Port méthanier - Une coalition de groupes écologistes s’attaque au gouvernement américain

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	La grande barrière de corail a perdu la moitié de ses coraux en à peine trois décennies. </div>
Photo: Associated Press
La grande barrière de corail a perdu la moitié de ses coraux en à peine trois décennies. 

Une coalition de groupes écologistes internationaux a décidé de s’attaquer au gouvernement américain pour tenter de stopper un important projet de port d’exportation de gaz naturel en construction en Australie. Ces installations industrielles, qui présenteraient un risque environnemental majeur, seront situées non loin d’une zone marine classée Patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO et comprenant la grande barrière de corail.

La plainte a été déposée en Californie par des groupes américains et australiens. Ceux-ci estiment que le prêt de trois milliards de dollars accordé par la Banque d’import-export des États-Unis pour financer le projet de port contrevient à la loi américaine sur les espèces en péril et aux obligations de Washington à l’UNESCO en ce qui a trait à la protection des biens inscrits à titre de patrimoine mondial de l’humanité. La Banque d’import-export est un instrument important de la politique commerciale américaine dont la mission est de favoriser les exportations vers divers marchés mondiaux.
 
Le projet en question est en construction sur l’île de Curtis, au large de la ville de Gladstone, dans le Queensland. L’idée est d’y acheminer, par gazoduc, du gaz naturel exploité grâce à la fracturation hydraulique. Il y sera liquéfié avant d’être exporté par bateau vers les marchés asiatiques. Mais le passage des navires nécessite un important agrandissement du port et le dragage du secteur, ce qui aurait déjà conduit à l’interdiction de la pêche commerciale. Les premiers méthaniers devraient pour leur part lever l’ancre en 2015.
 
Les groupes écologistes s’inquiètent des impacts des travaux en cours, mais aussi de l’accroissement significatif de la circulation de navires chargés d’hydrocarbures dans ce secteur maritime déjà soumis à une intense activité humaine. D’autant que plusieurs espèces en péril fréquentent les eaux ceinturant l’île de Curtis et que la grande barrière de corail est située non loin de là.
 
« La Banque d’import-export a souvent financé des projets dommageables pour l’environnement. L’idée de soutenir un projet d’exportation d’énergie fossile dans une des plus importantes réserves marines de la planète constitue un nouvel affront », a fait valoir le directeur du groupe américain Pacific Environment, Doug Norlen, par voie de communiqué. « Elle devrait se concentrer sur le financement des projets d’énergies renouvelables au lieu d’aggraver l’addiction du monde aux carburants fossiles. »
 
Zones maritimes

Déjà, toute la zone maritime souffre de plus en plus des impacts des changements climatiques et de l’acidification des océans. Selon les résultats d’une étude américaine publiée cet automne, la grande barrière de corail a perdu la moitié de ses coraux en à peine trois décennies. L’UNESCO a d’ailleurs fait valoir récemment qu’elle pourrait être inscrite sur la liste des sites en danger d’ici février prochain.
 
La grande barrière s’étend sur environ 345 000 km2 le long de la côte est australienne et constitue le plus vaste ensemble corallien du monde. Elle abrite 400 espèces de coraux, 1500 espèces de poissons, 4000 espèces de mollusques et de nombreuses espèces en danger, comme le dugong et la grande tortue verte.
1 commentaire
  • Gilbert Talbot - Abonné 18 décembre 2012 10 h 35

    Même problème sur le Saguenay et le St-Laurent

    Ce que l'article ne dit pas c'est que les États-Unis interdisent la construction de port méthanier chez eux pour des raisons environnementales, c'est pourquoi ils les font construire dans d'autres, comme en Australie, mais aussi comme au Québec, lorsque le gouvernement avait approuvé la construction de port méthanier le long du St-laurent et qu'un projet était en cours sur le Saguenay.