fracturation dès 2014.


Protéger l’eau


Les pétrolières devront cependant se conformer notamment au règlement sur le « prélèvement des eaux et leur protection » lors des phases d’exploration et d’exploitation. Celui-ci a été publié dans la Gazette officielle du 29 mai, mais les détails ont seulement circulé dans les médias mercredi. Il stipule que « la fracturation d’un puits destiné à l’exploration ou à l’exploitation du pétrole ou du gaz naturel est interdite à moins de 400 mètres sous la base d’un aquifère ». Toute opération de fracturation et de forage d’exploration de pétrole de schiste devra aussi être précédée d’une « étude hydrogéologique » dans un rayon de deux kilomètres du site.


Les opérations de fracturation seront supervisées par un « professionnel » qui devra s’assurer que « la propagation de fractures ne rejoindra pas une formation géologique aquifère exploitable et qu’il n’y aura pas de migration de fluides d’une formation géologique à une autre ». Les entreprises devront aussi informer le gouvernement de la composition des liquides de fracturation et de « la propagation anticipée des fractures ». Présentement, les entreprises n’ont pas l’obligation de fournir ces informations.


Québec a beau dire que les règles seront plus strictes, l’ingénieur géologue Marc Durand doute qu’elles puissent toutes être appliquées. « On demande par exemple aux entreprises de s’assurer que les fractures ne rejoignent pas l’aquifère. Le problème, c’est que quand ça survient, on s’en aperçoit après. Le mal est fait, a-t-il expliqué mercredi. Il est probable que pendant les opérations de fracturation, soit pendant les premiers jours, aucun fluide ne rejoindra l’aquifère. Mais on ne peut pas réglementer cela parce qu’il n’y a pas de façon d’observer ce qui se passe sous terre. »

 

Anticosti


M. Durand estime surtout que la norme des « 400 mètres » laisse le champ libre aux pétrolières déjà présentes sur Anticosti. « On peut se demander pourquoi le ministre a choisi la norme de 400 mètres, qui semble être taillée sur mesure pour Pétrolia. L’entreprise a besoin d’une telle norme pour pouvoir fracturer sur l’île d’Anticosti. »


L’ingénieur a réalisé une modélisation en se basant sur la profondeur à laquelle se trouve la formation géologique prometteuse de Macasty sous toute l’île. Celle-ci se trouve à une moins grande profondeur du côté nord de l’île. Ainsi, si Québec imposait par exemple une distance de 1000 mètres de la base de tout aquifère pour les opérations de fracturation, Pétrolia se verrait privée de presque tout son territoire sous permis. Mais avec la norme présentée par le gouvernement Marois, l’entreprise ne perd que 3 % de ce territoire d’exploration, selon M. Durand. Pétrolia n’a pas souhaité commenter le projet de règlement mercredi.


Québec solidaire a aussi dénoncé la règle des 400 mètres. « La norme choisie est irresponsable et met en danger la nappe phréatique, a affirmé le député de Mercier, Amir Khadir. Elle est en fait taillée sur mesure pour contenter l’industrie qui veut forer impunément à Anticosti. Le résultat sera d’ouvrir 80 % du territoire de l’île aux forages. Une norme à 1000 mètres aurait protégé les deux tiers de l’île. »


M. Khadir a aussi fait savoir qu’il ferait parvenir à tous les partis la pétition signée par 26 000 personnes qui exige un moratoire sur l’exploration sur Anticosti. Le bureau du ministre Blanchet n’a pas rappelé Le Devoir et n’a pas répondu aux courriels lui demandant de réagir à cette pétition.


 

Avec Jessica Nadeau

63 commentaires
  • Maxime Dion - Inscrit 6 juin 2013 00 h 55

    Je n'avais pas voté pour ça

    « La norme choisie (...) sera d’ouvrir 80 % du territoire de l’île aux forages (i.e. à la fracturation hydraulique avec injection dans le sous-sol de substances délétères) »

    Quand je songe aux promesses de la dernière campagne électorale, j'ai l'impression que le PQ de Mme Marois nous en a collectivement passé une petite vite, comme on dit familièrement...

    • Martin Simard - Inscrit 6 juin 2013 07 h 15

      B'en voyons donc! C'est Amir Khadir que vous citez. Cela n'a aucune crédibilité.

