Gaspé interdit les forages pétroliers

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	André Proulx, président de Pétrolia</div>
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir
André Proulx, président de Pétrolia

Exaspérée par l’inaction de Québec, la Ville de Gaspé a décidé de voter un règlement interdisant de facto tout forage pétrolier sur son territoire. Une première au Québec qui intervient au moment même où l’entreprise Pétrolia entendait entreprendre un nouveau forage en plein coeur du territoire de la municipalité.

« On se sentait laissés à nous-mêmes pour protéger notre eau potable et on a dû prendre nos responsabilités », a laissé tomber lundi le maire de Gaspé, François Roussy. La Ville dit en effet avoir décidé d’adopter une mesure qui bloque tout forage de la part des pétrolières sur son territoire afin de « protéger les sources d’eau potable à l’intérieur de ses limites territoriales ».


En vertu du nouveau règlement, il est interdit d’introduire dans le sol, « par forage ou par tout autre procédé physique », toute substance qui soit susceptible « d’altérer la qualité de l’eau souterraine ou de surface servant à la consommation humaine ou animale ».


Cela a pour effet de stopper net, selon M. Roussy, le projet de forage Haldimand no 4 que devait lancer Pétrolia cette semaine. L’objectif de la pétrolière, qui a déjà obtenu le permis de Québec et l’équipement nécessaire aux travaux, est de vérifier si un gisement estimé à 7,7 millions de barils de pétrole pourrait être exploité. Si le potentiel est confirmé, la ressource non renouvelable devrait avoir une valeur brute de plusieurs centaines de millions de dollars. Pour le moment, l’entreprise possède un permis d’exploration qui coûte 11 971,50 $ par année.


Le maire de Gaspé a toutefois souligné que ledit forage serait situé « à 350 mètres des premières résidences » et près de la baie de Gaspé, ce qu’il juge inacceptable. D’autant que Pétrolia n’aurait pas répondu aux questions formulées par la Ville au cours des derniers mois. Celle-ci souhaitait notamment obtenir des précisions quant aux mesures mises en place pour la fermeture d’un éventuel puits, les plans d’urgence prévus et la composition précise des liquides de forage. Les pétrolières peuvent par exemple utiliser un mélange contenant de l’acide chlorhydrique afin de stimuler la production des puits.


Rencontre réclamée


Le maire réclame par ailleurs une rencontre avec des représentants du gouvernement péquiste. Il a ainsi rappelé que sa municipalité demande depuis maintenant « plus de deux ans » que Québec mette en place une véritable loi qui encadrerait l’exploitation de l’énergie fossile. Il est selon lui urgent de remplacer l’actuelle législation, « complètement désuète, déconnectée de la réalité et des principes du développement ».


M. Roussy a tenu à rappeler qu’il est en faveur du développement de l’industrie pétrolière, mais pas à quelques kilomètres d’un centre-ville comme celui de Gaspé. Selon lui, si toutes les municipalités de la Gaspésie adoptaient le même règlement que Gaspé, 85 % du territoire de la péninsule demeurerait ouvert à l’exploration pétrolière et gazière.


Pétrolia n’a pas souhaité réagir lundi. Le gouvernement du Québec n’a pas non plus fait de commentaires.

12 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 15 janvier 2013 09 h 08

    Non au développement?

    Est-ce que la région du bas du fleuve, rongée par le chômage et réclamant sans cesse plus d'aide de l'état, peut se permettre de lever le nez sur l'or noir, des emplois etc..?

    Et qui n'a pas besoin de pétrole au Québec? On préfère celui des sables bitumineux?

    • Éric Cyr - Inscrit 15 janvier 2013 12 h 50

      Vous avez parfaitement raison de parler comme si l'or noire était la seule source d'énergie.
      En effet, le pétrole (et ses dérivés) est la seule source d'énergie qui soit non renouvelable, accaparée des pétrolières (qui nous tiennent captif$) et qui cause autant de dommage à la santé humaine et à l'environnement, contrairement à l'eau, le vent et le soleil.

      Probablement que vos actions vous aveuglent...

