Le jeune béluga prend ses aises dans le Vieux-Port

Les scientifiques confirment qu’il s’agit d’un animal de 5 à 10 ans, qu’il est un peu amaigri, mais vigoureux et nage normalement.
Photo: GREMM Les scientifiques confirment qu’il s’agit d’un animal de 5 à 10 ans, qu’il est un peu amaigri, mais vigoureux et nage normalement.

Le béluga perdu dans le Vieux-Port de Montréal pourrait bien y rester de façon définitive, estiment les scientifiques du groupe de recherche et d’études sur les mammifères marins (GREMM), qui ont enfin réussi à localiser l’animal et qui constatent qu’il semble y avoir pris ses aises. L’équipe spécialisée du GREMM tente d’élaborer un plan de contingence, mais ne prévoit pas de le ramener dans l’estuaire près de Tadoussac.

Grâce à une photo, prise par les chercheurs, ils tentent d’identifier l’animal en le comparant aux centaines de spécimens colligés dans le catalogue du GREMM. Entre-temps, une équipe spécialisée, équipée d’une vidéo et d’un hydrophone, tentera de recueillir des enregistrements sonores et d’étudier son comportement. Mais déjà, les scientifiques confirment qu’il s’agit d’un « animal de 5 à 10 ans, que sa peau semble affectée par son séjour prolongé en eau douce et qu’il est un peu amaigri ». Par ailleurs, les observations préliminaires démontrent que « l’animal est vigoureux et nage normalement ».

 

Un plan de contingence


En entrevue téléphonique, Robert Michaud avoue qu’il a été « un peu déçu » de revoir l’animal à Montréal, car il espérait que celui-ci avait entrepris de retourner auprès des siens. Or, non seulement l’animal reste dans le secteur, mais il semble s’y plaire, y trouvant déjà ses habitudes. « Il a un patron de résidence dans le Vieux-Port. Il se repose dans les eaux calmes du port et se promène dans les eaux plus agitées à la recherche de nourriture. »


Il faudra un plan de contingence. Mais pour l’instant, il n’est pas envisageable de ramener l’animal près de Tadoussac, confirme le biologiste de Tadoussac. « On n’a jamais fait une telle opération pour un béluga perdu. Nous avons toujours été, comme organisation, contre les interventions s’il n’y a pas de danger direct en lien avec des activités humaines. »


Si c’est la première fois qu’un béluga remonte jusqu’à Montréal, ce n’est pourtant pas inhabituel de voir de jeunes bélugas partir à l’aventure. Il n’y a pas si longtemps, trois bélugas se sont retrouvés dans une rivière à saumons en Basse-Côte-Nord. D’autres sont remontés jusque dans les Maritimes. Dans la majorité des cas, l’aventure s’est mal terminée pour l’animal.


En Nouvelle-Écosse, où un béluga dénommé Wilma a été retrouvé il y a plusieurs années, la chercheuse Catherine Kinsman a établi un programme de gestion de baleines pour l’étudier et tenter de la protéger. « Wilma est resté pendant six ans, elle est devenue sociable et les touristes venaient pour la voir », raconte Robert Michaud qui jongle avec la possibilité de faire le même type de suivi avec le petit béluga de Montréal, qui n’a toujours pas de nom. Mais rien n’est encore déterminé et plusieurs questions surgissent quant au type d’intervention qu’il faut envisager, en lien avec la mission de protection des mammifères marins. « Nous sommes confrontés à des enjeux importants », concède Robert Michaud.


 
4 commentaires
  • Nicolas Blackburn - Inscrit 20 octobre 2012 14 h 08

    Appelons-le Moby Dick !

    Ça serait un beau nom non ? Moby Dick la légendaire baleine blanche.

    • Jacques Thibault - Inscrit 22 octobre 2012 10 h 39

      Pour ma part, je propose de lui donner le nom de Jonas. Comme Jonas dans le bassin.

    • Gilbert Talbot - Abonné 23 octobre 2012 12 h 27

      Sais-t-on si c'est un mâle ou une femelle ?

  • Chris Dupont - Inscrit 21 octobre 2012 22 h 23

    Il n'en reste que 100

    Les Montréalais devraient peut-être profiter de sa présence car il ne reste qu'une centaine de ces animaux dans l'estuaire.... Un petit apperçu d'une des richesses que l'on risque de perdre.