Environnement - Burlington dit non aux pipelines de pétrole

Inquiète de voir un jour du pétrole des sables bitumineux traverser le territoire du Vermont, la Ville de Burlington a adopté cette semaine une résolution afin de manifester son rejet de cette source d’énergie fossile, tout en invitant l’État à tourner le dos à cette forme de pétrole.

Le conseil municipal redoute notamment que le pipeline qui va de Portland à Montréal, en traversant le Vermont, ne soit un jour utilisé pour transporter du pétrole albertain. Pour cela, il faudrait inverser le flux pour faire couler de l’or noir du Québec vers le port de Portland. Ce projet a déjà été envisagé et est connu sous le nom de Trailbreaker. L’idée était d’acheminer une partie de la production des sables bitumineux sur la côte est américaine, pour ensuite pouvoir l’amener jusqu’aux raffineries du sud des États-Unis.


Burlington estime que cette idée, en théorie abandonnée, pourrait très bien être réactivée avec le projet de la pétrolière Enbridge, qui compte inverser le flux dans un pipeline qui part du sud de l’Ontario et se rend jusqu’à Montréal. Quelque 300 000 barils de pétrole albertain devraient donc être transportés au Québec chaque jour. De là, il pourrait aussi être exporté jusqu’à Portland. C’est du moins ce que croient plusieurs groupes environnementaux, des experts des questions énergétiques et la Ville de Burlington.


En plus de vouloir refuser le droit de passage au pétrole tiré des sables bitumineux, le conseil municipal demande au Vermont de cesser «le plus rapidement possible» d’acheter tout produit pétrolier tiré de ce type d’hydrocarbure. La Ville juge que Washington devrait aussi mener une évaluation des impacts de cette filière énergétique en plein développement.

 

Projet d’Enbridge


Des groupes environnementaux américains et canadiens ont salué jeudi la décision de Burlington. Ils ont rappelé que les risques de déversements justifient à eux seuls le rejet des projets de pipelines. En 2010, plus de trois millions de litres de pétrole se sont déversés dans une rivière aux États-Unis à la suite d’un bris dans un pipeline exploité par Enbridge.


La résolution de Burlington survient au moment où l’Office national de l’énergie du Canada annonce qu’elle a accepté d’étudier la demande d’inversion du pipeline d’Enbridge qui permettra de transporter de l’or noir albertain jusqu’à Montréal. Le gouvernement de Pauline Marois a décidé de ne pas mandater le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement pour étudier le projet. La première ministre a plutôt décidé de former un comité pour étudier la question en partenariat avec l’Alberta, la province qui mise le plus sur la croissance de la production des sables bitumineux.

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