      De mémoire, durant la dernière campagne électorale, le PQ n'a pris aucun engagement et aucune position précise sur l'exploitation pétrolière. En fait, ils sont savamment évité la question tout en nous croire qu'ils étaient plus verts que le Parti Vert ou Québec Solidaire.

    • André Michaud - Inscrit 6 juin 2013 08 h 54

      Mme Marois a bien réalisé que selon les statistiques québécoises le fédéral nous donne au minimum 12 milliards de plus qu'il ne recoit du Québec.

      Pour convaincre les québécois que l'on peut se passer de ces milliards en se séparant il faut trouver des milliards ailleurs..

    • Pierre Vincent - Inscrit 6 juin 2013 09 h 26

      Il est ironique de constater que c'est l'actuelle ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, alors dans l'opposition, qui pourfendait les gaz de schiste justement en raison des risques de la fracturation. Maintenant au pouvoir, elle laisse son collègue de l'Environnement défendre le dossier de la fracturation hydraulique du pétrole de schiste d'Anticosti...

      Pour ce qui est de la récupération politique, il est clair que la venue de Daniel Breton au PQ, outre le fait qu'il a presque sauvé à lui seul Pauline Marois, a permis de récupérer un Vert, ex-candidat fédéral du NPD en plus, qu'on a ni plus ni moins muselé depuis son départ du ministère de l'Environnement. Et la candidature de GND se pointe à l'horizon pour QS aux prochaines élections. Qui sera le plus vert, le PQ, QS ou... les Verts ?

    • Dominic Lamontagne - Inscrit 6 juin 2013 12 h 37


      Peu importe le parti, la réalité c'est que le téléphone de New-York sonne régulièrement chez notre ministre des finances et nos politiciens se doivent de trouver des sources d'argent au plus vite pour ne pas faire banqueroute...

      Qs au pouvoir .... même chanson....

      La dette est réelle et on doit de l'argent à quelqu'un....

    • Maxime Dion - Inscrit 6 juin 2013 13 h 16

      @ Martin Simard

      Lisez ou relisez l’article, en l’occurrence Amir Khadir reprenait le propos de l’ingénieur géologue Marc Durand, lequel soutient que le ministre Blanchet a choisi une norme qui <<semble être taillée sur mesure pour Pétrolia (…) L’entreprise a besoin d’une telle norme pour pouvoir fracturer sur l’île d’Anticosti. >>

      Pour le moment, il m’apparaît que c’est plutôt le ministre Blanchet –pour ne pas dire le gouvernement Marois en son entier- qui manque nettement de crédibilité en la matière.

      Par ailleurs, une revue de presse nous révèle qu’il est vrai que le PQ a savamment entretenu la confusion entre l’emploi de la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste et du pétrole…

      Toutefois, la méthode est la même, soit l’injection de produits délétères dans le sous-sol, avec des risques de contamination des nappes aquifères.


      Pourtant, la ministre Ouellet affirmait que :

      <<‘’ (…) L'exploitation (qui nécessite des fracturations hydrauliques) des gaz de schiste ne sera jamais sécuritaire‘’>> -Martine Ouellet , Le Devoir, le 20 septembre 2012

      Tandis que sur le site de Martine Ouellet :

      << ‘’La mobilisation s’accentue et la population est prête à défendre la santé et la qualité de leur environnement. Cela devrait aussi être la préoccupation du gouvernement libéral, mais ça ne semble pas le cas. Pourquoi le gouvernement veut-il foncer, tête baissée, sans répondre aux craintes des citoyens?’’ » - Stéphane Bergeron, député de Verchères.

      Réf. :

      http://www.ledevoir.com/politique/quebec/359623/la

      http://martineouellet.org/communique/gaz-de-schist

    • Maxime Dion - Inscrit 6 juin 2013 13 h 22

      @André Michaud

      <<Mme Marois a bien réalisé que selon les statistiques québécoises le fédéral nous donne au minimum 12 milliards de plus qu'il ne reçoit du Québec>>

      Il serait intéressant que vous nous citiez vos sources avec un peu plus de détails... À quelle statistiques vous referez-vous donc ?

