Pétrole de l’Ouest canadien - Enbridge se rapproche de la métropole

Enbridge vient de franchir une étape supplémentaire en vue d’acheminer du pétrole de l’Ouest canadien jusqu’à Montréal. L’entreprise a en effet déposé auprès de l’Office national de l’énergie sa demande pour l’inversion du flux dans un tronçon de 640 kilomètres d’un pipeline datant de 1976, un projet décrié par les groupes environnementaux.

Selon ce qu’on peut lire dans les documents disponibles sur le site Internet de l’organisme fédéral, ce projet de faire couler du pétrole albertain vers le Québec, notamment celui extrait des sables bitumineux, est le moyen le plus « économique » et le plus « efficace » pour répondre à la demande des marchés de l’est du continent. « Aucune autre alternative n’a été étudiée », précise toutefois la société basée à Calgary.


« La modification de nos installations permettra d’acheminer aux marchés de raffinage du Québec des approvisionnements accrus de pétrole brut canadien moins coûteux, ce qui profitera tant à l’industrie du raffinage qu’à l’économie du Canada, y compris les économies de l’Ontario et du Québec », fait valoir l’entreprise pour justifier son projet de 130 millions de dollars.


Enbridge souligne ainsi que l’inversion de la « canalisation 9B » devrait permettre d’approvisionner les deux raffineries situées en sol québécois, soit celle de Suncor, à Montréal-Est, et celle d’Ultramar, près de Québec. Ces deux installations ont une capacité quotidienne totale de raffinage de 400 000 barils. Le pipeline d’un diamètre de 30 pouces a présentement une capacité d’environ 240 000 barils par jour. L’entreprise compte augmenter le débit à quelque 300 000 barils par jour.


Ultramar souhaiterait raffiner du pétrole albertain à ses installations de Lévis. Il pourrait y être acheminé grâce à des pétroliers qui feraient la navette sur le fleuve Saint-Laurent à partir de Montréal. La semaine dernière, Michel Martin, directeur principal, Affaires publiques et gouvernementales pour l’entreprise, a aussi souligné que sans l’apport de pétrole canadien, la survie des installations d’Ultramar pourrait être menacée. Suncor a également déjà manifesté son intérêt pour l’achat de pétrole albertain.


Dans un autre document soumis à l’Office national de l’énergie, Enbridge insiste aussi sur sa volonté de « protéger l’environnement et la sécurité des citoyens ». L’entreprise active dans le secteur de l’énergie fossile dit reconnaître que la « prévention » de la pollution et la protection de la « biodiversité » sont indispensables pour assurer un environnement viable. Elle s’engage donc à intégrer ces aspects dans ses « décisions d’affaires ».


Dans les documents déposés le 29 novembre, l’entreprise a notamment inclus une copie de l’« invitation » à l’une des deux « rencontres portes ouvertes communautaires » tenues au Québec, dans la région de Montréal.


Ces rencontres ont eu lieu au début du mois d’octobre. Un total de 52 personnes y ont participé.

 

Loin d’être satisfaits du processus d’évaluation du projet, Environmental Defense, Équiterre et Greenpeace se disent même convaincus qu’Enbridge compte éventuellement exporter du brut vers Portland, dans le Maine, en utilisant le pipeline qui traverse le sud du Québec, un projet connu sous le nom de Trailbreaker. « Nous croyons que l’ensemble de la population du Québec doit se mobiliser contre ce projet. Enbridge a une feuille de route pitoyable quant à la sécurité de ses pipelines et est responsable du plus important déversement pétrolier en sol nord-américain en 2010 au Michigan », a fait valoir Steven Guilbeault, d’Équiterre.


Les pétrolières qui exploitent les sables bitumineux recherchent activement des moyens d’exporter leur production croissante. La production quotidienne devrait dépasser les trois millions de barils d’ici quelques années. Le ministre canadien des Ressources naturelles, Joe Oliver, a d’ailleurs salué le projet d’Enbridge. Le Parti libéral du Québec et les chambres de commerce ont aussi manifesté leur appui.


Le gouvernement péquiste a décidé de mettre sur pied un comité mixte avec l’Alberta pour étudier le dossier. La première ministre Pauline Marois a promis d’agir rapidement.


Le pipeline « 9B » est entré en fonction en 1976. Il a d’abord servi à transporter du pétrole d’ouest en est. Le flux a été inversé en 1999 pour faire couler de l’or noir d’est en ouest.

7 commentaires
  • France Marcotte - Abonnée 1 décembre 2012 11 h 05

    Mauvais départ

    «Les pétrolières qui exploitent les sables bitumineux recherchent activement des moyens d’exporter leur production croissante.»

