«Il sera bientôt trop tard» pour sauver la planète, affirme Ban Ki-moon

La biodiversité souffre grandement de l’activité humaine. La désertification en est une des manifestations les plus évidentes. «Nous devons agir maintenant si nous voulons qu’en 2050, la planète soit vivable pour ses neuf milliards d’habitants», a laissé tomber le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, ce mercredi.
Photo: Jean-Frédéric Légaré-Tremblay – Le Devoir La biodiversité souffre grandement de l’activité humaine. La désertification en est une des manifestations les plus évidentes. «Nous devons agir maintenant si nous voulons qu’en 2050, la planète soit vivable pour ses neuf milliards d’habitants», a laissé tomber le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, ce mercredi.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, est catégorique: il sera «bientôt trop tard» pour sauver la santé environnementale de la planète si on ne met pas en place un «instrument contraignant» d’ici à 2015.

«Les paroles n’ont pas été suivies d’effets. Il sera bientôt trop tard. Nos modes de consommation sont incompatibles avec la santé de la planète. Notre empreinte écologique est démesurée», a laissé tomber Ban Ki-moon mercredi, devant un parterre de personnalités réunies à Monaco.

«Nous devons agir maintenant si nous voulons qu’en 2050, la planète soit vivable pour ses neuf milliards d’habitants», a-t-il ajouté. Sur 90 objectifs adoptés d’un commun accord par la communauté internationale dans le domaine environnemental ces 20 dernières années, seuls quatre affichent des progrès notables, a déploré le haut gradé onusien.

Il a d’ailleurs mis en exergue l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, l’amoindrissement de la biodiversité, la plus grande acidité des océans et la diminution des stocks de poissons.

Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement, tous les stocks de poissons des océans de la planète seront totalement épuisés avant 2050. Les données de l’ONU indiquent d’ailleurs que le secteur des pêcheries n’est tout simplement viable. Les captures ont quadruplé depuis 1950. Plus de 60 % des espèces marines sont exploitées au seuil de rupture et souvent au-delà.

 

Il est aussi vrai que la biodiversité souffre grandement de l’activité humaine. Une espèce de vertébré sur cinq est actuellement menacée. Les facteurs de survie des récifs coralliens ont diminué de 38 %, le déclin record en matière de biodiversité. Parce que l’agriculture accapare désormais 30 % de la surface terrestre, plusieurs des grands écosystèmes ont perdu jusqu’à 20 % de leurs aires naturelles depuis 1980.


«Il faut que la dynamique s’accélère. Nous devons développer ce que nous testons en éprouvette depuis 40 ans. Pour cela nous devons adopter des mesures d’incitation efficaces, et notamment mettre un prix sur les émissions de carbone», a fait valoir mercredi Ban Ki-moon.


«Nous devons aussi adopter, d’ici à 2015, un instrument universel et juridiquement contraignant relatif au climat, afin que tous les pays prennent des mesures supplémentaires pour réduire les effets des changements climatiques et s’y adapter», a préconisé le secrétaire général des Nations unies.


Le hic, c’est que la communauté internationale est encore loin d’une entente globale sur la lutte aux bouleversements climatiques. L’Union européenne est le seul bloc a s’être imposé des objectifs contraignants. Trois objectifs ont été fixés pour 2020 : réduire les émissions de CO2 de 20 % par rapport à leur niveau de 1990, porter à 20 % la part des renouvelables dans la consommation d’énergie et réaliser 20 % d’économies avec l’efficacité énergétique.


Le Canada a jeté le Protocole de Kyoto à la poubelle, tout comme le Japon et la Russie. Mais le maintien en vie du seul accord légalement contraignant, grâce à la participation de l’Europe et de l’Australie, doit au moins permettre d’éviter un vide avant l’entrée en vigueur d’un éventuel accord qui inclurait cette fois de gros émetteurs comme la Chine.


Les États-Unis s’en tiennent pour le moment à un objectif de réduction de 17 % par rapport à 2005. Le Canada, qui a reçu en décembre à Doha un sixième prix Fossile de l’année parce qu’il représenterait une nuisance pour les négociations en cours, a théoriquement le même objectif. Mais le gouvernement Harper n’entend pas s’engager davantage sans une implication de tous les gros pollueurs, dont la Chine.


Avec l’Agence France-Presse
12 commentaires
  • François Beaulé - Abonné 3 avril 2013 19 h 16

    Sauver la planète ou l'humanité?

    Il y a de la vie sur Terre depuis des milliards d'années. Les dinosaures sont disparus il y a 65 millions d'années. La disparition des dinosaures (et avec eux 75% des espèces) a favorisé l'évolution des mammifères jusqu'à l'homo sapiens moderne qui n'existe que depuis 100 000 ans. Et voilà que les hommes dans la modernité endommagent gravement la planète depuis un siècle environ. La destruction va en s'accélérant.

