Climat : la Banque mondiale redoute le pire

Le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, a soutenu que la responsabilité de l’homme dans le réchauffement du globe est «sans équivoque».
Photo: La Presse canadienne (photo) Hye Soo Nah AP Le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, a soutenu que la responsabilité de l’homme dans le réchauffement du globe est «sans équivoque».

Washington – La Banque mondiale redoute une hausse de la température du globe de 4 °C dès 2060, bien au-delà du garde-fou posé par la communauté internationale, et s’alarme du « cataclysme » qui frapperait alors les pays pauvres, selon un rapport publié dimanche à Washington.

« Un monde à +4 °C […] déclencherait une cascade de changements cataclysmiques, dont des vagues de chaleur extrême, une chute des stocks alimentaires et une montée du niveau de la mer frappant des centaines de millions de personnes », résume la Banque mondiale, ajoutant qu’il n’y a « aucune certitude » que le globe pourra s’adapter à une telle situation.


Ce scénario, le plus sombre envisagé dans le rapport, tranche avec l’engagement pris par la communauté internationale de contenir le réchauffement du globe à +2 °C par rapport à l’ère pré-industrielle. Le niveau actuel d’émissions de CO2 « devrait porter le réchauffement climatique bien au-delà de ce seuil », assure la Banque mondiale, qui prédit une hausse de 4 °C « au cours du siècle » et « dès 2060 » en cas d’inertie politique.


« Ce monde serait tellement différent de celui dans lequel nous vivons qu’il est difficile de le décrire », déclare le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, soulignant que la responsabilité de l’homme dans le réchauffement du globe est « sans équivoque ».


Listant les dangers qui menaceraient alors la planète (inondations, sécheresses, malnutrition…), l’institution prédit une aggravation des pénuries d’eau en Afrique de l’Est, au Moyen-Orient, ou en Asie du Sud et un « rebond significatif » de la mortalité infantile en Afrique subsaharienne.


« L’intensification prévue des événements climatiques extrêmes pourrait inverser les efforts pour réduire la pauvreté, particulièrement dans les pays en développement », résume le rapport, assurant que la planète serait encore « plus inégalitaire » qu’à l’heure actuelle.


Aucune région ne sera épargnée, prévient toutefois le rapport. Les récentes sécheresses ayant frappé les États-Unis ou l’Europe de l’Est pourraient se reproduire, et l’Occident serait aussi confronté à l’afflux de populations fuyant les bouleversements climatiques.


« Il faut faire baisser la température, et seule une action internationale concertée et rapide peut y contribuer », clame la Banque mondiale, appelant à une utilisation plus « intelligente » de l’énergie et des ressources naturelles.

36 commentaires
  • Gilles St-Pierre - Abonné 19 novembre 2012 01 h 08

    Et pendant ce temps au Canada

    Vite M. Harper... allumez; le problème c'est pas juste le pétrole de l'Alberta et le "God Save The Queen".
    Et puis quoi alors ?
    On va pouvoir enfin vendre des frigos aux esquimaux pour relancer notre économie et pour réduire notre consommation énergitique, on pourra faire cuire nos oeufs et notre bacon directement dans notre assiette sans même allumer le poêle, mais encore faudrait-il qu'il y ait encore des poules et des cochons... et des esquimaux.
    Pourtant, c'était beau la vie.

    • André Le Belge - Inscrit 19 novembre 2012 08 h 14

      Désolé mais la consommation de viande à échelle industrielle est une grande partie du problème. Faut oublier oeufs et bacon !

    • Georges Washington - Inscrit 19 novembre 2012 10 h 41

      Imputer la responsabilité à Harper ou à n'importe qui à l'échelle nationale ou provinciale démontre encore une fois que les gens n'ont rien compris au problème. Même le président de la BM semble un peu à côté de ses pompes quand il parle d'un engagement à garder le réchauffement climatique sous le seuil du +2°C.

      Premièrement, qu'un pays s'endette pour réduire ses GES n'a aucun effet à l'échelle planétaire si les autres pays s'en balançent. C'est un jeu où tout le monde joue ou personne. Et il est là le noeud du problème.

      Deuxièmement, où ça un engagement à réduire le réchauffement ou à le contenir? Le Japon en fermant ses réacteurs nucléaires (à la grande joie de certains) augmentera considérablement ses GES. Ce qui a fait dire aux autorités japonaises que si Kyoto devait se signer aujourd'hui, ils ne seraient pas signataires. Idem pour l'Allemagne qui comptera plus de centrales au charbon suite à la fermeture de ses centrales nucléaires.