  • Raphaël Arsenault - Inscrit 15 janvier 2013 09 h 49

    développement?

    Investir dans cette ressource n'est pas un investissement. Il faut être aveuglé par les dollars pour le croire.
    Investir, c'est trouver des façon de vivre sans ce maudit or noir.
    J'applaudit le courage et la sagesse de cette décision, en espérant que cela fasse boule de neige au québec.
    Les régions rongées par le chomage ont besoin d'une économie adaptée à leur situation, une économie locale et différente de la big bizness qui mène le monde. Les idées sont là, faut juste arrêter de faire semblant de pas voir.

    • Marielle Anne Martinet - Inscrite 15 janvier 2013 10 h 43

      Gaspé est situé sur la pointe de la Gaspésie et baigne dans le golfe St-Laurent, ce milieu extrêmement fragile où toute fuite deviendra catastrophique pour l'habitat et conséquemment pour toutes les populations côtières du golfe. Oui, au développement mais pas à n'importe quel prix. Bravo à la ville de Gaspé.

  • André Martineau - Abonné 15 janvier 2013 10 h 27

    On a du chemin à faire......

    S'il faut choisir entre le pétrole et l'eau, je vote pour l'eau. Si on ne peut pas extraire le pétrole ou le gaz sans risque pour l'environnement, nous devrions mettre nos énergies sur le développement des éoliennes et du solaire, car de toute façon il faudra y venir un jour ou l'autre.....Le pétrole et le gaz de schiste sont là, ils ne disparaîtront pas avant qu'on les extraient. Alors, pourquoi ne pas attendre que les technologies se développent....et qu'on nous fournisse les preuves de la sécurité environnementale. Chose que les compagnies, pressées de faire de l'argent, n'ont pas encore démontrée. Qu'est-ce qu'ils mettent comme produits chimiques dans leurs forages ? On attend toujours leurs réponses......

    • André Michaud - Inscrit 15 janvier 2013 11 h 06

      On a besoin et d'eau et d'énergie, à moins de retourner dans les bois vivre dans des tentes.

      Les énergies alternatives comme outil énergétique pour l'industrie, les transports, le chauffage etc..ce ne sera pas avant au moins 20 ans..et ce sera pendant plusieurs années seulement pour les riches comme les autos hybrides.

      Sans parler de ceux qui ne veulent pas des éoliennes qui selon eux nuisent au paysage...

      En attendant qui veut vraiment se passer du pétrole et se dérivés (plastique.etc.) ? Même ceux qui refusent l'auto et prennent les transports en commun , utilisent le pétrole. Même les utilisateurs de vélos ont besoin des pneus ... fait en dérivé du pétrole..

      La seule restriction au développement doit être dans la méthode d'exploitation pour qu'elle apporte de moins en moins d'effets secondaires inévitables à toute activité humaine.

    • Marc Brullemans - Inscrit 15 janvier 2013 11 h 33

      Pour ceux qui veulent des réponses...

      Il y a ce rapport du CIRAIG (École Polytechnique de Montréal) qui fait état des produits utilisés AU QUÉBEC lors des forages gaziers:

      http://ees-gazdeschiste.gouv.qc.ca/wordpress/wp-co

      Page 50 et 54 du document sous format pdf.

    • Éric Cyr - Inscrit 15 janvier 2013 16 h 17

      @André Michaud
      TOUS les plastiques comptent pour 4% seulement de notre utilisation du pétrole.

      Je suis loin d'être un riche et je roule en Prius.

      Les techniques d'énergies alternatives sont parfaitement au point mais les pressions des ultra-riches cartels des énergies sales etouffent leur adoption.

      Il n'y a PAS de méthode de fracturation sans risques de dommages PERMANENTS aux nappes phréatiques. Comme il n'y a pas de méthodes d'exploitation des hydrocarbures, tous les hydrocarbures qui ne contribuent pas à augmenter l'effet de serre le smog et les problèmes de santé.

    • Éric Cyr - Inscrit 15 janvier 2013 19 h 33

      @Marc brullemans
      Dans mon Google Chrome, c'est pages 44 à 46.
      3 pages de produits chimiques toxiques!

