Keystone XL franchit un obstacle

Le président américain Barack Obama a rejeté la demande initiale de permis de TransCanada l’an dernier, à cause de préoccupations sur l’itinéraire de l’oléoduc, qui aurait traversé un réservoir aquifère au Nebraska.
Photo: Charles Dharapak - Associated Press Le président américain Barack Obama a rejeté la demande initiale de permis de TransCanada l’an dernier, à cause de préoccupations sur l’itinéraire de l’oléoduc, qui aurait traversé un réservoir aquifère au Nebraska.

Washington — L’oléoduc Keystone XL de TransCanada n’aura pas d’impact majeur sur le développement des sables bitumineux en Alberta, a affirmé le département d’État américain vendredi, un verdict crucial qui pourrait rendre plus facile l’approbation du controversé projet par la Maison-Blanche.

Il est peu probable que l’oléoduc affecte de façon significative la cadence du développement des sables bitumineux ou la demande de pétrole brut lourd aux États-Unis, a déclaré un responsable du département d’État aux médias vendredi, quelques minutes après la publication d’une ébauche du rapport, document fort attendu des deux côtés de la frontière.


Le Canada développera ses sables bitumineux « avec ou sans le projet proposé », selon l’analyse du département d’État.


Le ministre des Ressources naturelles du Canada, Joe Oliver, n’a pas commenté le rapport, précisant que le gouvernement le révisait.


Le pipeline - un projet de 7 milliards de dollars qui transporterait le bitume de l’Alberta à travers six États américains jusqu’aux raffineries du golfe du Mexique - ne semble pas non plus poser de plus grands risques à l’environnement que d’autres moyens de transport, a indiqué Kerri-Ann Jones, secrétaire adjointe au département.


Le président américain Barack Obama a rejeté la demande initiale de permis de TransCanada l’an dernier, à cause de préoccupations sur l’itinéraire de l’oléoduc, qui aurait traversé un réservoir aquifère au Nebraska. Il a invité l’entreprise de Calgary à soumettre une nouvelle demande avec un itinéraire différent, ce que TransCanada a fait l’automne dernier. Le département d’État a maintenant donné son aval à ce nouvel itinéraire, malgré des allégations d’environnementalistes selon lesquelles les risques pour la région des Sand Hills de cet État demeurent importants.


Le long document rendu public vendredi indique que même si le nouveau parcours de l’oléoduc est moins long de 815 kilomètres par rapport au tracé initial, le nouveau trajet serait prolongé d’environ 34 km au Nebraska pour éviter de passer par des lieux à l’environnement délicat, dont la région des Sand Hills. Avec ces conclusions, TransCanada vient de surmonter un obstacle majeur dans ses démarches pour obtenir l’approbation rapide du gouvernement Obama.

 

Des doutes


Par contre, le rapport ne contient pas que des bonnes nouvelles pour l’entreprise albertaine. Le document soulève des doutes sur l’argument le plus fort en faveur de l’oléoduc : qu’il aiderait les États-Unis à combler ses besoins énergétiques.


L’analyse du département d’État soutient plutôt que la croissance du transport ferroviaire de pétrole de l’Ouest canadien et des Grandes Plaines américaines pourrait fournir amplement d’énergie aux États-Unis au cours de la prochaine décennie, que le pipeline soit construit ou non. Elle donne aussi une estimation beaucoup plus modérée du nombre d’emplois qui seraient créés par Keystone XL.


Le département d’État américain tiendra maintenant des audiences publiques pendant 45 jours sur les conclusions de cette ébauche. Pour cette raison, le rapport ne devrait pas être perçu comme étant le dernier mot du département d’État sur Keystone XL.


Ces commentaires n’ont pas rassuré les environnementalistes qui s’opposent depuis des années au projet, symbole pour eux du « pétrole sale ». Ils soutiennent que l’oléoduc comporte des risques importants pour les communautés, ainsi que pour la faune et la flore se trouvant sur son trajet.

1 commentaire
  • Gaston Carmichael - Inscrit 2 mars 2013 12 h 58

    Il ne faut pas se leurrer...

    ... Il n'est pas question de décider si on construira cet oléoduc, ou non. En fait, la construction est déjà en cours pour la section sud:

    http://www.theglobeandmail.com/news/world/amid-pip

    Pour la section nord, le débat ne porte que sur le tracé qu'il devra prendre. Il n'est aucunement question de remettre en question la construction elle-même,

    La façon dont cet article présente la chose porte vraiment à confusion.