Nature Québec et Québec meilleure mine se réjouissent de la fin du Plan nord «marketing»

Le Plan Nord version «marketing» étant enterré par Québec, Nature Québec se réjouit de la possibilité de voir le gouvernement Marois passer à une véritable planification du développement nordique.

C’est en ces termes qu’a réagi le directeur général de Nature Québec, Christian Simard, aux propos de la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, qui déclarait récemment que le Plan Nord, version libérale, était enterré et que le gouvernement allait désormais repenser le développement de ce territoire.

De son côté, le groupe Québec meilleure mine applaudissait une autre proposition de la ministre Ouellet, qui entend réclamer de son collègue du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, Daniel Breton, qu’il confie au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) la tâche de mener une évaluation environnementale stratégique — ce qu’on appelle au Québec un « BAPE générique » — sur l’exploitation de mines d’uranium au Québec, principalement dans les régions nordiques.

«Après quatre projets d’uranium qui ont subi l’opposition farouche des populations touchées en moins de trois ans, explique Ugo Lapointe de Québec meilleure mine, et à la demande de plus de 340 municipalités et MRC qui réclament depuis 2009 un moratoire sur les mines d’uranium, il est temps que Québec se penche sérieusement sur les risques et les impacts de cette industrie. Un BAPE générique avec un mandat élargi et des audiences publiques dans l’ensemble du Québec serait pertinent et nécessaire. Pour être cohérent, il faudrait aussi s’assurer de n’autoriser aucun projet minier d’uranium pendant cette évaluation.»

Du côté de Nature Québec, en voulant repenser le développement nordique proposé par l’ancien gouvernement Charest, le gouvernement Marois se donne la chance non seulement de corriger d’importantes lacunes du Plan Nord, mais aussi de le revoir comme un «réel projet de société».

Pour Christian Simard, «le Plan Nord était avant tout un plan de développement minier. Un plan boom. Il faut renverser la vapeur et définir un nouveau Plan Nord. Pour cela, il faut faire preuve d’innovation, d’avant-gardisme et d’ouverture face aux communautés autochtones et non autochtones qui vivent sur ce territoire. Le nouveau Plan Nord doit être conçu en fonction de leurs besoins à long terme et ne pas être soumis aux seuls diktas des compagnies minières».

Évoquant la fragilité de ce territoire et les bouleversements qu’y annonce le réchauffement du climat, le porte-parole de Nature Québec estime qu’il faut là aussi lancer une véritable évaluation environnementale stratégique de façon à «maintenir l’intégrité écologique du territoire» et faire en sorte que l’exploitation de ses ressources profite à l’ensemble de la population québécoise par une maximisation de ses retombées économiques à long terme.

«Pourquoi ne pas inverser la matrice, conclut Christian Simard, en pensant d’abord à la conservation des ressources et en y insérant les meilleurs projets de développement en fonction de leur empreinte écologique et de leurs retombées autant sociales qu’économiques ?»
4 commentaires
  • Francois Parent - Inscrit 4 octobre 2012 09 h 08

    Décision responsable et respectueuse

    Un parti politique qui tient compte de tous les éléments en jeux. Une décision que nous ne regretterons pas de développer le Grand Nord de façon responsable et respectueuse.

    • Jérémie Poupart Montpetit - Inscrit 4 octobre 2012 14 h 33

      Je corrige: qui tient compte de certains éléments seulement, on ignore la plupart des répercussions environnementale de l'exploitation minière au Québec et on reste dans l'évaluation de sujets populaires en mettant de côté le reste. À preuve, ou sont les évaluations des mines n'exploitant pas l'uranium ? et qu'en est-il de l'évaluation de la qualité de vie des communautés jamésiennes et autochtones ? quels sont les programmes sociaux qui sont prévus pour sortir ces communautés des problèmes de violence domestique, de faible éducation, d'accès difficile à la santé, de mauvaises habitudes de vie, etc. ? Je vous rappelle qu'on ne promet encore presque rien aux autochtones...

      Jérémie Poupart Montpetit
      Étudiant au doctorat en science de l'environnement, UQAM

  • Jérémie Poupart Montpetit - Inscrit 4 octobre 2012 14 h 30

    Insuffisant

    Bravo à l'équipe du PQ pour sa prise en compte des répercussions environnementales, mais on garde toujours la tête dans le sable. Les mines d'uraniums ne sont prises au sérieux que parce que le risque de la radioactivité fait peur aux gens. Cet élément fut d'ailleurs un cheval de bataille de QS, malgré qu'on ait pu constater avec désolation que peu de gens lisent les lignes fines du plan nord (entièrement disponible sur le site du MRNF). L'extraction d'uranium n'a jamais été caché par le gouvernement Charest, mais on a agit comme si c'était le cas, car la plupart des gens n'étaient pas intéressés par les détails.

    Autre point, l'uranium est certes dangereux, mais il y a de multiples impacts qui ne sont mêmes pas mesurés pour les mines procédant à l'extraction de métaux lourds et/ou de haute valeur non radioactifs. Par exemple, saviez vous que l'arsenic est couramment utilisé dans l'extraction de l'or et que ce produit se retrouve très souvent dans l'environnement par la suite ? ou que les phénomènes d'acidification des cours d'eau lié à l'exploitation minière sont une problématique des plus importantes dans plusieurs pays d'Europe ? Ces deux phénomènes affectent non seulement la qualité des ressources, mais aussi la performance des écosystème dont une partie de l'économie dépends (foresterie, pêcheries touristiques, etc.)

    Le Plan Nord est à revoir non seulement d'un point de vue environnemental et économique, mais aussi d'un point de vue culturel. Il faut prendre compte de la valeur des écosystèmes boréaux et ce dans une optique sociale d'amélioration de la qualité de vie des communautés nordiques. Le nord n'est pas une vache à lait qu'on peut exploiter sans conséquences.

    Jérémie Poupart Montpetit
    Étudiant au doctorat en science de l'environnement, UQAM

    • Éric Cyr - Inscrit 5 octobre 2012 02 h 28

      Merci Monsieur de ces infos.