Centrale de Val-Jalbert: les opposants tentent de faire stopper les travaux

La Fondation Rivières affirme que Québec n’a pas accordé toutes les autorisations nécessaires pour lancer le controversé projet de la centrale hydroélectrique de Val-Jalbert.
Photo: Source Jean-Yves Nadeau / Fondation Rivières La Fondation Rivières affirme que Québec n’a pas accordé toutes les autorisations nécessaires pour lancer le controversé projet de la centrale hydroélectrique de Val-Jalbert.

La Fondation Rivières a déposé lundi une nouvelle plainte au ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire (MAMROT) pour tenter de faire stopper les travaux de construction de la centrale hydroélectrique de Val-Jalbert.


L’organisme affirme que Québec n’a pas accordé toutes les autorisations nécessaires pour lancer le controversé projet. Le promoteur, la Société de l’énergie communautaire du Lac-Saint-Jean, ne respecterait donc pas les conditions du Programme d’achat d’électricité.


En fait, la Fondation Rivières a dit avoir constaté que le promoteur n’a toujours pas reçu certaines autorisations du ministère des Ressources naturelles et du ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs. Les deux ministères n’ont pas été en mesure, lundi, de donner de précisions à ce sujet au Devoir.


Le gouvernement Marois a approuvé par décret le projet de mini-centrale sur le site historique de Val-Jalbert en décembre dernier. Mais il manque encore plusieurs éléments au promoteur, qui a pourtant déjà commencé les travaux sur le site. « Même si un premier décret a été promulgué, le promoteur n’a que deux certificats d’autorisation sur les huit requis », fait valoir l’organisme dans sa plainte.


C’est la cinquième plainte envoyée au MAMROT depuis un an par la Fondation Rivières, qui dénonce la lenteur du ministère à répondre. « Aucune réponse n’a été obtenue sinon que le rapport devait être terminé depuis février dernier. De tels délais apparaissent inacceptables » selon les plaignants, qui rappellent que la législation prévoit des délais de l’ordre de 60 jours, moins d’avis contraire.


Des citoyens manifestent leur colère


Par ailleurs, des citoyens opposés au projet hydroélectrique, réunis au sein du Front de libération de la Ouiatchouan, se sont enfermés lundi matin dans une cabine du téléphérique situé sur le site historique. La Sûreté du Québec a brisé une vitre pour les déloger de là quelques heures plus tard. La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, a dénoncé l’action menée pour s’opposer au projet approuvé par le Parti québécois, malgré l’arrêt de tout le programme des mini-centrales.


La Coalition avenir Québec et Québec solidaire ont demandé le rejet du projet de Val-Jalbert. Les deux formations estiment qu’Hydro-Québec devra éponger des pertes de plus de 80 millions de dollars en 20 ans en raison de la réalisation du projet. L’électricité produite devrait être vendue à 8 ¢ le kilowattheure à la société d’État, sans compter les coûts de transport. Hydro-Québec vend son électricité aux États-Unis à un prix se situant entre 5 et 6 ¢ le kilowattheure.

3 commentaires
  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 9 avril 2013 14 h 05

    Explications demandées

    Madame Marois doit s'expliquer noir sur blanc pourquoi elle va de l'avant avec ce projet déficitaire avant même d'être né. Il en va de sa crédibilité.

  • Maxime Dion - Inscrit 9 avril 2013 14 h 41

    Approuvé par décret !

    <<Le gouvernement Marois a approuvé par décret le projet de mini-centrale sur le site historique de Val-Jalbert en décembre dernier>>

    On croit rêver...

    J.-J. Charest ! Sors de ce corps !

    Ah! Elle s'est bien moqué de nous, c'est le moins que l'on puisse dire.

  • Olivier Jalbert - Inscrit 9 avril 2013 20 h 48

    Destruction du patrimoine contre la volonté de la population

    Étant donné les conséquences graves et irréversibles de ce projet, on se serait attendu à ce que le Gouvernement adopte une approche prudente, qu’il soit à l’écoute des citoyens et s’assure de l’appui d’une majorité claire de la population avant d’aller de l'avant. Pourtant tous les sondages ont démontré qu’une majorité de citoyens de la région est opposée à ce projet. Selon le sondage Léger Marketing du 21 février dernier plus de 61% de la population de la région souhaite la suspension ou l’arrêt définitif des travaux. Cette majorité se retrouve tant parmi les autochtones que les non-autochtones.

    Bref, le Gouvernement est en train de détruire un joyau du patrimoine naturel du Québec contre la volonté d’une majorité des citoyens de la région concernée. Tout ça pour produire - à perte -16 megawatt d'électricité dont le Québec n'a nul besoin. Ça dépasse l'entendement!