La concentration record de CO2 sur la planète deviendra la norme d’ici deux ou trois ans

L’atmosphère terrestre vient à peine de franchir, momentanément, un seuil historique de concentration de CO2. Mais déjà, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) avertit que cette dangereuse tendance aggravant les bouleversements climatiques deviendra la norme d’ici à peine deux ou trois ans.

La concentration de CO2 dans l’air devrait atteindre dès 2015 ou 2016 une moyenne annuelle de 400 particules par million (ppm) au niveau mondial, a en effet annoncé mardi l’Organisation météorologique mondiale. «Au rythme actuel, la moyenne annuelle au plan mondial de concentration de CO2 franchira le seuil des 400 ppm en 2015 ou 2016», a indiqué, dans un communiqué, cette l’agence spécialisée de l’ONU et basée à Genève.

Les relevés effectués à l’observatoire Mauna Loa d’Hawaï ont démontré la semaine dernière que la concentration de dioxyde de carbone a atteint 400,03 ppm. Il s’agit d’une mesure ponctuelle et non d’une moyenne annuelle, mais ce seuil symbolique est le signe que la planète est lancée sur la trajectoire d’un réchauffement inquiétant. Le seuil des 400 ppm avait déjà été atteint en 2012 et début 2013 à d’autres endroits du globe (Alaska, Canada, Norvège et Îles Canaries), selon l’OMM.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat évalue que pour parvenir à limiter le réchauffement climatique entre 2°C et 2,4°C par rapport à l’ère préindustrielle, il faudrait que la concentration de CO2 plafonne entre 350 et 400 ppm. Les prévisions des scientifiques indiquent toutefois que la concentration de CO2 devrait atteindre 450 ppm d’ici quelques décennies.

Depuis l’an 2000, environ 420 milliards de tonnes de CO2 ont été émises à cause d’activités humaines, soulignait l’an dernier un rapport de l’Agence néerlandaise d’évaluation environnementale (PBL). «La littérature scientifique suggère que pour limiter la hausse de la température à 2 °C […], il faut que l’émission totale sur la période 2000-2050 ne dépasse pas de 1000 à 1500 milliards de tonnes», précisait le PBL. «Si l’augmentation des émissions continue, les émissions cumulées vont dépasser ce total d’ici deux décennies», ajoutait-on dans le rapport.

«Changements cataclysmiques»

Si les émissions de dioxyde de carbone dans l’atmosphère ne cessent d’augmenter et si la tendance se poursuit, la hausse du thermomètre devrait être de 3 à 5°C. Un tel scénario déclencherait des «changements cataclysmiques», selon ce que faisait valoir la Banque mondiale dans un rapport à la fin de 2012. «Ce monde serait tellement différent de celui dans lequel nous vivons qu’il est difficile de le décrire», avait alors souligné le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, soulignant que la responsabilité de l’homme dans le réchauffement du globe est «sans équivoque».

La responsable de l’ONU pour le climat, Christiana Figueres, a prévenu lundi que les États doivent «se réveiller» et prendre conscience des menaces qui découlent de l’augmentation des concentrations de CO2 dans l’atmosphère terrestre. Estimant qu’il y a «toujours une chance d’échapper aux pires effets du changement climatique», Mme Figueres a appelé la communauté internationale à apporter une «réponse politique qui relève vraiment le défi».

«Nous devons adopter, d’ici à 2015, un instrument universel et juridiquement contraignant relatif au climat, afin que tous les pays prennent des mesures supplémentaires pour réduire les effets des changements climatiques et s’y adapter», a préconisé le mois dernier le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon. Selon lui, «il sera bientôt trop tard» pour sauver la santé environnementale du seul endroit de la galaxie où le maintien de la vie est possible.

