Nouvelle-Écosse: BP investira 1 milliard pour chercher du pétrole

La Nouvelle-Écosse a investi 15 millions afin d’attirer l’industrie pétrolière, espérant voir un jour des plateformes de forage au large de ses côtes.
Photo: Agence France-Presse (photo) Archives La Nouvelle-Écosse a investi 15 millions afin d’attirer l’industrie pétrolière, espérant voir un jour des plateformes de forage au large de ses côtes.

Au lendemain de l’annonce du paiement d’une amende record à la suite de la marée noire provoquée dans le golfe du Mexique en 2010, BP a annoncé vendredi qu’elle investira plus d’un milliard de dollars pour mener de l’exploration pétrolière en eau profonde au large de la Nouvelle-Écosse.

En vertu de l’entente intervenue avec l’Office Canada-Nouvelle-Écosse des hydrocarbures extracôtiers, la pétrolière britannique a mis la main sur les droits d’exploration de quatre secteurs où elle compte se lancer dans des travaux d’exploration qui devraient s’étendre sur six ans. La soumission de BP, à un milliard de dollars, est la plus importante accordée dans les provinces de l’Atlantique pour de telles activités d’exploration.


Ce nouveau projet de recherche d’énergie fossile mené par BP a été annoncé après qu’on a appris, jeudi, que la pétrolière doit payer plus de 4,5 milliards de dollars d’amende aux autorités américaines et boursières, dans le cadre d’un accord où elle reconnaît sa culpabilité pour la marée noire du golfe du Mexique, en avril 2010. L’explosion de Deepwater Horizon, à 80 kilomètres au large de La Nouvelle-Orléans, avait fait onze morts et répandu des centaines de millions de litres de brut dans le golfe du Mexique jusqu’à la fermeture du puits quatre mois plus tard.


Shell Canada a elle aussi annoncé vendredi son intention de lancer des opérations d’exploration dans le secteur de l’île de Sable, au sud-est de la Nouvelle-Écosse. Le géant de l’or noir, qui détient maintenant les droits exclusifs d’exploration de quatre vastes zones situées à l’est de la baie de Fundy, dans le fragile secteur du plateau néo-écossais, espère injecter 970 millions de dollars d’ici six ans pour tenter de trouver un gisement pétrolier exploitable. Selon des données préliminaires, les ressources contenues dans les fonds pourraient s’élever à plus de huit milliards de barils de pétrole. Il faut ajouter à cela des réserves gazières estimées à près de 120 000 milliards de pieds cubes.


Souhaitant attirer davantage d’entreprises spécialisées dans la commercialisation des énergies fossiles, le gouvernement de la Nouvelle-Écosse a investi, depuis trois ans, 15 millions de dollars de fonds publics pour produire une étude de 350 pages qui précise le potentiel en ressources fossiles extracôtières de la province.


Le ministre des Ressources naturelles du Canada s’est réjoui de ce nouveau projet d’exploration en eaux profondes. « Notre gouvernement tient encore une fois son engagement à soutenir l’emploi et la croissance économique partout au Canada, a déclaré le ministre Oliver par voie de communiqué. Nous appuyons la mise en valeur sécuritaire et responsable de nos ressources naturelles. »


Cette victoire de Shell et BP pourrait toutefois poser des risques environnementaux majeurs. Le secteur se caractérise par sa riche biodiversité. Le gouvernement canadien prévoyait encore récemment établir une zone de protection marine un peu à l’est de la zone qui sera soumise à des activités d’exploration pétrolière.


Tout ce secteur, mais aussi sa périphérie, constitue un couloir de migration des poissons et des mammifères marins qui transitent par le golfe et l’estuaire du Saint-Laurent. On y retrouve des poissons-fourrage comme le hareng et le maquereau, mais aussi le thon rouge. Plusieurs espèces de cétacés fréquentent les eaux au sud de la Nouvelle-Écosse, dont le rorqual bleu, la baleine à bosse ou la baleine franche. Toutes ces espèces sont menacées de disparition, selon la législation canadienne. Ottawa a donc l’obligation légale de protéger l’habitat « sensible » de celles-ci.


