Météo - Une vague de froid causée par… un réchauffement

La vague de froid actuelle devrait durer pratiquement jusqu’à la mi-février.
Photo: La Presse canadienne (photo) Sean Kilpatrick La vague de froid actuelle devrait durer pratiquement jusqu’à la mi-février.

Un réchauffement soudain de la stratosphère au-dessus de l’Arctique cause les températures glaciales qui sévissent au-dessus d’une bonne partie de l’Amérique du Nord, incluant le Québec.

La bonne nouvelle, c’est que le fait d’avoir identifié cette cause a permis de prévoir cette vague de froid dès le début de janvier. La mauvaise nouvelle, c’est qu’elle va durer… Pratiquement jusqu’à la mi-février.


Coïncidence, une étude parue le 13 janvier dans Nature Geoscience portait justement sur ce phénomène, appelé « réchauffement stratosphérique soudain ». Il arrive que, pendant l’hiver, au-dessus de l’Arctique, très haut dans l’atmosphère - cette région appelée la stratosphère -, la température grimpe jusqu’à 50 Celsius en quelques jours. Cela provoque un effet domino qui permet de prévoir avec une certaine assurance que, un certain temps après, une partie de l’hémisphère Nord sera affectée par un froid intense, d’une durée de quelques semaines.


C’est ce qui se passe en ce moment sur une large portion de l’Amérique du Nord, des plaines de l’Ouest jusqu’à l’Atlantique, ainsi qu’en Grande-Bretagne. Au Québec, si on a l’habitude des moins 25 ou moins 30 Celsius, ceux-ci n’en sont pas moins, en général, des extrêmes qui ne font que passer - alors que cette fois, ils sont installés pour la semaine, et pourraient revenir en février.


L’événement stratosphérique soudain qui nous occupe a commencé le 6 janvier, mais ses effets sur la terre ferme, selon l’étude dans Nature Geoscience, se font sentir avec deux bonnes semaines de décalage - la météo des derniers jours tend à donner raison à ces chercheurs. En plus des grands froids, il semble aussi qu’il faille compter sur davantage de neige pendant les hivers concernés.


Il ne faut pas chercher a priori de liens avec le réchauffement climatique : un tel réchauffement dans la stratosphère au-dessus de l’Arctique se produirait en moyenne un hiver sur deux, selon les données dont disposent les climatologues sur les régions polaires. Toutefois, déjà l’an dernier à pareille date, des scientifiques émettaient comme hypothèse que la diminution rapide de la couverture de glace dans l’Arctique allait inévitablement perturber les courants atmosphériques. Un chercheur du MIT, Judah Cohen, avait quant à lui affirmé en 2009 qu’on pouvait lier la fréquence accrue de ces événements avec une hausse des chutes de neige en Europe et en Asie. Jusqu’ici, ce lien reste à démontrer.

11 commentaires
  • Miguel Tremblay - Abonné 23 janvier 2013 08 h 18

    Facteur vent

    Le vent ne fait pas descendre le mercure, contrairement à ce qui est affirmé dans l'encadré (« Le facteur éolien pourrait faire descendre le mercure sous les moins 38 »).

    Le facteur éolien n''est qu'une quantification arbitraire de sensation, ne l'oublions pas.

    Pour plus d'information:
    http://ptaff.ca/humidex/

    • Jean Papillon - Abonné 23 janvier 2013 09 h 38

      Bravo monsieur Tremblay pour vos efforts de vulgarisation.
      Pour ma part, j'en ai surtout contre ces raccourcis auxquels invitent ces facteurs. Ces manques de rigueur qui, comme dans l'encadré, font dire des faussetés.

    • Benoît Landry - Inscrit 24 janvier 2013 07 h 57

      M Tremblay, ce bout de phrase que vous relevez est dans le résumé de présentation de l'article. Je crois que ce genre de résumé n'est pas préparé par les auteurs de l'article qui n'aurait sûrement pas fait ce genre d'erreur

  • Christian Le Corre - Inscrit 23 janvier 2013 09 h 58

    Réponse "Facteur vent"

    Pas tout à fait, tout motard sait par expérience que la température chute (en gros) de 1°C par 10 Km/h, je parle bien entendu de la température à la surface de la peau, pour un individu se déplaçant dans l'air avec un vent nul.
    Qu'un individu se déplace à une vitesse de 10 Km/h par vent nul ou qu'il reste sur place par un vent de 10 Km/h, le résultat (à la surface de sa peau) est le même ...

    • Louis Trottier - Abonné 23 janvier 2013 12 h 58

      Donc, selon votre théorie, si je me déplace à une vitesse 100km\h par une température de +5°C avec un tissu imbibé d'eau flottant dans l'air, celui-ci devrait prendre en glace puisque la température à la surface du drapeau serait de -5°C... Le facteur éolien est lié aux sensations de froid seulement, pas à la température.

    • Éric Cyr - Inscrit 24 janvier 2013 01 h 30


      C'est la peau qui percoit le refroidissement de par le fait que l'air réchauffée habituellement tout juste au dessus de la peau est chassée. La vraie température de l'air elle ne change pas. C'est pourquoi de poil la laine ou du polar qui accumulent notre chaleur dans leurs alvéoles sont plus chaud pour nous.

      J'avais demandé à mon concessionnaire où ils mettaient le thermomètre dans mon auto pour avoir la température exacte sans vent. Réponse(après quelques démarches), ça n'a pas d'importance, c'est la peau qui percoit des changements de températures, pas la matière inanimée.

      La moindre brise chasse l'air froid immédiatement au dessus de la peau, comme un ventilo l'été.

  • Claude Jourdain - Inscrit 23 janvier 2013 11 h 46

    Bon titre ou bon article ?

    Le titre affirme que le froid est relié au réchauffement et le dernier paragraphe dit le contraire ? Que croire?

    • Maxime Demers - Inscrit 23 janvier 2013 14 h 43

      C'est faux, le titre affirme que le froid est relié à UN réchauffement dans l'Arctique et non causé par LE réchauffement climatique, il y a une différence, c'est bien précisé dans le dernier paragraphe...

    • Éric Cyr - Inscrit 24 janvier 2013 01 h 32

      Le réchauffement perturbe les courants arctiques et les variations extrêmes sont de plus en plus fréquentes, comme de les vapeurs à la surface d'un chaudron d'eau qui se réchauffe et va bouillir.

  • René Lesage - Abonné 24 janvier 2013 09 h 00

    Vos sources ?

    Les sources de cette vulgarisation scientifique ne sont pas complètes. Il est vrai qu'un article paru dans Nature Geoscience le 13 janvier 2013 parle d'un lien entre un réchauffement soudain de la stratosphère au dessus de l'arctique et l'augmentation de la prévisibilité météorologique; sauf que l'article a été soumis en juillet 2012 et accepté en novembre dernier. Les auteurs ne peuvent donc pas mentionner des évènements météorologique de janvier 2013 comme l'article le suggère. L'agence Science-Presse a amalgamé de l'information provenant d'au moins deux sources dont l'une demeure inconnue.

  • André Lefebvre - Inscrit 25 janvier 2013 09 h 37

    Là où il fait chaud.

    La stratosphère est à 50 degrés celsius et au niveau du col, à -40 degrés. Ce qui explique pourquoi le Gouvernement veut absolument acheter des F-35.

    Quoi de plus clair!

    André Lefebvre