      Finalement, ce sont les règles mêmes de cette négociation planétaires qui ne fonctionnent pas. Inutile de palabrer pendant des siècles là-dessus, il n'y aura jamais d'entente qui tiendra avec les règles de négocitations actuelles. Comme la limite de +2°C n'est pas une limite absolue, complètement démontrée, les pays s'engagent théoriquement sans s'engager réellement puisque personne ne croit vraiment à la catastrophe si la limite est atteinte. Donc, il suffit de quelques uns qui ne respectent pas ou n'entendent pas s'engager à réduire leur émissions de GES pour que tout l'édifice s'effondre. Le Canada n'a pas à porter cette responsabilité seul et il est inutile de respecter des engagements stricts si les autres pays n'en font pas autant, nous perdons en le faisant.

      Pour les explications pourquoi les négociations sont vouées à l'échec avec les règles actuelles: http://goo.gl/n44hb

  • Jean Martin BOUDON - Inscrit 19 novembre 2012 04 h 24

    Banque Mondiale

    Merci président de la B M.Si le réchauffement climatique se poursuit,tous les avoirs de votre banque ne seront plus "gelés"et pourront ainsi profiter à beaucoup de monde nécéssiteux,n'est ce pas?

    • Jacques Patenaude - Abonné 19 novembre 2012 09 h 00

      De son côté le FMI petit frère de la banque mondiale saura ce qu'il faut faire avec le dégel des fonds. Investir au Népal pour que le pays puisse bâtir des condo sur l'Everest à l'intention des banquiers. Dans tous les pays susceptible d'être inondés ou devenir désertique réduire les taxes et les impôts des spéculateurs, exiger de ces gouvernements l'abolition des services météorologiques et laisser le monde mourir de faim.

  • Raymond Chalifoux - Abonné 19 novembre 2012 05 h 50

    Sandy..

    Sandy: Un avant-goût de ce qui nous pend au bout du nez?
    Tiens, je pense que je vais relire "The Road"...

    • Gilles Théberge - Abonné 19 novembre 2012 10 h 07

      Je vous rejoins monsieur Chalifoux. On peut croire que ce type de résultat ne soit pas simplement classé au compte des romans et des fables. Il est bien possible que nous soyons partis quand ces scénarios se produiront.

      Et comme la plupart laissons un sillage derrière nous, je m'inquiète beaucoup de ce que devra affronter notre descendance... Je ne souhaite pas le scénario de la route

  • François Marquis - Inscrit 19 novembre 2012 05 h 59

    Si cela continue

    De toute façon, si cela continue à aller comme au Moyen Orient en ce moment, on ne se rendra pas en 2060.

  • Serge Grenier - Inscrit 19 novembre 2012 07 h 34

    4, 6, 8, 10, etc

    Pourquoi s'arrêter à 4 degrés de plus ?

    On peut faire beaucoup mieux, si on s'y met tous ensemble, on pourrait faire remonter la température de 10 degrés d'ici 2020.

    • François Robitaille - Inscrit 19 novembre 2012 10 h 16

      Il est évident que vous ne maitrisez pas certaines connaissances de base pour comprendre que c'est totalement impossible à atteindre en si peu de temps. Les océans on tellement leur mots à dire qu'on risque d'avoir des surprises dans les prochaines années.

      Nous, pauvres humains qui croyons être aussi puissant que Dieu....nous mourrons de nos erreurs et la planète n'en souffrira pas!

    • Pierre Vincent - Inscrit 19 novembre 2012 13 h 36

      Je pense que d'augmenter la température de 10 degrés d'ici 2100 serait un objectif plus réaliste. Et je pense aussi qu'on aurait de bonnes chances de l'atteindre avec les conflits armés qui s'en viennent et l'appétit toujours plus féroce de l'Humanité pour les combustibles fossiles... Dommage.

    • Pierre Vincent - Inscrit 19 novembre 2012 13 h 37

      La planète n'en souffrira pas, mais de nombreuses espèces animales et végétales auront disparu de sa surface...

    • François Robitaille - Inscrit 19 novembre 2012 15 h 27

      Plusieurs pensent, que l'augmentation de la température et la fonte des pôles nous plongera dans un ère glacier en europe au départ et en amérique du nord par la suite dû à l'arrêt du Gulf Stream (courant qui apporte la chaleur de l'équateur vers l'europe). Sans oublié que notre Soleil lui aussi peut avoir son influence, la NASA parle d'un maximum solaire des plus bas prévu pour 2022.

      Il y a tellement de facteurs que nous avons probablement oubliés.... qui me fait dire qu'au fond, nous ne savons pas vraiment ce qui se passera...

      @Pierre Vincent: L'Humain ne peut pas contrôler, nous ne somme qu'une bebitte comme les autres.