    • Richard Laroche - Inscrit 6 juin 2013 13 h 31

      @ André Michaud
      Discours typique préfabriqué, probablement tiré d'un économiste amateur sans aucune crédibilité sur les ondes d'une radio-poubelle et répété sans réfléchir (et surtout sans comprendre la péréquation) par tous les autoritariens aux prises avec un syndrôme de stockholm fédéraliste.

      La péréquation est un mécanisme qui décourage littéralement le développement économique et qui nous soumet au syndrôme hollandais à cause de l'activité économique de l'Ouest (que le Québec a été forcé à financer à travers cette même péréquation dans les années passées faut-il le rappeler).

      Allez donc vous renseigner chez les pros:
      http://www.newswire.ca/fr/story/1171763/le-develop

    • Maxime Dion - Inscrit 6 juin 2013 13 h 41

      @ Martin Simard

      <<De mémoire, durant la dernière campagne électorale, le PQ n'a pris aucun engagement et aucune position précise sur l'exploitation pétrolière. >>

      Pourtant, le PQ s’était engagé fermement contre la fracturation hydraulique au Québec, comme le rapportait ce communiqué en date du 20 janvier 2012 :

      << (…) Le Parti Québécois exige un moratoire immédiat sur (…) toute activité de fracturation hydraulique sur le territoire (…) >> - Martine Ouellet, QUÉBEC, le 20 janv. 2012 /CNW Telbec/.

      Réf. :

      http://communiques.gouv.qc.ca/gouvqc/communiques/G

    • Michaël Lessard - Abonné 6 juin 2013 13 h 56

      @Martin Simard

      Ça ne prends pas la tête à Papineau pour refuser l'exploitation du pétrole de shale (schiste) sur l'Île d'Anticosti ou ailleurs ni pour entrevoir que ce n'est pas réellement rentable ou viable pour nous, le Québec, mais ça peut générer quelques profits courts termes privés.

      Rien ne permet d'évaluer si cette exploitation rapportera réellement des surplus pour le Québec et, de plus, la méthode utilisée va fractionner le sous-sol de l'île et ultimement endommager l'écosystème (forage, transports, utilisation massive d'eau, gaspillage massif du gaz, fuites inévitables, etc. selon le professeur Durand).

      Ledit gaz de schiste (pétrole de shale) sera interdit dans plusieurs régions du Québec, mais l'Île d'Anticosti, elle, serait affectée par cette exploitation dommageable uniquement parce que peu de gens y habitent. Pourtant, oui des gens y habitent et il y a les espèces marines et l'ensemble de la vie sur cette île n'a pas à subir le brûlement des gaz, les risques de contamination des eaux, les éventuelles fuites de pétrole, etc.

    • Marc Bergeron - Inscrit 6 juin 2013 21 h 35


      Besoin que les scientifiques indépendants viennent dans les médias s'exprimer comme ce fut le cas cette semaine et il ne recommandait pas. terminé pour moi les professionnels de l'environnement excellents communicateurs souvent démagogues sans compétence pour mener le Québec et son économie. Pas rare de voir un scientifique dans une lettre ouverte et un écolo dans un article ou entrevue??? La dictature des experts sans compétences me fait peur.

  • Marcel Bernier - Inscrit 6 juin 2013 03 h 23

    Allons au fond des choses...

    C'est Daniel Breton qui a eu l'intuition première : sous le régime Charest, Hydro-Québec a cédé, de façon fallacieuse, des droits d'exploration et de forage, sur Anticosti, à des intérêts particuliers, cédant à vil prix une richesse naturelle qui appartient de droit à la collectivité du Québec.
    Pour se rappeler les engagements fermes du Parti québécois à ce sujet, voir la video sur Youtube, intitulée « À nous de choisir l'avenir de l'île Anticosti », à l'adresse internet suivante :http://www.youtube.com/watch?v=kGZS4VjMcdA
    Qu'Hydro-Québec prépare ses petits papiers pour divulguer l'entente avec Petrolia, entre autres, afin que l'imprimatur de l'acceptabilité sociale de l'agrément lui soit accordé par la population ne permet pas de vérifier l'intuition de monsieur Breton quant à l'arnaque dont nous semblons avoir été les victimes non consentantes. Cette indépendance énergétique, tant souhaité, ne peut se faire à notre détriment autant économiquement, qu'environnementalement.
    Un gouvernement responsable, sachant le potentiel pétrolifère de cette île, aurait vu à créer un Pétro-Québec qui puisse tenir compte de tous les tenants et aboutissants de cette activité économique pour le mieux-être de la société et, notamment, les précautions à prendre pour respecter l'habitat naturel.
    La question se pose : monsieur Breton, que faites-vous de vos principes, considérant qu'il y là un scandale, une malversation à mettre à jour?

