Une carrière de granit au nord de Val-David?

Un regroupement de citoyens presse Québec de stopper un projet de carrière de granit déjà autorisé et qui devrait être en exploitation pendant une décennie dans un secteur récréotouristique réputé des Laurentides.

Le promoteur du projet espère extraire plusieurs milliers, voire dizaines de milliers de tonnes de granit chaque année d’un terrain public situé dans la municipalité de Sainte-Lucie-des-Laurentides, au nord de Val-David. Des opérations de dynamitage seront nécessaires chaque année afin de dégager la pierre concassée, qui sera ensuite transportée par camions et vendue pour la construction de routes.


Québec, qui doit recevoir des redevances 26 ¢ pour chaque tonne métrique exploitée, a accordé toutes les autorisations nécessaires il y a quelques jours. Le projet doit d’ailleurs en théorie démarrer au printemps, a indiqué au Devoir le signataire du bail d’exploitation, Denis Brazeau. La production maximale autorisée annuellement est de 100 000 tonnes.


L’opposition s’organise


Mais un regroupement de citoyens de la région s’organise pour lutter contre cette carrière qui devrait laisser une empreinte importante dans le paysage de la région. Un porte-parole de la Coalition large anti-carrière, Sébastien Dhavernas, a expliqué mardi que le granit sera exploité à peine à 400 mètres des résidences les plus près. Impossible, dans ce cas, que les résidents du secteur ne soient pas dérangés par les opérations de dynamitage. Sans compter les impacts du transport routier lourd occasionné par l’exploitation.


M. Dhavernas se dit d’autant plus consterné que le site de la future carrière avait été identifié pour l’implantation d’un sentier écologique. En fait, explique-t-il, « toute la région est tournée vers un développement touristique soucieux de la préservation de l’environnement ». Une mission totalement incompatible avec une exploitation de granit, selon lui. La Ville de Sainte-Agathe-des-Monts, mais aussi celle de Sainte-Lucie-des-Laurentides et celle de Val-David, s’oppose d’ailleurs au projet. Mais même si une municipalité adopte une résolution pour tenter de bloquer un tel projet, celle-ci n’a aucun poids légal en vertu de la Loi sur les mines.


Les opposants, qui viennent d’apprendre l’existence de ce projet, devaient se rendre mardi soir au conseil municipal de Sainte-Lucie-des-Laurentides. Selon eux, le maire Ghislain Schoeb sait depuis deux ans que ce projet est en développement. Ce dernier n’a pas rappelé Le Devoir mardi.


Le promoteur se veut toutefois rassurant. Selon lui, le bruit du dynamitage, prévu sur une très courte période de l’année, ne devrait pas incommoder les résidents. Il se dit également prêt à organiser des rencontres avec les citoyens pour expliquer son projet.


Le cabinet de la ministre Martine Ouellet n’a pas rappelé Le Devoir pour dire si Québec entendait se pencher sur cette situation. Le député péquiste de la région, Claude Cousineau, n’a pas non plus rendu nos appels.

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