Compteurs émetteurs : les écologistes veulent une révision du BAPE

Tous aussi furieux de la décision de la Régie de l’énergie d’autoriser le déploiement des compteurs émetteurs de radiofréquences, écologistes et comités de citoyens ont réclamé mardi du gouvernement qu’il confie au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) une révision complète et élargie de ce dossier.

Brigitte Blais, porte-parole de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), affirme que donner le feu vert aux compteurs sans fil constitue de la part de la Régie un inquiétant « rejet du principe de précaution » et une démonstration de son incapacité d’élargir un débat à autre chose que les paramètres fournis par Hydro-Québec.


Dans sa décision de vendredi, la Régie fait droit à toutes les demandes de la société d’État, y compris une grille tarifaire de 137 $ pour quiconque veut un compteur qui n’émet aucune radiofréquence, en plus de frais mensuels de 17 $, ce que les plus modérés ont qualifié de « ticket modérateur », qui place la prévention hors de portée de la plupart.


L’AQLPA n’accepte pas que l’unique régisseur, Richard Lassonde, ait basé ses conclusions en matière d’exposition aux radiofréquences sur les déclarations verbales d’un médecin-conseil d’Hydro-Québec « travaillant fréquemment au service des entreprises de télécommunications sans prendre en compte les considérations du médecin chercheur indépendant, témoin pour l’AQLPA et Stratégies énergétiques, qui a déposé en preuve 85 études et rapports à l’appui de ses affirmations nuancées et qui a témoigné pendant deux jours ».


Sans compter, ajoute Brigtte Blais, que le régisseur n’a pas retenu la moindre intervention du public sur son site Internet.


L’AQLPA se dit consternée de constater que le régisseur se soit autorisé de mettre de côté comme non crédibles les positions et doutes exprimés sur les impacts pour la santé émis par l’Organisation mondiale de la santé, l’Agence de protection de la santé du Royaume-Uni, le Panel-conseil sur le cancer du président des États-Unis, l’Agence française de sécurité sanitaire, de l’environnement et du travail, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe et du Parlement européen, qui tous, réclament d’appliquer ici le principe de précaution.

 

Retrait dispendieux


Quant au groupe Laval Refuse, il déplore que les citoyens ne puissent décider de ce qui entre dans leur maison, qu’aucune étude environnementale et sanitaire n’ait été commandée en préalable à cette audience et que la Régie ait imposé une dispendieuse option de retrait aux personnes électrosensibles.


Pour Villeray Refuse, un des moteurs de la contestation citoyenne dans ce dossier, ce verdict ne rencontre pas un minimum d’acceptabilité sociale. Avec des conditions de retrait aussi « prohibitives et absurdes », à son avis, la Régie prive les citoyens « du droit le plus légitime de chacun de décider ce qui peut entrer ou non dans son domicile privé ».


La Coalition québécoise de lutte contre la pollution électromagnétique s’en prend pour sa part à la crédibilité du régisseur, qui aurait présidé une « véritable parodie du mandat d’enquête » qui lui était confié.

10 commentaires
  • Yvan Dutil - Inscrit 10 octobre 2012 06 h 55

    Arrêtez par pitié!

    Les organismes écologistes sont en train de perdre toute crédibilité en s'accrochant à ce cheval de bataille. Ils sont des acteurs importants de l'espace public, mais s'ils continuent de se battre contre des moulins à vent (pas des éoliennes), leur opinion ne vaudra plus un clou à très court terme.

    • Jean Richard - Abonné 10 octobre 2012 10 h 16

      Bien d'accord avec ces propos.

      Mais il y a pire : quand une association d'écologistes dérape, il y a risque que ce soit non pas seulement l'association impliquée, mais tout le mouvement (écologiste) qui perde sa crédibilité. Et là, on pourrait se mettre à reculer.

      Il ne faut pas se leurrer : ces associations sont d'abord et avant tout des entreprises et pour survivre, elles doivent vendre quelque chose. Le sensasionalisme se vend bien alors, on cherche les causes susceptibles d'attirer l'attention du public cotisant, pas toujours le mieux informé.

    • Geneviève Boivin - Inscrit 10 octobre 2012 17 h 30

      Je ne suis pas en accord avec vous. Je préfère le principe de precaution et je ne veux pas de ces compteurs sur ma maison.

    • Yvan Dutil - Inscrit 10 octobre 2012 20 h 35

      Votre interprétation du principe de précausion est erronée. Ce que vous voulez, c'est le risque zéro, ce qui est impossible.

  • André Chevalier - Abonné 10 octobre 2012 07 h 08

    C'est qui ça, les écologistes?

    Il suffit de quelques groupuscules extrémistes qui crient sur les toits pour prendre pour acquis qu'ils se prononcent pour l'ensemble de la population soucieuse de l'environnement.

    Je me considère comme ayant des préoccupations pour la préservation de l'environnement et de la santé et je ne partage pas du tout les vues de ces groupes extrémistes compte tenu de ce que je connais des données de la science.

    Affirmer que Hydro-Québec ne base sa position que sur les affirmations verbales de l'un de ses régisseurs est malhonnête intellectuellement.

    En associant ces groupes écolos dogmatiques et mal informés scientifiquement aux écologistes dicrédite ces derniers dans leurs légitimes luttes pour la protection de l'environnement.

  • Eva Suss-Ellazhun - Inscrite 10 octobre 2012 10 h 47

    Marois electrosensible

    J'ai entendu de la bouche d'un journaliste qui a interviewé Pauline Marois qu'elle se dit ''électrosensible''. L'obscurantisme frappe à nos portes. Vivement une révision après le congédiment du président du BAPE!

  • André Bastien - Abonné 10 octobre 2012 23 h 59

    Et le libre choix?

    Le plus simple serait de laisser aux gens le choix d'accepter ou non les compteurs intelligents, sans frais supplémentaires. Il suffirait qu'ils doivent faire une démarche pour les refuser, comme poster une lettre. La très grande majorité des clients les accepteraient et la question serait close!

    Dans 10 ans, une étude pourrait être faite, confirmant que ces compteurs ne font pas de problème et le tour est joué.

    Et si jamais ils causent problèmes, on le saura et on pourra s'ajuster!

    • Yvan Dutil - Inscrit 11 octobre 2012 08 h 38

      D'une part, il y a eu des dizaines de milliers d'études sur le sujet. Par conséquent, dans dix ans, on va être exactement au même point. La physique est claire cependant: zéro danger!

      Deuxièmenent, il y a un coût à ne pas changer. Il va falloir continuer à payer pour le releveur. Le citoyen devra accepter de payer pour ce service. De plus, avec les compteurs actuels, le tarif différentié n'est pas possible.

    • André Bastien - Abonné 11 octobre 2012 23 h 25

      Le problème c'est que les coûts d'installation élevés ne compenseront pas vraiement l'économie des releveurs: investir 1 milliard$ pour sauver 200 millions$ en 20 ans, selon HQ!

      Et si les coûts d'installation sont plus élevés que prévus?

      S'il y avait d'autres justifications économiques, OK mais pour l'instant ce ne semble pas être le cas.

    • André Bastien - Abonné 11 octobre 2012 23 h 28

      Selon M. Dutil:

      "Ce que vous voulez, c'est le risque zéro, ce qui est impossible."

      puis ...

      "La physique est claire cependant: zéro danger!"

      !!!