Dérives dans les études environnementales en immobilier

La firme BPR a été blanchie en 2012 des accusations d’évaluation tendancieuse pour le boisé Neilson de Québec. Sur la photo, un boisé humide protégé par la Ville de Brossard autour du Quartier Dix30.
Photo: Nature-Action Québec La firme BPR a été blanchie en 2012 des accusations d’évaluation tendancieuse pour le boisé Neilson de Québec. Sur la photo, un boisé humide protégé par la Ville de Brossard autour du Quartier Dix30.

Québec — Des organismes dénoncent la piètre qualité des études sur les milieux naturels produites avant qu’on autorise des projets immobiliers au Québec. Au Québec, à leur avis, les ingénieurs prennent trop de place dans ce domaine, et les biologistes, pas assez.


« Il y a une dérive vers la médiocrité, avance Christian Simard de Nature Québec. Les études d’impact [sont] le moins chères possible, avec des directives très floues. » Il ajoute que les firmes sont presque toujours embauchées par les promoteurs et que les professionnels qui les réalisent sont « souvent incompétents dans le domaine des sciences naturelles ».


M. Simard et des représentants de Québec Arbres et de l’Association des biologistes avaient convoqué les médias vendredi pour sensibiliser le gouvernement au problème. « Il ne faut pas confier aux ingénieurs les milieux naturels, dit M. Simard. Ce n’est pas leur job. »


Un boisé en exemple


Nature Québec a été sensibilisé à cette question par Johanne Elsener, du groupe Québec Arbres. Cette citoyenne de Québec milite depuis plusieurs années pour la protection du boisé Neilson, un milieu naturel situé dans l’ouest de la ville.


À leur avis, le cas de ce boisé est emblématique. Ils citent en exemple une étude commandée par la Ville à la firme BPR, qui sous-estimait la valeur de ses massifs d’arbres et de la zone de protection nécessaire à la préservation d’une salamandre.


Estimant que l’étude aurait dû être confiée à un ingénieur forestier et un biologiste plutôt qu’à un ingénieur et un agronome, Mme Elsener a porté plainte à trois ordres professionnels sans succès. Pour elle, c’est la preuve de l’existence d’un « vide juridique » dans ce domaine.


Avec M. Simard, elle a aussi donné d’autres exemples à Saint-Bruno, Val-Jalbert, Laval, Terrebonne et Magog.


Comme piste de solution, ils proposent que la profession de biologiste devienne un ordre professionnel. Selon le président de leur association, Pierre-Yves Robidoux, cela fait 40 ans que l’Office des professions du Québec résiste à la création d’un tel ordre.

1 commentaire
  • Pierre Montminy - Inscrit 28 avril 2013 07 h 10

    Ignorance et indifférence

    C’est décourageant de nous regarder aller à construire des banlieues, des autoroutes et des centres d’achats en saccageant les espaces verts et les milieux humides qui servent de poumon et de réserve faunique à la planète… que vaut l’intelligence de l’humain sans un minimum de sagesse?