    • Nicole Bernier - Inscrite 6 juin 2013 07 h 02

      Merci infiniment d'avoir donné cette information... Le discours de M. Breton sur la position du PQ et de l'île d'Anticosti était encore plus emballant à cette époque que la description donnée sur Youtube:
      "Après un retour dans le temps, il présente les cinq engagements du Parti Québécois:
      1) Reprise de contrôle de nos droits d'exploration,
      2) Mise en place d'une toute nouvelle stratégie visant notre indépendance énergétique,
      3) BAPE générique sur Anticosti, prenant en considération les aspects écologiques, énergétiques, économiques et sociaux de l'exploitation,
      4) Pouvoir de vérification des livres d'Hydro-Québec au Vérificateur général pour connaître la tenue de l'entente liant Hydro-Québec et Pétrolia,
      5) Si besoin est, enquête plus approfondie sur la question. C'est à nous de choisir l'avenir de l'île d'Anticosti."

      Incroyable de voir la différence entre les promesses électorales du PQ et l'attitude actuelle. Durant la période d'élection, ils dénoncaient le comportement de Charest et l'associaient à celui de Duplessis... Si le PQ ne pose pas de geste aussi drastique que Lévesque et Lessage, comme ils le valorisaient durant le temps des élections, on pourra dire que Marois et sa gang ont le même comportement que Duplessis et Charest...

      Même si dans ce discours, il est dit que les Québécois (Lessage avait fait des élections prématurées sur la question) sont "Maîtres chez eux" et que les politiciens ne peuvent pas vendre le Québec aux intérêts privés, on voit bien que les belles paroles ne veulent rien dire et que le fait de donner quelques miettes ou de resserrer la vis quelque peu ne redonnera pas le contrôle des énergies aux Québécois, comme Lévesque et Lessage l'avait fait 50 ans après l'Ontario...

      Se rappeler l'histoire c'est très important, contrairement à ceux qui pensent que l'on peut en faire table rase car l'arrogance de cette position ne résiste que dans l'esprit de ceux qui valorisent la facilité et l'ignorance.

    • F. Georges Gilbert - Inscrit 6 juin 2013 07 h 44

      Les cabaleurs politiques, par leur hallali sans merci sont parvenu à leur fin.Neutraliser,baîllonner-museler Mons Breton et amocher sérieusement sa réputation,sa crédibilité et le pousser dans ses derniers retranchements .Je crois que Mons Breton est et sera toujours un homme de principe mais bien seul avec sa vision politique (trop verte)qu'on a sciemment freiné J'imagine,car trop dérangeante pour les influents affairistes-pollueurs-ravageurs d'environnement,les argentéoliques ces pétrolières dévoreuses du bien public,de nos richesses collectives et l'arnaque se poursuit.(Les opérations de fracturation seron supervisées par un (professionnel))..Piètre assurance..

    • Roger Lapointe - Abonné 6 juin 2013 07 h 59

      En plein dans le mille M Bernier.

    • Maxime Dion - Inscrit 6 juin 2013 14 h 31


      @Marcel Bernier

      <<(...) Sous le régime Charest, Hydro-Québec a cédé (...) des droits d'exploration et de forage, sur Anticosti, à des intérêts particuliers...>>

      C’est le gouvernement Bouchard qui s’est délesté de la Société Québécoise d’Initiative Pétrolière (SOQUIP) au profit de l’entreprise privé.

      Or, la société d’État SOQUIP, créée vers 1969, avait pour mission l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures que recèle le Québec.

      Après les avoir récupérées, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune a mis à la disposition du privé les données accumulées par la SOQUIP

      C’est que vers 1998, le gouvernement Bouchard a décidé de faire de la SOQUIP une filiale de la Société générale de financement (SGF). Ce faisant, la SOQIP a perdu ses moyens d’action. Elle est par la suite disparue de l’organigramme de la SGF.

