Les gazières ne se préparent pas à poursuivre Québec

L’industrie des gaz de schiste ne se prépare d’aucune manière à poursuivre Québec en raison du moratoire partiel institué dans le dossier des gaz de schiste, a appris Le Devoir.

C’est ce qu’a affirmé mercredi le directeur général de l’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ), Stéphane Gosselin, en réaction à la publication d’articles dans différents médias qui soutenaient le contraire depuis quelque temps.


« À l’APGQ, a-t-il déclaré, rien n’est fait en ce sens. Nous n’avons donné aucun mandat du genre, pas même à titre exploratoire. Nous ignorons à qui les journalistes qui écrivent ça ont parlé. Mais je puis vous dire que je n’ai pas entendu parler d’un seul de nos membres qui se préparerait à poursuivre Québec. Je dois cependant dire que je n’ai pas fait le tour de chacun, mais nous, on ne travaille pas dans ce sens-là et je pense qu’on en aurait entendu parler. »


En juin 2011, lors de la commission parlementaire portant sur le projet de loi 18 qui allait donner force de loi au moratoire sur l’exploration et l’exploitation de gaz et de pétrole dans l’estuaire du Saint-Laurent, l’ancien premier ministre, Lucien Bouchard, avait formulé l’idée qu’il faudrait indemniser les détenteurs des 31 permis en vigueur dans ce secteur, que se partageaient neuf entreprises.


Pour le porte-parole de cette industrie, c’était là une « question de principe » qu’il faut appliquer à toute révocation de permis ou d’expropriation. La ministre des Richesses naturelles et de la Faune de l’époque, Nathalie Normandeau, avait répliqué qu’il n’en était pas question pour le gouvernement. Les industriels avaient admis par la suite qu’ils avaient peu de chances de gagner une telle poursuite.


Le porte-parole de l’industrie gazière estime que le moratoire partiel en cours dans le dossier des gaz de schiste a fait l’objet, lui aussi, d’un consensus du côté industriel, car il n’interdit pas l’exploration, à l’exception de la fracturation hydraulique, et que Québec a prolongé les droits miniers momentanément suspendus.


« De toute façon, explique Stéphane Gosselin, personne dans l’industrie ne va investir pour exploiter les gaz de schiste avant qu’une centaine de puits n’aient livré leurs résultats. On a été victime de notre succès en donnant l’impression qu’on voulait développer tout de suite. Mais il faut savoir ce que vaut un gisement régional avant d’aller plus loin, ce qu’on ne sait pas avec une trentaine de puits. C’est une phase qu’il reste à faire. »

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L’EES à l’étude

Le ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Faune, Daniel Breton, analyse différents scénarios quant au sort de l’évaluation environnementale stratégique (EES) que le précédent gouvernement a lancée en instituant un moratoire partiel sur la fracturation hydraulique. Transférer tout le dossier au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) fait partie des hypothèses à l’étude. Le ministre a ainsi cautionné les propos de sa collègue des Ressources naturelles, Martine Ouellet, qui disait craindre des conflits d’intérêts dans ce groupe de travail. Les porte-parole du PQ ont aussi par le passé estimé que cette étude n’était pas conforme aux exigences d’une véritable EES parce qu’elle omettait de se pencher sur plusieurs facettes importantes du dossier.

15 commentaires
  • Djosef Bouteu - Inscrit 27 septembre 2012 00 h 43

    «Mais il faut savoir ce que vaut un gisement régional avant d’aller plus loin, ce qu’on ne sait pas avec une trentaine de puits. C’est une phase qu’il reste à faire.»

    Qu'il reste à faire?
    C'est une phase qui n'arrivera pas, sauf bond technique spectaculaire changeant la fracturation hydraulique en autre chose que le désastre écologique à grande échelle qu'elle est.

    Il y a eu assez de dégâts avec les puits déjà fracturés dont plus de la moitié fuient déjà.

    Cependant, c'est un pas dans la bonne direction (vers la sortie) de la part des gazières que d'annoncer qu'elles ne veulent pas poursuivre le Québec.

