L’exploration martienne au coeur d’Asbestos

La mine Jeffrey était la dernière mine d’amiante du Canada.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot La mine Jeffrey était la dernière mine d’amiante du Canada.

La mine Jeffrey, la dernière mine d’amiante du pays procédant désormais à la fermeture de ses installations, pourrait endosser un nouveau rôle plus céleste, en tant que site d’essais pour la planète Mars.

Les installations minières québécoises ont récemment accueilli près d’une vingtaine de scientifiques pour une mission de simulation d’environnement martien menée par l’Agence spatiale canadienne (ASC).


Les scientifiques de quatre universités ont effectué deux déplacements dans la région d’Asbestos, cette année et l’an dernier, accompagnés par un petit robot.


Selon Ed Cloutis, un professeur de l’Université de Winnipeg qui a participé au projet, il existe certainement des régions de la planète rouge qui ressemblent fortement à ce qui existe à la mine Jeffrey.


Cette nouvelle vocation ne viendra cependant pas remplacer l’industrie autrefois toute-puissante de l’amiante comme centre économique vital de la région. La mine comptait sur un prêt gouvernemental de 58 millions de dollars pour effectuer des rénovations et poursuivre ses opérations. La simulation de mission martienne, dans son ensemble, aura coûté 800 000 $, et certains responsables locaux, y compris le directeur général de la ville, ne semblaient pas être au courant de l’existence du projet lorsqu’ils ont été contactés par La Presse canadienne.


Le but du projet était de simuler le plus fidèlement possible une mission robotisée sur Mars pour détecter la présence de méthane et d’en déterminer la source.


Selon M. Cloutis, un expert en géologie planétaire, les missions scientifiques dans la région d’Asbestos pourraient représenter le billet d’embarquement du Canada pour de futurs voyages vers Mars. « L’une des techniques pour chercher des traces de vie sur Mars consiste à examiner les gaz qui pourraient être produits ou être utilisés comme source de nourriture par des bactéries sur Mars », a précisé M. Cloutis lors d’une entrevue.


Le méthane, qui peut être détecté dans la mine Jeffrey, est l’un des deux principaux indicateurs de présence de vie. Le second est l’eau.


La mine Jeffrey, d’un diamètre de deux kilomètres et d’une profondeur de 350 mètres, était l’une des plus grandes mines à ciel ouvert du monde. Le sol contient de la serpentinite, une roche favorisant l’apparition de bactéries, qui produisent du méthane.


Ce gaz a déjà été détecté dans l’atmosphère martienne, et des chercheurs espèrent que le robot Curiosity de la NASA en découvrira sur la planète.


Le projet d’Asbestos a été dirigé par MPB Communications, une compagnie de la région de Montréal responsable du développement d’un petit robot appelé Kapvik. Cet engin, haut d’environ un mètre, a été employé lors de la recherche.


Au dire de Wes Jamroz, directeur de MPB Communications, la mine Jeffrey a un brillant avenir devant elle en tant que substitut martien. « Cette mine est un environnement réel dans lequel nous pouvons pratiquer de futures missions vers Mars parce que l’on y retrouve les mêmes roches et vous avez le même environnement , a-t-il dit. Lors [des] deux missions, nous avons été en mesure de découvrir qu’il existait des traces de méthane naturel ; il y a donc tous les facteurs dont vous avez besoin. »


Toujours selon M. Jamroz, le poids relativement faible du robot utiliser à la mine Jeffrey (environ 30 ou 40 kilos) permettrait de l’envoyer sur Mars pour 100 millions de dollars, plutôt que plusieurs milliards de dollars.


Selon la NASA, Curiosity, qui pèse 900 kilos, aura coûté 2,5 milliards de dollars.


 
3 commentaires
  • Daniel Bérubé - Abonné 26 novembre 2012 13 h 48

    Espérons...

    qu'ils ne tomberont pas face à face avec des environnementalistes martiens... ;-)

  • Sylvain Auclair - Abonné 26 novembre 2012 16 h 08

    Les conditions sont très différentes...

    Le lieu retenu est beaucoup plus chaud et a une atmosphère extrêment plus dense que Mars. En quoi ces essais en sont-il vraiment?

  • Jean Desjardins - Inscrit 26 novembre 2012 17 h 57

    Surprise, surprise !!!

    Tout d'un coup les expériences du petit robot au fond de la mine Jeffrey révéleraient qu'il n'y a eu aucune présence de vie à cet endroit sur terre ?

    Cela confirmerait une célèbre réflexion d'Einstein: "Deux choses sont infinies: l'univers et la bêtise humaine. Mais en ce qui concerne l'univers, je n'en ai pas encore acquis la certitude absolue."

    Jean Desjardins
    Laval (...)