      Ce qui est étonnant, c’est que ce n’est que des années plus tard que l’on a appris la dissolution de la SOQUIP :

      C’est ainsi, tiré du <<Journal des débats de la Commission des finances publiques>> (9 novembre 2010), que l’on apprenait que la SOQUIP avait été dissoute en catimini des années auparavant :

      (…)

      M. Shedleur (Pierre) (alors pdg de la SGF) : Il ne reste plus rien de SOQUIP à la SGF actuellement. Quand je suis arrivé, ça n'existait plus.

      M. Marceau: Il ne reste plus rien de cette...

      M. Shedleur (Pierre): Bien, comme tel, parce que c'est une coquille juridique. On a la coquille juridique, mais SOQUIP, qui avait des fonctions particulières à une certaine époque, moi, quand je suis arrivé, ça n'existait plus (…)

      Réf. :

      http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/

    • Marc Bergeron - Inscrit 6 juin 2013 21 h 26

      Est-ce que le mari de Madame Marois était à la FGS a ce moment là?
      Merci pour l'éclaircissement intéressant. Le PQ était associé à D. Breton XX1 avec des dogmes qui va à l'encontre de la santé et du bon sens. Il faut redonner aux gens compétents la parole et surtout demander un équilibre dans les décisions. Réduire les GES pour la planète et augmenter la pollution de l'air n'est pas acceptable tout comme les idéaux qui fera une pression tel que beaucoup de la classe moyenne n'en sortiront pas. Peut-on améliorer nos finances sans retourner en arrière avec des solutions archaïques?

  • Jacques Morissette - Abonné 6 juin 2013 06 h 42

    Le PQ fait-il vraiment ce qu'il dit ou joue-t-il simplement sur les mots?

    Le PQ ressemble à un prétendant qui cherche toujours à séduire sa dulcinée population. Mais il reste que la dulcinée n'est pas naïve, comme son prétendant semble peut-être le penser. Le couple va finir par s'effriter si le prétendant ne fait que chercher à séduire, s'il ne fait pas de son mieux en prenant véritablement le taureau par les cornes.

    • Sylvie Poirier - Inscrite 6 juin 2013 17 h 20

      Il joue sur les mots.

  • Richard Evoy - Abonné 6 juin 2013 06 h 56

    Le gouvernement par et pour les corporations

    Peu importe pour pour qui on vote, les leviers qui contrôlent autant le pouvoir officiel que l'opinion publique sont toujours détenu et manipulé par les mêmes joueurs corporatifs psychopathes qui s'assurent au final que leurs intérêts priment sur tout autre considération.

    Deux leviers suffisent ou plutôt une carotte et un bâton: L'obligation "sacré" de la croissance économique éternelle et l'esclavage de la dette.

    Bien conditionnées mentalemnt par les médias (qu'ils contrôlent également), la population ne remet jamais vraiment en question les fondements du système qui les asservis et les débats sont toujours orientés vers des solutions qui seront toujours acceptables au yeux des véritables maîtres qui exploiteront sans vergogne les ressources de la Terre soit directement (privé) ou bien mieux et , et y en retirant autant sinon plus de bénéfices (et sans les risques), en financant l'État via les marchés financiers et en rachetant ensuite à vil prix lesdites ressources exploitées soi-disant au profit de cet État... D'après vous, L'État endetté travaillera-t-il alors plus au profit de sa population ou bien à celui de ses créanciers?

    • Simon Pelchat - Abonné 6 juin 2013 08 h 49

      Je partage votre lecture M. Evoy, elle est explicite et cite des causes importantes de la difficile gérance de notre planète que la majorité d'entre-nous ne veut pas voir.

    • Solange Bolduc - Inscrite 6 juin 2013 21 h 03

      Réalité incontournable ou quoi ? : "D'après vous, L'État endetté travaillera-t-il alors plus au profit de sa population ou bien à celui de ses créanciers?"

      Dilemme terrible, s'il en est, et dans quel bourbier est-on entraîné ? Et quel parti politique au Québec pourrait nous sortir de ce marasme ? Pas évident !

  • Serge Grenier - Inscrit 6 juin 2013 07 h 29

    Mauvais gouvernement

    Qui prend des mauvaises décisions...