    Leurs tactiques d'intimidations, de mensonges, de rentre-dedans et de magouillage, bref de prédateur sans scrupules n'ont fait que motiver les citoyens à les mettre à la porte. En rajouter une couche avec une poursuite aurait mit les citoyens «en beau câlice».

  • Éric Cyr - Inscrit 27 septembre 2012 06 h 25

    Les alternatives

    Il y a de nouvelles technologies de panneaux solaires minces, de tuiles et même de peinture, très efficaces et à des coûts de fabrication des plus bas... et personne n'en parle jamais... parce que le soleil ne peut pas être détenu par le privé?

    Idem pour le vent. De PETITES éoliennes silencieuses graduellement déployées, ainsi que celles qui se marient au pignon des toitures, où il y a un courant d'air quasi perpétuel... on n'en parle jamais non plus.
    Et pour ceux qui disent que c'est laid, avez-vous regardé les poteaux de téléphones dans votre cour? dans les rues, partout? Personne ne chiale et c'est pourtant atrocement plus affreux qu'un moulin à vent!

    Contrairement aux années '70, les seules alternatives qui semblent exister maintenant sont celles(toutes dangereuses) qui génèrent des profits au secteur privé (nucléaire, gaz, hydrogène, charbon, pétrole) et dont la ressource peut être accaparé et séquestré par un petit groupe.

    Les alternatives vertes ont disparu! Fini le géothermique, le maré-moteur, le solaire et l'éolien à dimension humaine... toutes ressources non polluantes... On dit que seulement la moitié des toitures greillées de tuiles solaires suffirait à combler tous nos besoins en énergie, proprement et GRATUITEMENT! Produits massivement, les équipements nécessaires à la capture et au stockage du soleil coûteraient bien moins cher que ce que nous donnons chaque année aux grandes pétrolières en essence et en chauffage. Imaginez, alimenter nos voitures électriques d'énergie propre et gratuite! Utopique? technologiquement, pas du tout...

    • Yvan Dutil - Inscrit 27 septembre 2012 07 h 02

      Excuser moi, mais êtes vous au courant que les petite éoliennes domestqiues n'arrivent pas à produire une quantité d'énergie équivalente à leur fabrication au cours de leur vie! Pour ce qui est du photovoltaïque. Il ne sert à rien de mettre des fonds publics dans cette technologie. Dans quelques années, elle sera rentable au Québec sans subvention.

    • Éric Cyr - Inscrit 27 septembre 2012 08 h 56

      @Yvan Dutil
      J'ai passé à deux doigts d'ajouter dans mon texte :"et regardez bien les détracteurs payés par l'Industrie se manifester illico à la suite de mon commentaire" ... J'avais une tite pensée pour vous. :-)

    • Yvan Dutil - Inscrit 27 septembre 2012 09 h 13

      Monsieur Cyr, vous carburez à la théorie du complot dès quelqu'un corrige vos idées fausses. Mes propres travaux de recherche portent sur l'analyse de cycle de vie des sources d'énergie. Dans le cas des éoliennes, plus elles sont grosses mieux c'est. La littérature scientifique est très claire à ce sujet. Dans le cas des éoliennes domestique, des tests ont montrés que souvent elles ne produisent même pas assez d'électricité pour alimenter leur système de mesure!

      Pour ce qui est du PV, le coût de revient est de l'ordre de 25¢/kWh, mais va diminuer rapidement dans le futur. On peut choisir de jeter de l'argent au feu dans le déploiement de cette technologie ou investir au cela est le plus rentable du point de vue environnememal par dollar. De plus, il serait absolument urgent d'imposer des réglements d'urbanisme qui imposent la conctruction de bâtiments en fonction du solaire passif. Il y a encore trop de maison construites avec les plus grosses fenètres du coté nord!

      À mon avis, il meilleure stratégie serait de faire un relevé systématique des bâtiments en hiver avec des caméras infrarouge et repérer ceux qui sont les plus mal isolés afin d'intervenir sur eux en priorité. En terme de coût-bénifice environnemental ce serait pas mal plus efficace.

