L’ouverture au pétrole du PQ déçoit les environnementalistes

La première ministre du Québec, Pauline Marois, et son homologue du Nouveau-Brunswick, David Alward, lundi, à Montréal. Ils ont convenu de mettre sur pied un groupe de travail pour étudier un projet d’oléoduc qui transporterait du pétrole des sables bitumineux albertains.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La première ministre du Québec, Pauline Marois, et son homologue du Nouveau-Brunswick, David Alward, lundi, à Montréal. Ils ont convenu de mettre sur pied un groupe de travail pour étudier un projet d’oléoduc qui transporterait du pétrole des sables bitumineux albertains.

Le mouvement environnemental québécois n’a pas manqué de signifier sa déception de voir le gouvernement Marois faire preuve d’une ouverture certaine à un deuxième projet de transport de pétrole des sables bitumineux vers le Québec. Surtout que, cette fois, il s’agit uniquement d’utiliser le sol québécois pour faire transiter des centaines de milliers de barils d’or noir vers le Nouveau-Brunswick.

Le coordonnateur d’Équiterre, Steven Guilbault, est d’autant plus surpris que Pauline Marois avait promis de réduire la place du pétrole dans le portefeuille énergétique du Québec au cours de la dernière campagne électorale. « Elle est venue nous rencontrer et elle nous a dit qu’elle souhaitait mettre en place une stratégie de réduction de la dépendance au pétrole. On visait 30 % d’ici 2020 et 60 % d’ici 2030. Le Parti québécois a aussi annoncé un objectif ambitieux de réduction des gaz à effet de serre. »


« Depuis qu’ils sont au pouvoir, a-t-il ajouté en entrevue au Devoir, on n’a pas eu vent de quoi que ce soit par rapport à ça, mais on a eu droit à la formation d’un groupe de travail avec l’Alberta sur l’arrivée ici des sables bitumineux dont on ne sait rien. Qui siège à ce comité ? Quels sont les sujets étudiés ? Est-ce que le rapport sera rendu public ? »


La formation d’un deuxième groupe de travail a été annoncée lundi, cette fois pour discuter d’un ambitieux projet d’oléoduc qui rejoindrait le Nouveau-Brunswick. Et le gouvernement a clairement fait savoir qu’il était ouvert à l’exploitation pétrolière en Gaspésie, mais aussi sur l’île d’Anticosti. « Je suis sidéré, a laissé tomber mardi M. Guilbault. C’est complètement le contraire de ce qu’on nous avait promis. C’est décevant. En plus, dans le cas des sables bitumineux, on parle d’une des formes d’hydrocarbure qui émettent le plus de gaz à effet de serre. »


Tant Équiterre que Greenpeace réclament la tenue d’une audience générique du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement sur l’arrivée des sables bitumineux au Québec. « La saga des gaz de schiste a démontré hors de tout doute que, pour prendre des décisions éclairées, il importe de tenir des débats de société qui sont alimentés par l’intelligence citoyenne et celle des groupes environnementaux et non pas seulement par l’industrie », a d’ailleurs fait valoir Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie de Greenpeace


Questionné mardi au sujet de la forme que pourrait prendre une évaluation environnementale des projets d’oléoduc, le ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs n’a pas donné de précisions.

 

Avec la collaboration de Jessica Nadeau

27 commentaires
  • Éric Cyr - Inscrit 20 février 2013 05 h 59

    Madame Monsieur

    Ouellet et Breton, vous savez ce qui vous reste à faire dans ce parti lèche-bottes des hydrocarburiens destructeurs du climat.
    Je voterai les yeux fermés pour un parti qui mettra au premier plan le virage vert et aura le courage de tourner le dos aux lobbies et menaces des grands pollueurs corporatifs.
    L'indépendance énergétique nationale et individuelle.

    Par exemples: Encourager La voiture électrique performante comme la Tesla S, le moteur-roue, décourager par une taxe malus-bonus les véhicules les plus polluants.
    Les transports en commun électriques, autobus à supers-condensateurs, monorail Trens-Québec. Corvée de tuiles solaires minces pour les toitures Québécoises, ainsi que les mini-éoliennes familiales silencieuses. Crédits à l'achat de piles de stockage. etc.

    Les grands barrages, c'est excellent, les centrales nucléaires c'est dangereux et imbécile.

