Vers 2017 - Montréal fêtera en «vert» son 375e anniversaire

Martine Letarte Collaboration spéciale
L’un des grands défis est d’amener les gens à changer leurs habitudes en matière de transport.
Photo: Ville de Montréal L’un des grands défis est d’amener les gens à changer leurs habitudes en matière de transport.

Ce texte fait partie du cahier spécial Jour de la Terre 2013

Construction de centres de traitement de matières organiques, transformation d’un dépotoir en parc, verdissement d’un lien piétonnier entre la montagne et le fleuve : voilà quelques grands projets prévus pour les Montréalais d’ici quatre ans. Trop beau pour être vrai ? Alors que Montréal se fait régulièrement accuser d’immobilisme, la Ville affirme que ces projets ont bel et bien été mis en marche.

« Montréal est déjà une ville verte, mais elle le sera encore plus dans quatre ans », indique d’emblée Josée Duplessis, responsable du développement durable, de l’environnement, des grands parcs et des espaces verts au comité exécutif de la Ville de Montréal.

Le Bureau du 375e anniversaire de Montréal a réalisé des consultations dans les arrondissements pour connaître les souhaits de la population. « On a souvent entendu des citoyens affirmer qu’ils voulaient qu’on profite de l’occasion pour poursuivre le développement de la ville de façon durable, par exemple avec de nouvelles infrastructures et des éléments à échelle humaine, comme des accès au fleuve, des promenades urbaines et un réseau de pistes cyclables plus développé », affirme Josée Duplessis, élue conseillère municipale dans le district De Lorimier, en 2009, sous la bannière de Projet Montréal.

 

Plusieurs projets de verdissement

Dans les parcs montréalais, plusieurs projets sont en cours de réalisation. Sur le mont Royal, la réfection du lac aux Castors a commencé l’an dernier. « On aménage également le sentier des trois sommets, qui permettra d’avoir accès à celui situé vers le secteur de Mont-Royal », indique Josée Duplessis. Il faut aussi célébrer ses acquis, croit la conseillère, rappelant que le mont Royal a été décrété arrondissement historique et naturel en 2005. On ne peut donc plus y construire.

En prévision du 375e anniversaire de la ville, les citoyens rêvent également d’un lien vert piétonnier pour relier la montagne et le fleuve. « Nous comptons le réaliser en 2017 », affirme Josée Duplessis.

Autre projet audacieux : transformer en parc l’ancien dépotoir du Complexe environnemental Saint-Michel. « C’est un projet unique au monde, affirme Mme Duplessis. On remplit de constructions inertes, puis de couches de terre, le trou de l’ancienne carrière de déchets et on fera l’ensemencement par section. Un lac sera aussi aménagé. On prévoit ouvrir une portion du parc en 2017, puis le reste en 2020. Ce sera le plus grand parc urbain après le mont Royal. »

Le parc Jean-Drapeau se fera aussi refaire une beauté. « La place des Nations, à la sortie de la station de métro, sera revitalisée, indique Mme Duplessis. On aménagera aussi une grande promenade riveraine. »

La Ville s’est également engagée l’an dernier à planter 300 000 arbres d’ici 10 ans, dans le cadre du Plan d’action canopée. « Ce projet rejoindra le domaine public, mais aussi les grands propriétaires privés, les organismes et le secteur industriel », indique Mme Duplessis.

Les citoyens se montrent aussi plus intéressés que jamais à mettre sur pied des projets d’agriculture urbaine. « Depuis deux ans, au printemps, les demandes de financement que nous recevons à l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal portent presque uniquement sur des projets d’agriculture urbaine. Le défi est d’améliorer la réglementation municipale pour permettre de telles initiatives. »

 

Eaux usées et matières organiques

Les Montréalais revendiquent aussi maintenant des accès au fleuve. « Il y a 30 ans, la qualité de l’eau était exécrable, affirme Mme Duplessis. Plusieurs investissements ont été faits pour éliminer le rejet des eaux usées dans le fleuve et, maintenant, on peut rêver de s’y baigner. »

La prochaine grande étape pour améliorer la qualité de l’eau consistera à construire une usine d’ozonisation sur le site de traitement des eaux usées Jean-R.-Marcotte, dans l’est de la ville. « Ce procédé détruira les agents polluants émergents, comme les résidus de médicaments, et protégera ainsi la faune et la flore du fleuve, explique Josée Duplessis. Le contrat n’a pas été donné, mais nous sommes toujours dans les délais prévus pour que le projet soit réalisé autour de 2017. »

Arrivée au comité exécutif de coalition en novembre dernier, Josée Duplessis est heureuse d’avoir annoncé en février que la Ville allait de l’avant pour le projet de quatre centres de traitement des matières organiques. L’un d’eux sera situé boulevard Henri-Bourassa, dans l’arrondissement Saint-Laurent, un autre sera dans l’arrondissement LaSalle, l’ancienne carrière Demix à Montréal-Est aura aussi son centre, tout comme le Complexe environnemental de Saint-Michel. « On y valorisera à terme 219 000 tonnes de matières résiduelles par année, précise Josée Duplessis. Nous réduirons ainsi nos émissions de gaz à effet de serre de 21 000 tonnes par année. »

La mise en service des centres est prévue en 2016, sauf celui de LaSalle, qui devrait fonctionner autour de 2020. « Nous produirons avec ces centres huit millions de mètres cubes de biogaz par année, qui serviront à réduire d’environ 18 % la facture de la Ville en gaz naturel », affirme Josée Duplessis.

 

Le défi des transports

Trier ses déchets, cultiver ses légumes, planter un arbre sur son terrain : voilà des actions somme toute assez faciles à réaliser pour M. et Mme Tout-le-monde. Josée Duplessis affirme que le plus grand défi sera d’amener les gens à changer leurs habitudes en matière de transport.

«Il y a toujours de plus en plus de voitures sur les routes, donc de plus en plus de congestion et une dégradation de la qualité de l’air. Nous devons aller vers l’électrification des transports avec des trolleybus et des tramways pour accroître l’efficacité des services de transport en commun, si on souhaite que les gens changent leurs habitudes. Il faudra donc investir massivement et les gouvernements supérieurs devront participer », affirme Josée Duplessis, en précisant que Montréal obtiendra 467 nouvelles voitures de métro d’ici à 2017.

Elle prône aussi une densification. « Pour diminuer l’utilisation des transports, les gens doivent pouvoir vivre à pied dans leur quartier, affirme-t-elle. On doit donc densifier la population pour être en mesure d’avoir des commerces de proximité et d’améliorer la qualité de vie. »


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