  • Éric Cyr - Inscrit 27 septembre 2012 09 h 17

    Mais

    Mais peut-être M. Dutil, les rares éoliennes qui sont sur le marché, (beaucoup trop chères) sont concues exprès pour être inefficaces et fragiles? Ce ne serait pas la première fois que des compagnies écrans seraient mis en place pour saboter la concurrence...

    Les éoliennes de nos ancêtres fermiers fonctionnent encore de nos jours, ça laisse songeur quant à votre affirmation peu dispendieuse...

    Thomas edison voulait implanter des éoliennes dans chaque domicile vers 1912, du temps où la voiture était aussi électrique et les postes d'essence quasi inexistants. Il avait breveté et fabriqué des piles au Nickel-Fer à durée de vie estimée de 30 à 50 ans(ça s'est avéré encore plus long par la suite), rechargeables en moins de 5 heures.

    Ces piles faisaient faire plus de 300km sur une charge aux voitures de luxe de la Detroit Electric et de la Baker Electric de l'époque. IL Y A 100 ANS!

    Edison les destinaient aussi au stockage de l'électricité générée par les éoliennes domestiques. Curieusement en 1914, alors qu'il avait une entente pour 150 "Model T" électriques (encore moins chères que les originales), et fabriqué 100 000 de ses piles, son usine, pourtant réputée à l'épreuve du feu, par des bâtiments séparés et bétonnés, a complètement brulé...
    - Internal Combustion, Edwin Black.


    Vous me paraissez bien renseigné vous-même, pour quelqu'un qui a toujours des objections aux énergies douces. Faites nous partager votre savoir... avec des détails svp.

    • Yvan Dutil - Inscrit 27 septembre 2012 10 h 42

      Vous carburez encore à la théorie du complot à ce que je vois. Les éoliennes de nos ancêtres étaient en bois, très inefficace, bruyantes et ne fonctionnent plus à moins d'avoir été soignement entretenue. Il faut comprendre que si c'était une technologie intéressante il y a 50 ans, aujourd'hui, l'électricité est présente partout. De plus, ici au Québec, elle est déjà produite très efficacement de sources renouvelables.

      D'autre part, il faut savoir que la production d'énergie d'une éolienne dépend du cube de la vitesse moyenne du vent et du carré de son diamètre. Cela fait que sa puissance augmente énormément avec la hauteur. De plus, en s'élevant on sort de la zone de turbulence, ce qui augmente les performances. D'autre part, les fabricant d'éoliennes vous vendent de performances merveilleuses qui ne se réaliseront pas toujours dans le monde réel. Par exemple, à l'heure où l'on se parle, je suis en train de lire un article croate sur les performances de petites éoliennes domestique. Sur les 43 modèles étudiés, les performances données par le fabricant violent les lois de la physique pour 15 modèles!

      Ne croyez donc pas tout ce que vous lisez dans les magazines.

    • Éric Cyr - Inscrit 27 septembre 2012 12 h 04

      Ne vous en déplaise, elles étaient en acier , facilement réparables et beaucoup sont encore fonctionnelles. Pomper de l'eau ou pomper une dynamo, ça s'accumule dans les batteries et c'est propre et gratuit. Vous me faites penser à ce Simon Chartrand du blogue auto de LaPresse, qui se dit écologiste qui travaille dans le domaine, mais qui a toujours à redire à propos des voitures sans pétrole...
      http://www.windmillersgazette.com/gallery.html

    • Éric Cyr - Inscrit 27 septembre 2012 12 h 16

      Un article Croate? tiens donc! Faites-la nous partager!

  • Éric Cyr - Inscrit 27 septembre 2012 09 h 52

    Ha! La théorie du complot!

    N'est-ce pas là une façon magique de discréditer un opposant gênant? Le terme "Théorie du complot" n'a-t-il pas été inventé et diffusé par ceux-là même qui fromentent les complots?
    Comme vous le savez sûrement, les complots et les magouilles pour s'accaparer une plus grande part du mammouth ont existés depuis que l'homme est homme, et les meilleurs complots sont ceux que l'Histoire n'a pas pu retenir faute d'indices... ou par censure du plus fort...