      @André Michaud
      Où est-ce que vous habitez M. Michaud? Vous avez des enfants? des petits enfants?

      Voici un EXTRAIT des produits possiblement introduits dans les nappes phréatiques par la fracturation hydraulique :
      Dérivé de sulphonate de benzène, Dipropylène glycol, Acide benzènesulphonique derivés alkylés C10-16-, Nitrilotriacétate de sodium monohydrate,Persulfate de sodium, Hypochlorite de sodium, Méthanol, Isopropanol, Alcool éthoxylé ramifié, Persulfate de sodium, Triéthanolamine, Diéthanolamine, Dibromo-3-nitrilopropionamide, Carbonate de potassium, Hypochlorite de sodium >7% de chlore, Chlore, Hydroxide de sodium, Isopropanol, Triméthylbenzene, Formaldéhyde,Naphthalène, Alcool propargylique, Éthyl octynol, Alkylphenols Oxyalkylatés, naphtha, Acide acétique, Polymère de thiourée, Triméthylbenzène, Alcool éthoxylé, Propanol, Propanediaminium-2-substitué, hexaalkyl, alogénure...

      Vous aimeriez ça avoir juste un tout petit peu de ce cocktail dans votre eau potable... ça vous le tente? hummm?

  • Rodrigue Guimont - Inscrit 15 janvier 2013 11 h 16

    La "guerre" est déclarée selon un actionnaire de Petrolia


    À l’audition du reportage, j’avais l’impression en entendant l’homme d’affaires et également actionnaire chez Petrolia, Dave McCullum, d’un remake du «les anglais se réveillent, its gonna be fucking payback…» lorsqu’il criait au micro du journaliste de Rad-Can: «on est en colère, ça commence là, on se regroupe, la guerre la bataille est là, on va gagner la guerre fie-toi sur moi, on va gagner la guerre, ça ne se passera pas comme cela…»!!!

    Ce monsieur croit avoir des droits individuels au détriment de ceux de la société. On voit à quel point l’attrait de l’argent peut aveugler certains individus. Après avoir sali, détruit, une partie du pays, ces hommes sans conscience iront se prélasser au soleil, loin des dégâts qu’ils auront causés dans une si belle région.

    Les citoyens ont le droit de savoir ce qui est injecté dans le sol, ils ont aussi le droit de mettre sur pied un comité de suivi et de recevoir des garanties indéfectibles de non fracturation, afin de protéger l’eau potable de la ville.

    La Fédération des chambres de commerce du Québec et le Conseil du patronat devraient en prendre note. Mieux vaut ne point s’accoquiner avec les gens qui ont perdu tout sens de la mesure et qui sont prêts à déclarer la «guerre» aux citoyens au nom du sacro-saint profit personnel. Bravo M. Roussy.

    http://www.radio-canada.ca/regions/est-quebec/2013

  • Daniel Bérubé - Inscrit 15 janvier 2013 13 h 37

    Félicitation Mr. Roussy,

    de tenir ainsi vos paroles en tant que maire ayant prêté serment de défendre les intérêts de votre population et de vos citoyens, et ce avec une vision à long terme, donc non seulement auprès de vos citoyens actuels mais aussi futur ! Je suis heureux aussi d'apprendre, il y a quelques minutes à peine, que l'Union des Municipalités du Québec, vs son président, le maire de Rimouski, vous soutienne en ce sens. Et je suis persuadé que la FMQ (Fédération des Municipalités du Québec) vous soutiendront en ce sens eux aussi... car Mr. Bernard Généreux (Président de la FQM) semble lui aussi avoir plus qu'une vision à court terme...

    Chapeau à vous et aux deux représentants des villes et municipalités de tout le Québec ! Vous nous permettez de conserver espoir dans ce monde de marchés capitalistes aveugles !
    Pour certains, il est plus important de sauver TEMPORAIREMENT certains marchés du pétrole, que sauver l'humanité, voir même leur propre descendance ! Certaines générations auront un jour honte de leurs ancêtres...