    C'est tellement simple de séparer les énergies renouvelables et propres des énergies sales et limitées: d'un côté, tout ce qui est payant pour les grands cartels énergétiques (charbon pétrole gaz nucléaire bio carburants hydrogène) et qui peut nous garder captif, et de l'autre côté, tout ce qui nous donnerait de l'énergie gratuite, pas capturable par les rapaces capitalistes et infiniment renouvelable (soleil eau vent).

    • Patrick Boulanger - Abonné 20 février 2013 13 h 10

      « Je voterai les yeux fermés pour un parti qui mettra au premier plan le virage vert et aura le courage de tourner le dos aux lobbies et menaces des grands pollueurs corporatifs. (M. Cyr) »

      Je ne sais pas jusqu'à quel point QS est vert, mais selon un article du Devoir (« Le PQ et QS sont plus verts que le Parti vert »), QS est le parti politique le plus vert (comparativement à la CAQ, au PLQ, au PQ, à ON et au PV) selon six importants groupes écologistes du Québec.

    • Pierre Couture - Inscrit 21 février 2013 07 h 10

      Je ne sais pas comment M. Cyr peut classer les éoliennes parmi les sources d'énergie « verte ».

      Celles-ci ne contribuent en rien à réduire les gaz à effet de serre (au contraire, ellles les augmengtent), elles n'ont aucune fiabilité, elles sont ruineuses sur les plans économique et écologique.

      Il faudrait, une bonne fois pour toutes, faire une croix sur cette filière désuète, sans avenir et qui usurpe la dénomination « verte ».

    • Éric Cyr - Inscrit 21 février 2013 08 h 09

      M. Couture, Dites-moi comment le vent qui fait tourner une éolienne et l'électricité qui en résulte est polluante. Ne servira-t-elle pas au contraire à réduire l'usage des sales hydrocarbures? Pendant des décennies, voire un siècle, une éolienne met instantanément à notre disposition de l'énergie gratuite, propre et éternellement renouvelable qui, couplée à des batteries de stockages dans notre sous-sol, nous mettra même à l'abri des pannes électriques du réseau central.

    • Éric Cyr - Inscrit 21 février 2013 09 h 21

      Pourquoi dites vous M.Couture qu' elles n'ont aucune fiabilité. Il y en a des milliers qui servent encore, dont peut-être celle que votre arrière grand-père avait acheté pour pomper son eau.
      http://tinyurl.com/ac4skqn
      Il y a des moulins à vent construits au moyen âge qui continuent à faire leur travail de nos jours... Une dynamo remplace la meule ou la scie, et voilà! une génératrice d'électricité propre gratuite et indépendante à peu de frais.

      Je les souhaiterais mini et familiales, silencieuses et résistantes, avec des pales inspirées des nageoires de baleines. Des éoliennes à bosses! http://tinyurl.com/bagyfrr

      Ou encore plus discrètes, judicieusement mariées avec le pignon des toitures, où il y a toujours un vortex. http://tinyurl.com/bhrbq6p

      Quelques batteries de stockage extra-longue durée (50 ans) genre Nickel-Fer et bye bye sales hydrocarbures!

      Ce ne sont pas les technologies qui manquent, c'est la volonté des grands industriels qui censure ces technologies.

  • Éric Cyr - Inscrit 20 février 2013 06 h 08

    Pourquoi ce choix?

    Je ne vois que deux explications pour avoir choisi de poursuivre le projet de Val Jalbert et pas les autres sites.
    Un retour d'ascenseur à des contracteurs plus ou moins honnête, ou bien susciter encore plus de grogne contre les ouvrages hydro-électriques, ce qui fait bien l'affaire des pétrolières qui nous ont fait haïr les grands barrages et les éoliennes...

  • Benoît Landry - Inscrit 20 février 2013 06 h 14

    Le PQ a clignoté à gauche...

    et il a viré à droite.

    Nous étions nombreux à prédire ce comportement lors de la dernière campagne, mais les gens étaient écoeurés des libéraux et voulaient un changement. Les purs et durs doivent être encore contents, mais les autres ont été bernés.


    Vivement qu'on change ce mode électoral..... c'est vrai le PQ promettait depuis 70 de changer ce mode électoral, mais il a enlevé cet élément progressif de leur programme, maintenant ils sont plutôt "conservateurs " sur cette question

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 20 février 2013 07 h 42

    Juste de même

    Une idée comme ça : Le nouveau pont Champlain avec seulement des trottoirs sur toute la largeur. Et pour traverser, tu payes avec un plan d'arbre qui sera planté dans la ville. Et quand celle-ci sera retournée à la forêt, on la remet aux Iroquois. Pis après, on retraverse l'Atlantique dans l'autre sens en bateau à voile en s'excusant du dérangement ! C'est t'y assez écolo ça ?