    Jamais auparavant les hommes n'ont été aussi nombreux. La modernité est un feu de paille qui menacent les générations futures. Mais la vie survivra à l'humanité. Et, qui sait, peut-être que d'autres formes de vie intelligentes surgiront après l'extinction des espèces provoquée par les hommes eux-mêmes.

  • Djosef Bouteu - Inscrit 3 avril 2013 19 h 58

    «Les États-Unis s’en tiennent pour le moment à un objectif de réduction de 17 % par rapport à 2005.»

    C'était pas 1990, l'année de référence? C'est sûr qu'à constamment changer l'année de référence pour camouffler la forte hausse des émissions de GES par rapport aux objectifs du protocole de Kyoto, on peut se péter les bretelles.

  • Richard Gendron - Inscrit 3 avril 2013 20 h 01

    La Chine

    La Chine est peut-être un "gros pollueur" en matière d'émissions de GES, mais il faut tenir compte du fait que c'est aussi le pays qui compte le plus grand nombre d'habitants ! En matière de lutte aux changements climatiques, depuis 1992, il est établi comme principe de base des discussions internationales qu'il faut tenir compte des émissions per capita : sur cette base, ce sont notamment le Canada et les États-Unis qui constituent les vrais gros pollueurs. Tant que ces deux pays ne prendront pas au sérieux leurs obligations (morales ou éthiques) de réduction des GES, il sera totalement hypocrite de leur part de parler des émissions de la Chine, et cela restera contre-productif au niveau des négociations internationales. Ceci dit, il est clair que Harper et sa clique n'ont aucune volonté de faire progresser ces négociations, tout comme une bonne partie du Congrès américain.

    • Éric Cyr - Inscrit 3 avril 2013 22 h 20

      La Chine est le sous-traitant de nos cochonneries consuméristes.

      La sur-consommation ici, les profits dans les coffres des grandes corporations capitalistes d'un côté,
      les semis-esclaves et la pollution en Chine, ainsi que l'odieux... Bel externalisation, quel doigté, what a deal!

  • Rémi Manso - Inscrit 4 avril 2013 03 h 25

    Vœux pieux ?

    Mettre en place des instruments contraignants d'ici à 2015 ? Qui peut raisonnablement croire que cela sera fait ?
    L'erreur fondamentale de l'humanité aura été de laisser son effectif gonfler de façon exponentielle : 7 milliards c'est déjà beaucoup trop, alors 9,3 milliards en 2050 et 10,1 milliards en 2100 (comme le prévoit l'ONU)...
    Il y aurait bien la possibilité de stopper cette inflation, de sauver ce qui peut encore l'être en stabilisant démocratiquement la population mondiale comme le préconisent certaines organisations écologistes, mais ces mesures seront-elles prises à temps ?

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 4 avril 2013 08 h 43

      «stabilisant démocratiquement la population mondiale»

      Alors, je vais me présenter aux élections mondiales pour préconiser l'abolition de la pauvreté en éliminant les pauvres, réduire les listes d'attente des hôpitaux en pratiquant l'euthanasie... Y t'il autre chose ? Ah, éliminer tous les emplois à temps partiel, couper le BS aux paresseux et au débilités jusqu'à ce qu'ils meurent de leur belle mort. Quoi ensuite ? Fermer les pays qui coûtent plus cher qu'ils ne produisent. D'autres idées ? Avez-vous d'autres suggestions ? Ah oui, une autre, empêcher ceux qui n'ont pas un degré suffisant de quotient mental de se reproduire. Ça devrait être suffisant pour être heureux entre nous ! Mais est-il trop tard déjà, là est la question.

  • Francois Parent - Inscrit 4 avril 2013 07 h 18

    Humain trop stupide pour assurer sa survie

    Nous connaissons les danger de la cigarette et certains continues à fumer. N'allez pas leur dire que la planet est menacé ils ne possède pas suffisemment de gros bon sens et d'intelligence pour le comprendre. Selon l' histoire humaine rien ne pourra arrêter ce massacre et une guerre mondiale est imminente.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 4 avril 2013 08 h 50

      Empêcher les gens de fumer est contre productif si on cherche à ce qu'il y aie moins de monde sur la planète... et empêcher une guerre mondiale à cause de la surpopulation. Faudrait p't'être adopter une ligne de penser et s'y tenir !

    • Maxime St-Jacques - Inscrit 4 avril 2013 14 h 01

      La cigarette n'est pas la seule chose que nous consommons sur notre planète. Elle n'est pas à la source de la pollution, au contraire, elle pourrait être un bon allergène employé à cet effet, sans toutefois en être la solution.

      Mais la cigarette agit souvent, pour les fumeurs cependant, comme agent réducteur de stress. Et voilà le problème de notre planète: le stress, la vitesse, le traffic, la pollution. merci

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 5 avril 2013 08 h 22

      Alors, je vais continuer à fumer car le stress... des fois y est au bord de mes lèvres ! Et je ne fume que chez-moi, donc, je ne vous empeste pas. Merci.