Les glaces de l’Antarctique fondent à vue d’œil

Les températures ont régulièrement augmenté depuis des centaines d’années en Antarctique, mais la fonte ne s’est intensifiée que vers la moitié du 20e siècle.
Photo: La Presse canadienne (photo) Aurora Expeditions, Andrew Halsall Les températures ont régulièrement augmenté depuis des centaines d’années en Antarctique, mais la fonte ne s’est intensifiée que vers la moitié du 20e siècle.

L’imposant couvert de glace qui recouvre le continent Antarctique fond beaucoup plus rapidement que ce qu’imaginaient jusqu’ici les chercheurs, selon ce qui ressort d’une nouvelle étude internationale.


En fait, les glaces de l’Antarctique fondent dix fois plus vite qu’il y a 600 ans pendant l’été, la perte de banquise ayant été la plus rapide au cours des 50 dernières années. Or, la disparition rapide de ce couvert gelé pourrait avoir des effets significatifs sur la hausse du niveau des océans. La fonte de la couverture de glace de l’Antarctique occidental contribue déjà pour au moins 10 % à la hausse globale des océans.


Les températures ont régulièrement augmenté depuis des centaines d’années en Antarctique, mais la fonte ne s’est intensifiée que vers la moitié du 20e siècle, affirme cette étude parue dans la revue Nature Geoscience. Cela signifie que le réchauffement dans l’Antarctique a atteint un tel niveau que même de légères augmentations de température peuvent causer une forte accélération de la fonte.


Forages

Les chercheurs ont foré à 364 mètres de profondeur sur l’île de James Ross dans le nord de la calotte antarctique — au sud de l’Amérique du Sud — afin de mesurer les températures il y a plusieurs centaines d’années. Les couches successives dans les échantillons carottés révèlent le mouvement de fonte et de regel des glaces.


«Nous avons établi que les conditions les plus froides sur la péninsule antarctique et la plus petite quantité de glace fondue ont prévalu il y a 600 ans», a expliqué à l’Agence France-Presse Nerilie Abram, chercheure de la British Antarctic Survey de Cambridge, en Grande-Bretagne.


«À cette époque, les températures se situaient autour de 1,6 °C au-dessous des températures enregistrées à la fin du 20e siècle et la quantité de neige tombée chaque année ayant fondu puis regelé était de 0,5 %. Aujourd’hui, la quantité de neige tombée fondant chaque année est dix fois plus importante», a-t-elle fait valoir.


Recul des glaciers


La publication de cette étude survient quelques jours après celle d’un nouveau rapport faisant état de reculs importants de certains glaciers situés en Europe. Sur 95 glaciers surveillés par le club alpin autrichien, 93 ont reculé en moyenne de 17,4 mètres en 2012, tandis que deux ont maintenu leur niveau, a fait valoir cette organisation vendredi dernier. Elle s’attend aussi à de nouveaux reculs dans les prochaines années. Selon les experts, 98 % des glaciers autrichiens ont reculé en 2012.


Plusieurs organisations ont réaffirmé au cours des derniers mois que les hausses des températures au cours des prochaines années pourraient entraîner une série de phénomènes aux conséquences inconnues, notamment dans les régions où on retrouve d’importants couverts de glace.


Les climatologues estiment généralement qu’il faudrait limiter la hausse à 2 °C d’ici la fin du siècle pour éviter le pire. Or, un rapport publié en novembre dernier par la Banque mondiale indique que la température moyenne mondiale pourrait bien augmenter de 4°C au cours de la même période.


La communauté internationale peine à prendre des actions pour lutter efficacement contre les changements climatiques. Un nouvel accord qui inclurait tous les États doit théoriquement être négocié d’ici 2015 afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre.


Avec l’Agence France-Presse

12 commentaires
  • Pierre Vaillancourt - Abonné 15 avril 2013 23 h 01

    Après moi, plus rien...

    L'emballement du climat, une réalité imminente aux conséquences inconnues et imprévisibles, si ce n'est que ce sera l'enfer pour des millions d'humains dans quelques instants, ou presque.

    On va frapper le mur et rien ne change : on a 2-3 voitures par famille, les gros moteurs ne sont pas interdits, on trippe sur nos bateaux, nos motoneiges, on publie nos inepties totalement inutiles à tour de bras sur Facebook alors qu'une simple recherche sur Google consomme l'énergie équivalente à celle qu'il faut pour cuire un oeuf, alors imaginons ce que consomment un milliard d'humains qui publient leur statut, leur recette, leur humeur et leur nouvelle photo de profil.

    M'as-tu vu, j'ai changé d'look et bientôt j'aurai 1 million d'amis à qui le montrer.

    Je suis une image qui brûle du pétrole. Je ne suis rien.

    Après moi, rien n'existera, le monde, c'est moi, rien d'autre n'a d'importance.

    Moi, je fais de même, je publie mon humeur sur le site du Devoir pour vous dire que mon humeur est complètement déprimée de regarder tout cela.

    • Guy Lafond - Inscrit 16 avril 2013 09 h 31

      Réflexion intéressante.

      Rappelons que le 21 avril prochain sera célébré le jour de la Terre. Une belle occasion pour faire des vagues, seulement avec nos bras, nos hanches et nos jambes. Conséquences: rejets insignifiants de Co2 et de vapeur d'eau dans l'atmosphère.

      Un effet viral? Une vague planétaire? De nombreux pays sensibilisés? Espérons-le.

