Réchauffement : la moitié des plantes et un tiers des animaux touchés d’ici 2080

Quelque 55 % des plantes et 35 % des animaux pourraient voir leur espace d'existence réduit d’au moins de moitié d’ici à 2080.
Photo: Carole Poliquin Quelque 55 % des plantes et 35 % des animaux pourraient voir leur espace d'existence réduit d’au moins de moitié d’ici à 2080.

Paris – Plus de la moitié des espèces végétales et d’un tiers des espèces animales les plus communes devraient voir l’espace propice à leur existence réduit de moitié d’ici 2080 à cause du réchauffement climatique si la tendance actuelle se poursuit, selon une étude publiée dimanche.

Les émissions de gaz à effet de serre (GES), en augmentation, mettent la planète sur la trajectoire d’un réchauffement d’environ 4 °C d’ici la fin du siècle, par rapport aux niveaux préindustriels.


Les chercheurs de l’université britannique d’East Anglia se sont intéressés à l’impact d’une telle montée du mercure sur les « zones climatiques » de 48 786 espèces, soit les espaces où les conditions climatiques sont propices à leur existence.


D’après leurs conclusions, publiées dans la revue Nature Climate Change, quelque 55 % des plantes et 35 % des animaux pourraient voir cet espace réduit d’au moins de moitié d’ici à 2080.


Amphibiens et reptiles


Ce sont les plantes, les amphibiens et les reptiles qui sont le plus « à risque », car le rythme de leur capacité d’adaptation est plus lent que celui du changement climatique, soulignent les chercheurs.


Les zones les plus touchées seraient l’Afrique subsaharienne, l’Amérique centrale, l’Amazonie et l’Australie.


Selon la chercheuse Rachel Warren, ces estimations se situent « probablement dans la fourchette basse » dans la mesure où elles ne prennent en compte que l’impact de la hausse des températures et pas les événements extrêmes induits par le changement climatique, comme les cyclones ou les inondations.


« Les populations d’animaux en particulier pourraient disparaître plus que nous ne l’estimons avec moins de plantes disponibles pour les nourrir », explique-t-elle dans un communiqué présentant l’étude.


« Il y aura aussi des retombées sur les hommes, car il y a des espèces qui sont importantes pour la purification de l’eau et de l’air, pour limiter les inondations et le cycle de l’alimentation », ajoute-t-elle.


Selon l’étude, cet impact sur les zones climatiques des espèces pourra être limité, y compris de manière significative, si des mesures de réduction d’émissions de GES sont prises rapidement.


Si les rejets de GES plafonnaient en 2016, scénario irréaliste selon plusieurs chercheurs, les pertes de zones climatiques seraient réduites de 60 %. Si les émissions atteignaient un plafond en 2030, ce chiffre serait de 40 %.

5 commentaires
  • Jeff Cavalero - Inscrit 13 mai 2013 08 h 08

    « Croire » : Le plus grand des crimes ?

    « Croire » deviendra-t-il, durant le siècle qui s'en vient, le plus grand de tous les crimes ? Capable de croire que tout cela est faux, nous vivons comme nous croyons pouvoir vivre. En s'oubliant dans des croyances, on remet tout ce qui nous appartient absoluement de faire dans un lendemain que nous croyons qu'il sera complètement dépossédé de son passé, alors que c'est faux. Pourquoi ? Peut-être parce que nous aimons croire l'être nous-mêmes : complètement dépossédé de notre passé, alors que c'est faux.

    L'être humain ne croira pas jusqu'à son dernier souffle, absurde comme il est, il arrêtera de respirer avant pour croire que ce dernier souffle n'arrivera jamais. Foutus humains.

    • Richard Fradette - Abonné 13 mai 2013 16 h 51

      Et on s'inscrit dans des groupes, des équipes, des églises, des écoles, des partis politiques pour que nos représentants nous disons de croire qu'on est bons, forts, immortels, dans la vérité...

    • Richard Fradette - Abonné 17 mai 2013 09 h 02

      Alors, oui, nos représentants nous disent que croire. Il reste que nous avons le choix d'appartenir à un groupe ou un autre. Nous ne sommes pas obligé de suivre l'opinion des politiciens professionnels qui règlent bien vite les questions de politique afin de s'activer à vendre les idées contenues dans leur programme de parti. Les marchands d'idées ne manquent pas pour nous regrouper et nous vendre leurs idées préconçues convergentes : consomme, consomme, tout n'est que consommation... À chaque cellule autonome à la base de la société de se grouper, de choisir que croire et de faire de la politique. La vraie politique est celle-là. De fait, aucun parti politique n'est prêt à le reconnaître (sauf possiblement QS).

  • Éric Cyr - Inscrit 14 mai 2013 19 h 21

    l'Île de Pâques

    Ceux qui détiennent réellement le pouvoir mondial ne lâcheront pas prise à moins d'y être forcés. Comme à l''île de pâques, les commercants de bois détenaient la richesse et le pouvoir... jusqu'à ce que la civilisation s'écroule, faute de bois pour se chauffer, cuisiner et s'abriter.
    Les barons du pétrole, du charbon et du gaz voient bien le climat et l'environnement dégénérer, mais s'accrochent à leur pouvoir absolu sur les États... jusqu'au cataclysme global??

    • Gilles Théberge - Abonné 14 mai 2013 21 h 43

      Oui. Parce qu'ils sont persuadés de pouvoir échapper aux conséquences. Et de fait certains vont y parvenir.

      Mais nous, nous serons morts, mon frère.