Pétrolia accepte finalement de rendre publique l'entente sur Anticosti

Le président de Pétrolia, André Proulx, s’est dit «très heureux» de la conclusion de cette entente de principe, «notamment en ce qu’elle concrétise un souhait maintes fois évoqué par le passé».
Photo: Annik MH de Carufel - Archives Le Devoir Le président de Pétrolia, André Proulx, s’est dit «très heureux» de la conclusion de cette entente de principe, «notamment en ce qu’elle concrétise un souhait maintes fois évoqué par le passé».

Après avoir refusé à plusieurs reprises de donner quelque détail que ce soit sur son contenu, l’entreprise Pétrolia a finalement annoncé mercredi après-midi que l’entente secrète intervenue entre la pétrolière et Hydro-Québec au sujet des permis d’exploration cédés par la société d’État sur l’île d’Anticosti sera rendue publique.

«Pétrolia confirme qu’une entente de principe est intervenue entre les parties, afin de rendre publiques les modalités de la contrepartie reçue par Hydro-Québec dans le cadre de la cession, à Pétrolia, des droits et intérêts qu’elle détenait sur l’île d’Anticosti. Ces paramètres seront dévoilés le ou vers le 1er septembre 2013», a fait valoir l’entreprise par voie de communiqué.
 
Le président de Pétrolia, André Proulx, s’est dit «très heureux» de la conclusion de cette entente de principe, «notamment en ce qu’elle concrétise un souhait maintes fois évoqué par le passé». M. Proulx a aussi indiqué que les informations visées par l’entente «pourraient être divulguées plus tôt si la conjoncture commerciale le permet».
 
Au début de 2008, les droits d’exploration contrôlés par Hydro-Québec sur 35 permis (6300 km2) ont été cédés à l’entreprise Pétrolia en échange d’une «redevance prioritaire» jamais rendue publique. Par la suite, le gouvernement Charest a fait complètement disparaître la division Hydro-Québec Pétrole et gaz. 
 
Le Devoir s’est déjà vu refuser l’accès aux données de l’entente, malgré une demande présentée en vertu de la Loi sur l'accès à l'information. La société d’État a alors soutenu que «les documents portant sur les ententes et contrats en matière d'exploration pétrolière et gazière sur l’île d’Anticosti sont de nature confidentielle et ne peuvent vous être remis». La Loi sur l’accès à l’information prévoit en effet certaines exceptions qui permettent de ne pas dévoiler des informations liées à une «redevance», à un «secret industriel» ou concernant un «tiers», dans ce cas-ci des entreprises privées.
 
Lorsque Le Devoir a révélé cette histoire en février 2011, le gouvernement Charest n’a pas été en mesure d’obtenir la publication de l’entente. La ministre des Ressources naturelles de l’époque, Nathalie Normandeau, avait alors appelé les Québécois à lui faire confiance. «Hydro-Québec, qui a ma confiance, lorsqu’elle a négocié l’entente, elle l’a fait en ayant en tête l’intérêt public.»
 
Pétrolia a refusé par la suite à plusieurs reprises de la rendre publique. En 2012, lors de l’assemblée générale annuelle de l’entreprise, André Proulx avait catégoriquement refusé de dire ce qu'a obtenu Hydro-Québec en 2008 lorsqu'elle a cédé ses permis d’exploration à Pétrolia. «On n’a aucun intérêt à le faire. Si on le fait maintenant, ce sera négatif pour l'entreprise, avait-il répondu. Quand nous allons décider que c'est opportun pour les actionnaires et pour la population du Québec, ça va nous faire grand plaisir de le dévoiler.» M. Proulx avait eu droit aux applaudissements d’actionnaires présents après avoir de nouveau fermé la porte à la divulgation de cette entente qui concerne une ressource non renouvelable appartenant en théorie aux Québécois.
Depuis qu’il est au pouvoir, le gouvernement Marois a promis de rendre cette entente publique. La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, a d’ailleurs dit avoir pris connaissance de cette entente.
 
La firme albertaine Sproule Associates Limited a établi à 30,9 milliards de barils la «meilleure estimation» du volume total de pétrole en place sur les permis où Pétrolia détient un intérêt sur l’île d'Anticosti. Au total, le sous-sol d’Anticosti pourrait receler au moins 40 milliards de barils de pétrole. Les entreprises qui contrôlent les permis doivent débourser 10 ¢ l’hectare chaque année pour conserver leurs droits d’exploration exclusifs.
 