    Les grands capitalistes seraient tous des anges et aucune des sur-puissantes multinationales n'aurait jamais envisagé de combines pour faire plus de fric? Allons donc! Les nouvelles abondent de cette pointe d'iceberg que sont les complots.

    Le complot du cartel pétrolier dure depuis cent ans. Depuis 1910 pour être plus précis. John D. Rockefeller et sa compagnie Standard Oil(premier grand monopole continental et mère de tous les autres) associé aux grands banquiers de l'époque. Et plus tard, les fabricants de voitures, les industries gazière et charbonnière s'y sont greffés naturellement, par opportunisme et/ou infiltration.

    • Yvan Dutil - Inscrit 27 septembre 2012 11 h 40

      Oui, car vos explications pour lesquelles une technologie n'a pas perçée sont toujours le fruit d'un complot. Il suffit de lire vos textes, cela crève les yeux. Au début du siècle dernier, il y avait plus d'autos électriques qu'à l'essence. Pas la suite, la tendance s'est inversée. La raison: le démarreur électrique qui a fait perdre un avantage compatif important aux voitures électrique. Ensuite la technologie des piles n'a pas suivie, ce qui est tout à fait normal dans le cadre de la physique.

    • Simon Mayrand - Inscrit 27 septembre 2012 12 h 28

      Merci Éric pour ce crash course 101 sur "la théorie du complot", extrêmement bien organisé: si j'étais à la place de l'industrie du gaz de schiste j'essaierais de vous employer. Évidemment je suis entèrement d'accord avec vous et en complet désaccord avec monsieur Dutil....Un exemple flagrant ? (et je me ferai moi aussi taxer de "complotiste").....la voiture électrique de monsieur Lionel Bertrand que la saaq refuse de plaquer: ils veulent lui faire faire un test de collision !!!!! Détruire son prototype/fonctionnel,........C'est pas du complôt, c'est de LA CORRUPTION!....En passant, les kit pour transformer vos véhicules à essence en auto électrique sont disponibles (c'est ce que monsieur Bertrand me disait), mais contrairement à lui, prenez un véhicule déjà plaqué pour faire la modification....et la saaq ne s'en rendra pas compte: à corrompus corrompu et demie....

    • Éric Cyr - Inscrit 27 septembre 2012 14 h 31

      100 chevaux, 120 km/h, recharge en 4 heures. 60 km d'autonomie.
      Comparable à la Volt de GM, mais en mieux et bricolé par une personne seule. Vous voyez l'absurdité?!? Si c'est pas un complot du cartel pétro-auto, dites-moi ce que c'est !?! Les armées d'ingénieurs des grands fabricants ont la cervelle à "off" ???

      Les commentaires de l'article de Monsieur Bertrand sont intéressants aussi. Merci encore.

    • Yvan Dutil - Inscrit 27 septembre 2012 16 h 18

      D'après le présidents de Voitures électrique du Québec, c'est un problème unique au Québec dû à la SAAQ.

  • Pierre-Antoine Ferron - Inscrit 27 septembre 2012 10 h 53

    Compensation

    Il s’agirait de réclamer au gouvernement du Québec la compensation pour les pertes subies par les compagnies d’exploration dues au décret de moratoire permanent sur les gaz de schiste.
    Ces pertes sont celles encourues par les activités d’exploration et celles des pertes patrimoniales. Ces pertes seraient réelles, et démontrables. Elles pourraient aussi réclamer pour préjudices en relation aux pertes de revenus anticipés.
    Le gouvernement avancera qu’il a décrété dans l’intérêt du bien commun. Les compagnies, elles, demanderont que le gouvernement prouve cet avancé, sinon, il ne s’agirait que opinions, tout au plus.
    Reste à voir si les compagnies sont prêtes à jouer leur avenir au Québec.
    Une raison de plus pour une loi moderne sur les hydrocarbures.
    Merci