    Et elles ont de la difficulté?

    Ce pétrole est sale, avant même de quitter son giron. Cela cause problème.

    Une fois acheminé, ce problème ne sera pas du tout résolu.

    • Georges Washington - Inscrit 1 décembre 2012 13 h 46

      Et vous croyez que le pétrole du Nigéria est plus propre?

      Tant qu'à acheter et consommer du pétrole, autant acheter le nôtre, au moins l'Alberta contribue à l'économie québécoise grâce à la péréquation.

      Ensuite, il serait bon de suivre un dossier que l'on commente. Oui, l'Alberta a de la difficulté à vendre son pétrole à sa vraie valeur parce que l'Alberta étant une province enclavée et comme il n'existe aucun pipeline vers les ports extérieurs, le commerce du pétrole albertain est limité aux Etats-Unis et il se transige donc 20$/baril de moins que sa valeur.

      En ouvrant l'accès aux zones côtières de l'est du pays, nous permettons aussi à l'Alberta d'obtenir le juste prix pour son pétrole.

    • France Marcotte - Abonnée 1 décembre 2012 15 h 32

      Et vous croyez que je ne savais pas tout cela?

      Le pétrole bitumineux est qualifié de sale parce que son exploitation a d'énormes coûts environnementaux.

    • Georges Washington - Inscrit 1 décembre 2012 18 h 03

      Celui du Nigéria a d'énormes coûts humains.

    • France Marcotte - Abonnée 2 décembre 2012 08 h 11

      Et les coûts environnementaux entraînent des coûts humains.

    • André Michaud - Inscrit 2 décembre 2012 10 h 40

      Toute activité humaine pollue, quand donc certains s'en rendront compte ?

      Il y a d'ailleurs des anti hydroélectriques, des anti-pétroles, des anti gaz, des anti chauffage au bois aussi très poluant, certains sont contre les éoliennes qui polluent le paysage etc etc.......mais tous ces gens quelle énergie utilisent-ils?

      Est-ce que les USA ne devrait pas acheter notre électricté car elle détruit les rivières selon Roy Dupuis ??????

      Les québécois sont parmis les plus énergivores au monde, il faudrait d'abord Mme Marcotte les convaincre de diminuer leur consommation et vous mettre à travailler en sciences pour inventer concrètement de meilleures methodes pour avoir notre énergie.

      En attendant l'immense majorité démocratique des citoyens veut du pétrole et au meilleur prix. Ils veulent aussi tous les emplois très payant qui s'y attachent.

  • Éric Cyr - Inscrit 3 décembre 2012 08 h 29

    Non M. Michaud

    Vous répétez CONSTAMMENT que le pétrole est nécessaire, incontournable et nous apporte la richesse. Vous allez bien-sûr nier avoir quelque lien ou intérêt que ce soit avec les pétrolières...

    Le fait est que les pétrolières se sont constitués depuis plus de cent ans, un marché captif, ont toujours saboté les alternatives (comme les nouveaux panneaux solaires à nanotubes, minces, légers et peu dispendieux sur chaque maison).
    Elles sont maintenant en surproduction du pétrole le plus dommageable qui soit, et veulent écouler leurs surplus comme tout bons capitalistes qui ont les moyens de nous faire surconsommer de leurs ressources non-renouvelables.

    La vaste majorité manipulée et désinformée des citoyens n'ont pas le choix de subir du pétrole SALE au prix fixé par le cartel des pétrolières, croit en effet qu'ils n'y a pas d'alternatives.

    Un barrage hydro-électrique ne produit PAS de pollution, pour des siècles! Les éoliennes non plus. La science n'a rien à y voir M. Michaud et vous le savez très bien, vous entretenez des mythes.
    Les technologies de remplacement des hydrocarbures sont parfaitement au point... depuis longtemps. Les éoliennes familiales par exemple, étaient là même avant la naissance du premier monopole pétrolier(celui qui a infiltré les gouvernements) vers 1910, des éoliennes d'acier, indestructibles qui fourniraient de l'énergie propre, illimitée et gratuite... comme les tuiles solaires...

    Car c'est bien de profits versus la destruction de nos milieux de vie qu'il s'agit n'est-ce pas?

    Le pétrole est responsable à 70% de l'effet de serre, et des milliers de morts annuels causés par le smog. Et pour ajouter à l'injure, le gaz de schiste, ce méthane cru qui s'échappe des innombrables fuites sous pression à tous les niveaux du réseau de distribution, est un gaz à effet de serre 25 fois plus puissant que le CO² !

    Les solutions sont toutes-là mais les puissants lobbies du cartel et les médias contrôlés se taisent.