Création du plus grand parc national du Québec

Le gouvernement péquiste a annoncé officiellement vendredi la création du plus grand parc national du Québec. Le parc Tursujuq, situé au Nunavik sur la côte est de la baie d’Hudson, devrait permettre d’assurer une certaine protection à des éléments de la biodiversité nordique menacés par les changements climatiques.

« Avec un territoire de plus de 26 000 km2, ce qui correspond à plus de 54 fois la superficie de l’île de Montréal, le parc national Tursujuq contribuera à lui seul à tripler la superficie du réseau des parcs nationaux du Québec, s’est vanté le nouveau ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, Yves-François Blanchet, par voie de communiqué.


Le ministre a également souligné qu’avec cette annonce, le Québec atteint maintenant le cap de 9 % d’aires protégées sur l’ensemble du territoire. Des espèces animales, dont l’unique population mondiale de phoque commun confinée en eaux douces, mais aussi les bélugas de l’est de la baie d’Hudson, devraient jouir d’une meilleure protection, en plus de 80 espèces floristiques rares. La création du parc doit aussi permettre de protéger des sites naturels chers aux Inuits et aux Cris.


La Société pour la nature et les parcs du Canada a salué l’initiative gouvernementale. « Il reste peu d’endroits où il est encore possible de protéger des territoires aussi immenses », a fait valoir Patrick Nadeau, directeur général de l’organisme.


Pour Nature Québec, ce geste est un pas significatif vers l’objectif d’atteindre 20 % d’aires protégées d’ici 2020 sur le territoire au nord du 49e parallèle et de mener à terme à la protection d’au moins 50 % de ce territoire. « Le Nord est un milieu fragile, qui subit les impacts des changements climatiques et fait face à de fortes pressions de développement dues au boom minier. Dans ce contexte, il est important de garder un réel équilibre entre l’exploitation responsable des ressources et la protection de la biodiversité », a soutenu Sophie Gallais, chargée de projets Aires protégées de Nature Québec.


Le Québec est encore en mode rattrapage en ce qui concerne les écosystèmes du Sud et la forêt boréale commerciale, dont à peine 5 % sont protégés, a toutefois rappelé M. Nadeau. « Quant à la protection du milieu marin, elle stagne toujours à un maigre 1 %. » La SNAP a par ailleurs rappelé qu’Hydro-Québec s’opposait à la protection de la rivière Nastapoka, qui coule dans le nouveau parc. Celle-ci est protégée par l’annonce de vendredi.

3 commentaires
  • Philippe Blais - Inscrit 15 décembre 2012 10 h 40

    Dr. Philippe Blais

    Enfin une bonne nouvelle pour l'environnement au Québec! La création de ce nouveau parc grandiose, meme si il ne sera jamais facilement accessible pour la majorité du grand public, est certainement un pas dans la bonne direction apres tant d'années d'immobilisme en la matière, courtoisie de l'ère libérale. Par contre, espérons que la tendance ne sera pas simplement de créer quelques grandes zones additionnelles de conservation dans le grand nord, ou le processus de désignation est relativement aisé, dans le simple but de rattraper rapidement notre retard genant par rapport aux normes internationales (minimum 30% d'aires protégées). Le defi de taille pour notre province est de sauver davantage nos derniers trésors de biodiversité dans son confin méridional, ou les ecosytèmes atteignent leur apogée de richesse, mais ou les obstacles à la conservation sont d'autant plus complexes.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 15 décembre 2012 18 h 09

      Ça m'a toujours surpris que le Québec n'ait pas encore largement dépassé l'objectif international de superficie protégée.

      C'est pas comme si on manquait de territoires (presque) intacts hors des quelques zones fortement peuplées, contrairement à d'autres nations à la densité de population beaucoup plus élevée.

      Comme vous le dites monsieur Blais, le point chaud de biodiversité au Québec est dans sa région méridionale, où se trouve le gros de la population, de la pollution et des problèmes d'étalement urbain.

      Il y a beaucoup à faire pour protéger ce qui reste dans la vallée du Saint-Laurent, dans les Laurentides, dans les Appalaches, etc.

      Par exemple, les rares milieux humides restant dans la région de Montréal sont supposément protégés. Pourtant de nombreuses autorisations d'assèchement et de lotissement de ces rares marécages ont été distribuées ces dernières années.

      Décréter un territoire périurbain «protégé», c'est bien. Ne pas faire sauter cette protection pour le premier promoteur immobilier aux enveloppes bien garnies, c'est mieux.

    • Mario Jodoin - Abonné 16 décembre 2012 00 h 15

      «espérons que la tendance ne sera pas simplement de créer quelques grandes zones additionnelles de conservation dans le grand nord, ou le processus de désignation est relativement aisé, dans le simple but de rattraper rapidement notre retard genant par rapport aux normes internationales (minimum 30% d'aires protégées).»

      Vous mettez des mots devant ce que je pensais en lisant ce texte. Merci!