En plus du pétrole, Pétrolia aimerait bien un jour exploiter le gaz naturel d’Anticosti pour le transporter — à l’aide d’un gazoduc qui reposerait sur le lit du Saint-Laurent — vers des villes comme Sept-Îles.
10 commentaires
  • Olivier Carrier - Inscrit 1 mai 2013 18 h 23

    Pourquoi Septembre?

    Quel est l'avantage à attendre aussi longtemps?

    • Jean Claude Pomerleau - Inscrit 1 mai 2013 21 h 45

      Cette divulgation suppose une reconfiguration de l'actionnariat Hydro Québec pourrait remplacer un actionnaire pour garantir la capitalisation à long terme.

      Déjà un actionnaire a été remplacé : Pilatus Energy (pas présentable parce que le conseillé principal; Loick Lefloc Prigent, a été condamné à la prison en France pour détournement de fond).

      (google) Anticosti le vol du siècle

    • Pierre Lachance - Inscrit 1 mai 2013 22 h 11

      Cacher des choses et/ou diminuer l'impact la grogne etant moins forte qu'il y a un certain temps.

    • Claude Lafontaine - Abonné 3 mai 2013 19 h 25

      Le monde est vraiment petit.
      Le commentaire de M.Pomerleau m'a incité à fouiller un peu plus loin à propos de Pilatus Energy, mais le pot aux roses se trouvait à deux pas de là dans ce sommaire d'une recherche faite par M. Richard Le Hir un ancien député de l'Ass nationale du Québec:

      http://nofrackingfrance.fr/les-conflits-dinteret-d

      il y met clairement en lumière les relations incestueuses qui se déroulaient / se déroulent encore sous notre nez entre: le c.a d'Hydro-Québec, La famille Desmarais, Pétrolia, La famille Frère, Jean Charest, Nicolas Sarkosy, la CDPQ.

      Pétrolia n'est pas un producteur de pétrole, mais un explorateur, l'intérêt de son principal actionnaire M.Proulx est de démontrer tout le potentiel qu'il y a derrière les droits qu'il possède en Gaspésie et à l'Île d'Anticosti pour faire monter la valeur marchande de Pétrolia pour monnayer le tout un jour en vendant ses actions soit aux autres actionnaires de la compagnie ou directement à une pétrolière multinationale qui dispose des capitaux requis pour exploiter la ressource. Si ce qu'on peut déduire de l'analyse de M.LeHir est correct, publiquement présentement M.Proulx agi comme le représentant officiel de Pétrolia face au Gouv du Québec, mais dans les faits si on pense à ce qui va arriver à moyen ou long terme, il serait au mieux un intermédiaire entre ses autres partenaires d'affaires (ceux qui vont éventuellement prendre tout le contrôle de Pétrolia et de ses droits sur la ressources) et le Gouv, au pire il est vraiment une facade les vraies négociations se déroulent directement entre les personnages décrits auxquels M. LeHir fait référence... et toujours sous notre nez.

      Avec ces doutes là dans le décor, ce n'est pas une bonne idée de laisser pourrir la situation jusqu'en septembre avant de divulguer l'entente officielle entre H.Q et Pétrolia !

  • Nicolas Gagnon - Abonné 1 mai 2013 19 h 40

    Bonne nouvelle mais...

    Bonne nouvelle, nous allons enfin connaitre les détails de cette entente qui nous concerne tous, mais pourquoi ne dévoiler les détails qu'en Septembre???

    Rien à comprendre.

  • J-Paul Thivierge - Abonné 1 mai 2013 22 h 05

    la réalité géologique

    On parle de pétrole de schales [schistes ] alors il faut reconnaître que seulement environ 3 % optimistement seront exploitables de ce 40 milliards de barils soit autour d'un milliard de barils à 100 $ soit 100 G$ - les dépenses de forages, de fracturation, d'exploitation alors en réalité si on tire plus de 10 G$ de ces milliers de puits on devra se compter heureux.

  • Jean Francois - Inscrit 1 mai 2013 22 h 18

    Election en octobre ?

  • Claude Lafontaine - Abonné 1 mai 2013 23 h 06

    Le fruit n'est pas encore mûr

    Un autre qui nous sert cette salade : "le fruit n'est pas encore assez mûr" on vous divulgera ça plus tard, au moment qu'on jugera opportun qui sera on le sait déjà autour du 1 septembre 2013.