Mais le plus difficile est à venir. Il est de plus en plus urgent de mettre la table pour un accord universel qui pourrait être conclu en 2015 et entrerait en vigueur dès 2020. Pour le moment, difficile de voir quelle forme prendrait un futur traité qui inclurait pas moins de 190 pays. Le hic, c’est que la communauté internationale est encore loin d’une entente globale sur la lutte aux bouleversements climatiques. L’Union européenne est le seul bloc a s’être imposé des objectifs contraignants.

Une étude parue dimanche a alerté sur les effets attendus du réchauffement sur la biodiversité avec plus de la moitié des espèces végétales et d’un tiers des espèces animales les plus communes qui devraient voir l’espace propice à leur existence réduit de moitié d’ici 2080, si la tendance actuelle se poursuit.
 
 
Avec l’Agence France-Presse

6 commentaires
  • Robert Boucher - Abonné 14 mai 2013 16 h 47

    On dirait que...

    ..on en est rendu à devoir réfléchir à la peût-être nécessité de devoir instaurer une '' dictature éclairée '' mondiale. Ça peût alimenter une réflexion rendue nécessaire.
    Robert Boucher Saguenay

    • Éric Cyr - Inscrit 14 mai 2013 19 h 15

      Faudrait se libérer de la dictature empoisonnée des pétrolières d'abord...

    • Gilles Théberge - Abonné 14 mai 2013 21 h 38

      Non onsieur Cyr, je pense que c'est de «l'économite» qu'il faut se libérer. en tant que tel le pétrole n'est que la conséquence de la maladie économie.

      L'économie est devenu un concept vide de sens. Il n'y a plus d'intention dans l'économie autre que le profit. Ça passe par la financiarisation.

      Et ça bouscule tout ce qui se dresse sur ce chemin, au premier titre, l'environnement et même la vie. Cela a été démontré. On a pratiquement sinon complètement anéanti des stock entiers de poissons. La morue par exemple. Les abeilles meurent, on chasse les dernières baleines de certaines espèces. Etc.

      Finalement peut-être que la meilleure chose qui puisse arriver à la terre serait l'éradication de la ve humaine, puisqu'elle est si inhumaine et quasiment suicidaire.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 15 mai 2013 10 h 47

      C'est bien connu, les dictatures sont toujours bien éclairée, du moins leur propre avis...

    • Éric Cyr - Inscrit 15 mai 2013 12 h 44

      Non Monsieur Théberge, je dirais que c'est les deux, ensemble depuis plus de cent ans. Si vous relisez l'histoire du XXème siècle, vous verrez qu'à partir de 1910, Le Premier monopole continental s'est allié aux banksters internationaux et ont pris le contrôle du congrès américain. Même que certains opposants ont eu de malencontreux accidents... quand ce ne fut pas carrément un empoisonnement.
      Le complexe Industrio-militaro-pétro-bancaire mène le monde et les gouvernements.

  • Jeff Cavalero - Inscrit 14 mai 2013 22 h 32

    Oublions les riches

    Les riches... Il faut les mettre de côté dans nos décisions sociales, il faut marginaliser les hauts fonctionnaires à tout prix, penser à des méthodes pour veiller considérablement à leur exclusion du mécanisme politique et social. Il faut défaire l'emprise de leurs égos, détruire notre propre mégalomanie individuelle, chacun d'entre nous, du pauvre au riche, et il faut donner, donner et donner du mieux de notre personne pour sauver le peu qu'il reste de nos espoirs de vivants. L'être humain est devenu plus puissant que la nature terrestre, mais il aura très probablement toujours fatalement besoin d'elle.

    L'être humain doit se définir non plus en fonction seulelement de ce qu'il veut être personnellement, mais en fonction également des possibilités limitées de cette nature terrestre. Il faut devenir responsable envers elle, tout simplement ; nous aurions dû commencer à devenir responsables dès que nous en étions capables. Maintenant, pour survivre, il nous faudra devenir très vite bien meilleur sur le plan éthique et sagesse que nous ne le sommes aujourd'hui.