La Virginie tourne le dos à l’uranium

Des groupes environnementaux pressent le gouvernement de Pauline Marois de suivre l’exemple de l’État de la Virginie en tournant le dos à l’exploitation des mines d’uranium sur son territoire.

Un projet de loi visant à lever l’interdiction sur l’exploitation des mines d’uranium a été retiré jeudi juste avant qu’il soit soumis à un vote à une commission du Sénat de l’État où il se dirigeait vers une mort certaine. Il est « très frustrant pour moi de constater que je n’ai pas réussi à convaincre certains de mes collègues que [l’exploitation de mines d’uranium] peut être réalisée en toute sécurité et économiquement, ici, en Virginie », a affirmé le sénateur républicain John C. Watkins, appuyé par une société minière qui convoitait un gisement d’uranium évalué à sept milliards de dollars dans le sud de l’État.

« Après plus de trois ans d’analyses scientifiques et de débats publics, et malgré les pressions de l’industrie minière, la Virginie a pris une sage décision », s’est réjoui le porte-parole de la Coalition Québec meilleure mine, Ugo Lapointe. « C’est le temps que Québec décrète aussi un moratoire sur les mines d’uranium », a-t-il lancé.

Après vérification des meilleures pratiques appliquées dans le monde — le Canada inclus —, il n’existe encore aucune méthode éprouvée à long terme pour assurer la sécurisation des grandes quantités de résidus miniers, contenant jusqu’à 85 % de la radioactivité originale des gisements exploités, laissés derrière par l’industrie, relève l’Académie des sciences des États-Unis dans un volumineux rapport publié en décembre 2011.

« Cela serait également une suite logique à l’abandon du nucléaire au Québec pour privilégier d’autres sources d’énergie à moindres risques et à moindres impacts », a indiqué le porte-parole de Nature Québec, Christian Simard.

Un BAPE

Le gouvernement péquiste doit épouser les principales recommandations de l’Académie des sciences des États-Unis ou, s’il s’y refuse, lancer un BAPE générique sur les mines d’uranium, font valoir Québec meilleure mine et Nature Québec.

Cette nouvelle requête intervient au moment où la société uranifère Ressources Strateco inc. tente de forcer par le biais de la Cour supérieure le ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs à cesser de tergiverser dans le projet Matoush, situé « à la tête des eaux du lac Mistassini, le plus grand lac d’eau douce au Québec ». S’opposant fermement à ce projet, les Cris demandent également un temps d’arrêt sur les projets miniers d’uranium au Québec.
1 commentaire
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 2 février 2013 11 h 16

    Le pouvoir au peuple S.V.P.

    Si les rédidus miniers contiennent 85% de la radioactivité originelle, c'est tout de même 15% de moins qu'à l'origine, non ?

    La différence, c'est que la radioactivité originelle est enfouie alors que les résidus sont dans des monticules au niveau du sol. Il suffit d'obliger l'industrie à enfouir ses déchets pour qu'il n'y ait plus de problème.

    Ceci étant dit, c'est aux communautés locales de décider s'il y aura exploitation minière ou non. Comme la ville de Gaspé qui ordonne à Pétrolia d'aller explorer ailleurs.

    De la même manière, ce sont aux personnes affectées directement par l'exploitation de l'unanium de décider de son sort. Pas aux habitants de Montréal ou de Québec, ni aux intellectuels bien intentionnés. Tout au plus, ces derniers peuvent prévenir les populations locales des dangers qu'ils courrent afin de leur permettre de prendre une décision éclairée.

    Le pouvoir au peuple S.V.P.

    Jean-Pierre Martel, blogueur