Cette zone maritime est un habitat important pour de nombreuses autres espèces de poissons de fond, dont beaucoup font l’objet d’une pêche commerciale. La zone est également une aire d’alimentation estivale essentielle à la tortue luth, une espèce en voie de disparition. Plusieurs experts ont déjà émis des doutes quant à la capacité canadienne d’intervention en cas de marée noire.

4 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 17 novembre 2012 11 h 00

    Produire ou dépendre ?

    L'utilisation du pétrole est centrale dans l'économie mondiale, autant au niveau énergétique que des dérivés du pétrole, plastique etc.. Éliminez des votre vie tout produit dérivé du pétrole, et que reste t'il ? Fini tout ce qui est plastique, ordi, cellulaire, pièces d'auto etc etc..

    il n'y a qu'au Québec que certains veulent absolument rester dépendant des autres et ne pas développer sa propre industrie du pétrole...

    Les énergie dites vertes sont loin d'être au point et disponible pour tous. Aux USA, deux personnes sur 3 qui ont acheté une auto hybride sont revenus aux autos au pétrole ..!!

    Il faut développer le pétrole au Québec, mais le faire avec le plus de mesures de sécurité possible. Et aussi se servir de ces profits pour investir dans les énergies vertes.

  • Gaston Carmichael - Inscrit 17 novembre 2012 14 h 09

    Bonheur total en N-É

    Il est quand même étonnant que cet article ne fasse état de la moindre voix dissidente. Il semble régner une belle harmonie en N-É.

    À la fin de l'article, il y a bien un petit quelque chose, mais aucune source n'est citée. Est-ce simplement un commentaire qu'a ajouté le journaliste de son propre chef?

    À propos, est-ce qu'il y a encore des pêcheurs en N-É?

    • Sylvain Archambault - Abonné 19 novembre 2012 08 h 33

      M. Carmichael,
      Non, ce n'est pas le bonheur total en N.É. Ces derniers mènent une lutte depuis près de 15 ans pour empêcher les activités pétrolières dans les zones sensibles et les zones de pêche. Cette lutte est menée entre autre par la Coalition Save our Seas and Shores (SOSS) et la Coalition NORIGS.

      - En 1999 ils ont réussi à obtenir un moratoire sur le Banc de George, un des sites de pêche les plus productif de la côte Atlantique. Ils viennent d'ailleurs d'obtenir l'extension de ce moratoire jusqu'en déc. 2015.

      - En 2000 ils ont mené une forte lutte et obtenu l'abandon de levés sismiques dans le golfe du Saint-Laurent, au large du Cap Breton. Depuis ce temps, la Nouvelle-Écosse observe un quasi-moratoire dans le golfe.

      - Présentement, ils se battent pour éviter les forages dans le golfe du Saint-Laurent. Plusieurs associations de pêcheurs dont l'Area 18 Crab Fishermen Assn. la Gulf NS Herring Federation, la Gulf Nova Scotia Bonafide Fishermen Assn., la Northumberland Fishermen Assn. réclament un moratoire sur les activités pétrolières dans le golfe du Saint-Laurent.

      Alors oui... il reste beaucoup de pêcheurs en N-É et ils tiennent à protéger les zones productives, dont le golfe du Saint-Laurent !!

      Sylvain Archambault
      Coalition Saint-Laurent

  • Pierre-Antoine Ferron - Inscrit 20 novembre 2012 18 h 33

    Il y a peu de doutes

    Enfin BP un explorateur sérieux avec l'expérience d'exploration maritime en milieux profond et très profond. Six ans d'exploration c'est très sérieux. Souhaitons-les bon succès. J'aimerais voir comment ils resolveront les problèmes environmentaux.

    Merci