Blanchet se montre peu favorable aux gaz de schiste

Le comité chargé de mener l’évaluation environnementale stratégique de l’industrie du gaz de schiste poursuit présentement ses travaux.
Photo: Junex Le comité chargé de mener l’évaluation environnementale stratégique de l’industrie du gaz de schiste poursuit présentement ses travaux.

Le ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, Yves-François Blanchet, a clairement signifié dimanche qu’il n’est pas très ouvert au développement de l’industrie du gaz de schiste.

« Rien ne milite présentement pour le gaz de shale, pas même l’économie », a-t-il soutenu dans un commentaire publié sur le réseau Twitter. Le ministre a toutefois refusé de discuter de cette affirmation lundi. Son attachée de presse, Catherine Salvail, a d’abord indiqué que M. Blanchet serait prêt à répondre aux questions du Devoir. « Malheureusement, le ministre ne pourra vous téléphoner. En fait, il ne souhaite pas ajouter de commentaires à ce sujet pour le moment », a-t-elle finalement répondu quelques minutes plus tard.

 

Le ministre, qui est responsable du dossier du gaz de schiste, a d’abord publié samedi un lien sur Twitter, lien qui menait à un texte faisant état d’une étude scientifique américaine portant sur les impacts du gaz de schiste. Cette étude, menée par la National Oceanic and Atmospheric Administration et des chercheurs de l’Université du Colorado, conclut que les émanations de méthane de certains puits dans l’Utah sont quatre fois plus importantes que prévu. Cela indiquerait que le gaz de schiste produit autant de gaz à effet de serre que la pire des énergies fossiles, soit le charbon.

 

Favorable à la science

 

Interpellé par un internaute réagissant au fait que l’étude en question portait sur une seule région, le ministre a dit être « favorable à toute approche basée sur la science ». Mais il a aussitôt ajouté que « rien ne milite présentement » pour le développement de ce gaz non conventionnel, qu’on retrouve dans les basses-terres du Saint-Laurent.

 

Le bref commentaire d’Yves-François Blanchet a fait réagir le président et chef de la direction de Questerre Energy, Michael Binnion. « Si, comme vous le dites, vous vous en remettez à la science, attendrez-vous [l’évaluation environnementale stratégique] avant de prendre position ? », a laissé tomber le dirigeant de cette entreprise active dans le secteur gazier. L’échan-ge ne s’est pas poursuivi.

 

Le gouvernement péquiste de Pauline Marois n’en est pas à ses premières salves contre cette industrie controversée. L’automne dernier, la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, s’était d’ailleurs attiré les foudres du lobby de l’énergie fossile en affirmant qu’elle ne voyait « pas le jour où il y aura des technologies qui permettront une exploitation sécuritaire » de ce gaz, extrait par fracturation hydraulique.

 

Le président de l’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ), Lucien Bouchard, avait dénoncé cet « interdit inconditionnel et a priori » de la ministre, alors qu’une évaluation environnementale est en cours afin de déterminer comment exploiter cette ressource de façon « responsable ».

 

Forcée de réagir, la première ministre avait alors dû se montrer plus ouverte aux entreprises gazières en faisant valoir que « tous les impacts » de l’industrie seraient évalués avant que le gouvernement ne prenne une décision. Quelques semaines plus tard, après avoir réitéré des réticences certaines, la ministre Ouellet a indiqué qu’elle ne se prononcerait plus sur ce dossier.

 

Travaux en cours

 

Le comité chargé de mener l’évaluation environnementale stratégique de l’industrie du gaz de schiste poursuit présentement ses travaux. Selon ce qu’on a indiqué en décembre au Devoir, une porte-parole du ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, un document préliminaire devrait être présenté au cours des prochains mois.

 

Il n’a pas été possible de savoir de quelle façon le comité a décidé d’intégrer la question pétrolière dans ses travaux. Au printemps dernier, le ministre libéral Pierre Arcand avait ajouté ce volet au mandat du comité, mais sans changer sa composition, les délais prévus pour l’étude ou le budget consenti par Québec. Le comité, mis sur pied dans le sillage de la publication d’un rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, doit remettre son rapport à l’automne 2013.

À voir en vidéo