Le Canada prend la présidence du Conseil de l’Arctique

Des membres de Greenpeace déguisés en ours polaire ont déambulé mercredi autour du Parlement, à Ottawa, pour dénoncer les orientations qu’entend imposer le Canada au Conseil de l’Arctique.
Photo: Agence France-Presse (photo) Michel Comte Des membres de Greenpeace déguisés en ours polaire ont déambulé mercredi autour du Parlement, à Ottawa, pour dénoncer les orientations qu’entend imposer le Canada au Conseil de l’Arctique.

Le Canada a pris officiellement la présidence du Conseil de l’Arctique mercredi, et ce, pour les deux prochaines années. Le gouvernement Harper entend bien peser de tout son poids pour « stimuler le développement économique » de cette région de plus en plus fragilisée par l’activité humaine et les changements climatiques.


« Le temps est venu de nous intéresser à l’Arctique, de développer son énorme potentiel et d’exploiter les possibilités qu’il nous offre », a souligné mercredi la ministre de la Santé, de l’Agence canadienne de développement économique du Nord et ministre du Conseil de l’Arctique, Leona Aglukkaq, par voie de communiqué.


« Le Canada est déterminé à faire en sorte que les communautés arctiques bénéficient de l’essor économique que connaît actuellement la région, a ajouté Mme Aglukkaq. Le Conseil de l’Arctique mettra sur pied un forum circumpolaire sur les affaires afin de stimuler le développement économique durable de la région. »


Lors de la réunion de mercredi à Kiruna, en Suède, le Conseil a augmenté le nombre de pays pouvant surveiller les discussions. Ainsi, la Chine, la Corée du Sud, le Japon, l’Inde et l’Italie ont tous reçu le statut d’observateur, après l’avoir réclamé pendant des années.


L’Union européenne, qui exigeait le même statut, a toutefois essuyé un refus en raison des inquiétudes du Canada concernant les effets sur les communautés nordiques de l’embargo européen sur l’importation de produits du phoque. Toutes les organisations non gouvernementales réclamant un statut d’observateur, y compris des groupes de l’industrie de l’énergie et des organisations environnementales comme Greenpeace, ont été refoulées au portillon.

 

Un environnement fragile


Greenpeace a d’ailleurs tenu à rappeler que le Conseil de l’Arctique a pour mission d’assurer la protection de l’environnement et le développement durable de cette région fragile. « Or le gouvernement Harper affirme vouloir utiliser cette organisation pour promouvoir les intérêts de l’industrie pétrolière », a dénoncé Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie et Arctique de Greenpeace Canada.


Le gouvernement Harper a déjà affiché sa volonté d’ouvrir l’Arctique aux entreprises qui souhaitent tirer profit de l’énorme potentiel pétrolier et gazier. Ottawa a décidé en juin 2012 de mettre aux enchères près de 10 000 kilomètres carrés de l’océan Arctique. Les pétrolières pourront donc aller y chercher des hydrocarbures et éventuellement les exploiter, au profit de leurs actionnaires.


Le Programme des Nations unies pour l’environnement a lancé en février un sérieux avertissement à la communauté internationale : la fonte accélérée des glaces de l’Arctique rend de plus en plus probable une exploitation précipitée des immenses ressources énergétiques fossiles dans cette région du monde. Le problème, c’est que les États concernés semblent obnubilés par les retombées économiques qui pourraient en découler, au point d’omettre d’étudier les impacts à long terme de cette industrie.


 

Avec La Presse canadienne

3 commentaires
  • Robert Henri - Inscrit 16 mai 2013 07 h 03

    :poop:

    Ça y est, le Nord est fichu. Avec le gouvernement actuel qui mise sur le développement à tout prix, il ne reste plus qu'à attendre la catastrophe en priant qu'elle n'arrive pas.

    • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 17 mai 2013 07 h 01

      En effet. Face aux dinosaures, les ours polaires n'ont aucune chance.

      Desrosiers
      Val David

  • Luc Normandin - Abonné 16 mai 2013 08 h 54

    Vite, vite!

    Montrons au reste du monde que la stupidité et l'imprévoyance sont sans limites au royaume de Harper! Que seule l'économie néolibérale débridée peut être envisagée, même si nos enfants doivent hériter d'une planète rendue hostile, voire invivable à cause de décisions qui de toute façon ne profitent qu'au 1% !
    Car il ne faut pas se leurrer, c'est bien de cela qu'il s'agit.
    Ces richissimes et toutes-puissantes corporations, qui sont pour Harper l'équivalents de dieux, sont de moins en moins imposées, comme leurs riches actionnaires d'ailleurs, tandis que la populace se fait couper des services tout en payant la partie des impôts que les entreprises ne paient plus. Même les lois environnementales sont réécrites par et pour les corporations afin qu'elles puissent avoir les coudées franches dans leur oeuvre d'assujettissement de la nature pour leur seul profit.
    Et pourtant, un jour, il faudra payer chèrement les conséquences de cette imprévoyance. Et d'après vous, qui paiera?

    "Seulement quand le dernier arbre sera mort, la dernière rivière empoisonnée et le dernier poisson capturé, réaliserons-nous que l'argent ne se mange pas." - proverbe amérindien