      Soulignons donc ce jour de la Terre afin de nous sensibiliser à la problématique des glaciers, qui tendent à reculer trop rapidement selon les scientifiques.

      Les glaciers approvisionnent des torrents, des rivières, et assurent des réserves d'eau potable.

  • André Michaud - Inscrit 16 avril 2013 09 h 10

    cycle ?

    L'Antartique a déjà été recouvert de végétation, en des temps sans aucune industrie sur terre. La vie terrestre est faite de cycles , trop simpliste de blâmer le modernisme industriel d'être la seule cause directe de ce réchauffement.

    • Sylvain Auclair - Abonné 16 avril 2013 14 h 06

      A : le continent antarctique n'a pas toujours été au pôle Sud.
      B : jamais le climat n'a changé à la vitesse à laquelle il change aujourd'hui.

  • Simon Ouellet - Inscrit 16 avril 2013 09 h 55

    M. Michaud.

    Il est tout aussi simpliste d'écarter du revers de la main cette activité industrielle mise en branle par la présence d'une courbe démographique exponentielle et d'une population humaine telle que la planète n'en a jamais connu.

    • André Michaud - Inscrit 17 avril 2013 09 h 00

      Évidemmnent il n'y a jamais eu autant de surpopulation humaine et d'activité industrielle. Cela a une implication sur la santé humaine et c'est pourquoi il faut moins polluer, ce que j'essaie de faire quotidiennement.

      Cependant certains semblent croire que les humains doivent sauver la planète, ce qui est ultra prétentieux. La planète était là des millions d'années avant les humains et restera des millions d'années après les humains. Pour la planète notre activité est moins importante qu'on veut se le faire croire. Les humains sont très prétentieux comme toujours.

    • David Boudreau - Inscrit 17 avril 2013 10 h 29

      M. Michaud, si vous voulez vous dédoiner des enjeux environnementaux face à la collectivité par le biais d'une philosophie de pacotille, c'est votre affaire. D'autres ont à coeur le sort des générations à venir.

    • Pierre Vaillancourt - Abonné 18 avril 2013 20 h 24

      M. Michaud,

      Je n'ai pas l'impression que les humains qui sont très inquiets du réchauffement climatique veulent sauver la planète, comme vous le dites, et qu'ils sont, par leurs actions ou commentaires, ultra-prétentieux comme vous l'affirmez.

      Je crois plutôt que ces humains, dont je suis, voudraient bien qu'on épargne, à quelques dizaines de millions d'autres humains, les pénibles conséquences d'un emballement frénétique du climat, avec tous les impacts que pourrait avoir une augmentation de la température moyenne de 4 degrés, comme le prévoit la Banque mondiale qui n'est pourtant pas réputée pour être particulièrement écologiste.

      La présence des humains sur Terre ne représente qu'un bref instant par rapport à l'âge de notre planète. Mais croire que nos modes de vie n'ont pas d'impact réel sur l'évolution du climat relève d'un certain aveuglement, je pense, car jamais le climat n'a évolué aussi rapidement qu'au cours des 100 dernières années.

      Et encore là, le plus spectaculaire reste à venir, hélas.

  • France Marcotte - Inscrite 16 avril 2013 21 h 29

    Accablant

    ...au point d'étouffer juste à le lire encore et encore sans qu'une porte s'entrouvre, comme si on était condamnés à se regarder dans le miroir jusqu'à la fin de ces temps.

    Le bateau coule, le bateau coule, le bateau coule!

    Mais à qui le dis-tu?
    Qui crois-tu toucher en le pleurant?

  • Lorenzo Di Marco - Inscrit 17 avril 2013 13 h 47

    Question!

    Je remets pas en doute le réchauffement c'est évident! Je ne crois pas qu'il soit causé par l'homme, mais cependant ce dernier la accéléré gravement.

    Donc es-ce que toutes les actions que nous faisont présentement pour lutter contre le réchauffement planétaire ont une chance d'avoir un impact significatif ou bien donc la température va continuer de monter???.

    Moi je pense que puisque que les actions que nous prenons présentement ne sont pas mondiale et je dit bien totalement mondiale et sans exeptions, rien de va changer. Prenon pour exemple Kyoto, qui était de la frime, quelques uns font des efforts pour que d'autre continuent a polluer c'est inutile. Gaspillage de temps, d'effort, d'énergie et d'argent.

    Nous serions aussi bien de mettre nos efforts a s'adapter/préparer au nouveau monde qui s'en viens

    • Djosef Bouteu - Inscrit 17 avril 2013 23 h 53

      Les coûts d'adaptation au fil du temps d'un laisser-faire sont de plusieurs fois supérieurs aux coûts de réduction des émissions de GES.
      Vous proposez donc de gaspiller davantage de temps, d'énergie, d'argent, mais aussi de vies humaines et de biodiversité à moyen et long terme pour un une passivité confortable immédiate.

      Dans certaines régions du monde, le coût du fénéantisme sera absolu, c'est à dire des régions devenues inhabitables, soit par innondation, soit par un climat ponctuellement incompatible avec la survie des mammifères.

      On nous aurait prêché la même résignation devant d'impossibilité de changer avant le protocole de Montréal que la couche d'ozone serait en bien piteux état! Heureusement que le protocole de Montréal était contraignant ; voyez-vous, les CFCs, en plus d'être catalyseurs détruisant l'ozone, sont aussi de puissants gaz à effet de serre.