Gaz de schiste: une exploitation trop risquée en zone habitée, dit Ouellet

Une évaluation environnementale stratégique de l’industrie du gaz de schiste lancée par le gouvernement précédent est en cours.
Photo: Yan Doublet - Le Devoir Une évaluation environnementale stratégique de l’industrie du gaz de schiste lancée par le gouvernement précédent est en cours.

Même si Québec n’a pas encore officiellement décidé si le controversé gaz de schiste qui se trouverait dans la vallée du Saint-Laurent pourra un jour être exploité, la ministre des Ressources naturelles vient de nouveau de manifester son hostilité à l’égard de cette industrie.

En entrevue à l’émission Tout le monde en parle, diffusée dimanche soir, la ministre péquiste a souligné que l’exploitation de cette forme d’énergie fossile n’était tout simplement pas possible dans la seule région du Québec qui présenterait un potentiel commercial. « Je crois que dans les zones habitées comme la vallée du Saint-Laurent, les risques sont beaucoup trop grands », a-t-elle laissé tomber.

 

Elle a ajouté que les risques environnementaux « sont beaucoup trop élevés » lorsque des puits de gaz sont forés sur un territoire où on retrouve des puits artésiens.

 

Non rentable

 

Mme Ouellet a aussi fait valoir qu’il existe de sérieux doutes quant à la capacité de vérifier les impacts des opérations de fracturation hydraulique sur le sous-sol. Selon elle, il n’est pas possible de vérifier l’étendue des fracturations provoquées pour extraire le gaz emprisonné dans la roche.

 

La ministre des Ressources naturelles a par ailleurs soutenu que l’industrie du gaz de schiste ne serait pas « rentable » au Québec, en raison de la baisse marquée des prix du gaz provoquée par la production croissante des États-Unis. Il n’a pas été possible de discuter avec Martine Ouellet lundi pour obtenir des précisions. Son attaché politique a toutefois répondu que la sortie de la ministre au sujet du gaz de schiste diffusée dimanche soir avait été « on ne peut plus claire ».

 

Ce n’est pas la première fois que la ministre fait des déclarations hostiles à l’industrie du gaz de schiste. Au moment de nomination, elle avait dit ne pas voir « le jour où il y aura des technologies qui permettront une exploitation sécuritaire ». Une affirmation qui avait soulevé la colère du président de l’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ), Lucien Bouchard. Ce dernier avait accusé le gouvernement Marois de vouloir imposer un « interdit inconditionnel et a priori ».

 

Le ton a par la suite été plus courtois. La ministre s’est même adressée en octobre aux membres de l’APGQ, notamment pour les rassurer en insistant sur le préjugé favorable du gouvernement péquiste envers l’exploitation pétrolière. Quelques minutes après son allocution, elle avait tout de même réitéré ses craintes devant les journalistes. « Je suis allée en Pennsylvanie. Je suis allée constater sur le terrain les impacts de l’exploitation de cette industrie, avait-elle souligné. Avec les technologies qui sont disponibles actuellement, j’ai pu constater les impacts sur le terrain. Je crois que, dans la vallée du Saint-Laurent, qui est un territoire habité où il y a du développement économique relié à l’agriculture et au tourisme, c’est une industrie qui est à plus haut risque. »

 

Un rapport attendu

 

Le ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, Yves-François Blanchet, a lui aussi été très critique de l’industrie gazière. « Rien ne milite présentement pour le gaz de shale, pas même l’économie », a-t-il soutenu dans un commentaire publié au début janvier sur le réseau Twitter.

 

L’APGQ n’a pas rappelé Le Devoir lundi.

 

Une évaluation environnementale stratégique de l’industrie du gaz de schiste lancée par les libéraux est en cours. Le comité qui la dirige doit remettre son rapport au gouvernement à l’automne 2013.

À voir en vidéo