    • Benoît Landry - Inscrit 20 février 2013 11 h 19

      Non ce n'est pas écolo.... c'est de l'ignorance de ce qu'est l'écologie.

      Pour votre gouverne l'écologie c'est vivre en harmonie avec son environnement, en évitant les actions que l'on sait qu'ils sont néfastes pour l'environnement et surtout en évitant de laisser des déchets que les générations futures devront gérer. Ce n'est donc pas un retour en arrière.


      Finalement c'est comme en économie, on ne veut pas hypothéquer le futur de nos enfants avec des dettes en épuisant tout notre capital, ne le faisons pas non plus avec nos déchets qui sont des dettes environnementales et nos ressources naturelles qui sont notre capital collectif.

      En économie il est possible théoriquement de faire faillite et de recommenrcer sous un autre nom, avec la planète Terre non, on est obligé de vivre avec nos déficits, la faillite est impossible

    • Dominic Lamontagne - Inscrit 20 février 2013 12 h 43

      J'adore votre idée...

  • Jean Richard - Abonné 20 février 2013 08 h 53

    Politique ou environnement

    Déçus ou satisfaits les Équiterre, Greenpeace et autres lobbies environnementalistes ? On commence à s'en soucier de moins en moins. Ces organismes flirtent de plus en plus avec la politique et de moins en moins avec la science. Ça rend méfiant.

    Quand on se frotte de trop près à la politique (lire la petite politique), on risque de perdre rapidement sa virginité, sa crédibilité. La cote de crédibilité des environnementalistes a fait un grand plongeon ces dernières années et il faut en chercher la cause à l'intérieur même du mouvement. La partisanerie s'y est installée, soulevant la méfiance populaire.

    C'est triste à dire mais la culture scientifique des Québécois ne se porte pas très bien. Les piètres connaissances et la faiblesse de l'esprit critique rendent les gens très vulnérables en entretenant une forme de naïveté qui les rend susceptibles d'avaler n'importe quoi, que ça vienne des politiciens ou des environnementalistes. Manipuler l'opinion publique, c'est le sport préféré de plusieurs politiciens depuis belle lurette, et hélas, c'est devenu celui de certains groupes environnementalistes. On ne nie pas l'intelligence citoyenne mais quand elle a été manipulée, on peut se poser des questions.

    Bref, que les environnementalistes se tournent un peu pluls vers la science et un peu moins vers la partisanerie politique. Qu'ils s'orientent un peu plus vers l'information et un peu moins vers la médiatisation raccoleuse. Leur crédibilité en dépend.

    • Johanne Dion - Inscrit 20 février 2013 10 h 47

      @ Jean, je vous conseille d'aller voir qui finance Équiterre, et ensuite Greenpeace: vous verrez que vous n'avez pas affaire au même genre de monde! Ne mettez pas tous les groupes environnementaux dans le même panier S.V.P.!

    • Éric Cyr - Inscrit 20 février 2013 11 h 25

      @Jean Richard
      Quand vous dites "la culture scientifique des Québécois ne se porte pas très bien", je trouve ça insultant. S'il y a manque d'information, regardez plutôt vers la censure des grandes compagnies qui ont tout intérêts à ce qu'on ne connaissent pas à fond l'étendue réelle des dommages qu'ils font subir à notre éco-sphère et à notre santé.

      Les hydrocarburiens ont 10 000 fois plus de moyens financiers et médiatiques pour tenter de manipuler l'opinion publique et faire de la propagande. De faux commentateurs d'articles par exemple...

      Les environnementalistes sont la seule voix que les citoyens ont pour se faire entendre et faire entendre raison aux grands pollueurs, massacreurs du climat.
      Mère nature a besoin d'être protégée contre ses enfants devenus trop cupides.

      Comme dit Elon Musk(fondateur de PayPal, des fusées SpaceX et de la voiture électrique Tesla S) : l'expérience qui vise à savoir combien on peut déverser de CO² avant que la Terre cuise a assez duré, n'est pas une bonne idée, nous n'en avons qu'une seule planète.