Gaz de schiste - Tout pour le développement?

Le comité de l’évaluation environnementale stratégique (EES), chargé de faire la lumière sur la filière des gaz de schiste au Québec, fait bien peu de cas de l’option « pas de développement » et de l’acceptation sociale des projets.

C’est du moins ce qui ressort des documents obtenus par Le Devoir à la suite d’une réunion du comité de l’EES à Drummondville, mardi, avec une vingtaine de représentants de groupes citoyens, environnementaux, de santé publique et municipaux.


Cette rencontre, appelée « comité miroir de consultation sur le projet type et les scénarios de développement », était la première d’une série de quatre. Elle portait sur la présentation de cinq scénarios allant de « aucun développement » à un développement maximal au cours des prochaines années.


Or, dans l’ordre du jour de la rencontre, on peut lire que « pour chacun des scénarios, il y a aura une courte présentation, une discussion et un résumé […] À noter que le scénario « aucun développement » nécessitera probablement peu ou pas de discussion. Le temps dégagé au niveau de ce scénario pourra être alloué aux autres scénarios ».


Serge Fortier, coordonnateur du Regroupement interrégional Gaz de schiste de la Vallée du St-Laurent (RIGSVSL), dénonce, à l’issue de cette rencontre, le peu de place accordé à cette option, la seule qui soit valable selon lui. Mais il précise néanmoins que la raison pour laquelle on n’a que très peu parlé du scénario « aucun développement » était que celui-ci impliquait peu d’impacts comparativement aux autres.


Cela ne l’empêche pas de déceler, à travers les discussions de la journée, une tendance très favorable au développement de l’industrie au sein de ce comité mis sur pied par l’ancien gouvernement et dont les conclusions sont attendues pour l’automne 2013.


« C’est quand même étrange que la première rencontre porte sur les scénarios de développement alors que celles où il sera question d’impacts environnementaux et sociaux ne viendront que l’an prochain. C’est comme si on m’offrait un champignon et qu’on me demandait à quelle vitesse je voulais le manger avant même de savoir s’il est toxique. Pour moi, ça ne fait aucun sens. »

 

L’acceptation sociale


Mais ce qui lui apparaît comme étant bien plus grave encore, c’est l’absence de références à l’acceptation sociale dans le projet type qui a été présenté au comité miroir mardi.


Dans ce document qui se veut, selon l’EES, « un portrait le plus réaliste possible de ce à quoi pourrait ressembler un projet de gaz de schiste pour une entreprise gazière oeuvrant au Québec », on y décrit toutes les phases de réalisation d’un projet, de « l’identification d’un bassin potentiellement producteur à la fermeture complète d’un puits ».


Nulle part, il n’est question de « l’élément humain », dénonce Serge Fortier. « S’il y a eu toutes ces études, c’est parce qu’il y avait des citoyens qui étaient inquiets. Mais l’EES, dans ce projet type, ne tient même pas compte de la consultation publique et de l’acceptation sociale qui devraient chapeauter toutes ces étapes. C’est tout pour le développement. »


 
8 commentaires
  • Pierre-Antoine Ferron - Inscrit 26 septembre 2012 08 h 26

    Inertie...Ineptie

    Merci pour la possibilité d'exprimer mon opinion. Il s'agi ici d'une question rhétorique sur la vraisemblance du possible. Mais en politique c'est la gouvernance inertielle, le laisser-faire, l'immobilisme.

    En planification, la mission a trois attribûts. La mission doit être désiré, possible et factible. La stratégie qui nous permet de compléter la mission consiste en équilibrer les fins avec les moyens.
    La stratégie donc consiste en définir et quantifier toutes ressources nécéssaires pour combler la brèche qui sépare le présent du futur désiré.

    Le BAPE a agit avec sagesse en se limitant qu'aux activités de son mandat et en évitant le piège des analyses qui paralysent.

    Dans le contexte du développement, l'inertie est une ineptie!

  • Claude Smith - Abonné 26 septembre 2012 09 h 13

    Suspicion

    Ce n'est pas par hasard que le parti québécois préconise le transfert du mandat au BAPE. L'EES a été mis sur pied par le gouvernement libéral pour nous faire accepter le développement de cette source d'énergie.

    Claude Smith

  • riou pauline - Inscrite 26 septembre 2012 12 h 27

    Allergique aux développements

    Les Québécois sont devenus allergiques aux développement. Il suffit qu'un écologiste parle pour que le troupeau se mette en marche pour suivre le leader comme des petits moutons. Je ne dis pas qu'il faut le faire n'importe comment, mais on doit le faire. Ils veulent de l'énergie verte foutaise, c'est ps avec ça qu'ont va devenir un peuple riche. One ne veut pas d'éolienne parce cela déguise le paysage, on ne veut pas de gaz de schiste parce que c'est trop polluant, one veut pas de centrale hydro-électrique parce que ce n'est pas bon pour les rivières, on ne veut pas de tour d'Hydro-Québec parce que ça déguise le paysage et qu'ils sont trop hautes etc....je pourrais encore en dire mais ma liste serait trop longue. Alors je crois qu'on s'en va dans un mur et que là ça va faire mal. Un pays se bâtit sur ses richesses naturelles, pas de richesses alors c'est un pays pauvre.Dommage qu'on soit encore dans une mentalité rétrograde. On aime la misère et on aime payer toujours plus cher que les autres. Peuple de moratoire et pas dans ma cour.

    • France Marcotte - Abonnée 26 septembre 2012 14 h 37

      Vous dites n'importe quoi.

      Cet article dénonce le fait que toute la place dans cette rencontre a été faite à ce que vous prônez et aucune à ce que vous dénigrez.

    • Sylvain Auclair - Abonné 27 septembre 2012 08 h 26

      Le «pas de développement» est simplement la comparaison. Parfois, il est plus sage, et moins coûteux, de ne rien faire. Il est des mines dont la restauration a coûté davantage que la valeur de la matière extraite!

    • Johanne Huot - Abonnée 27 septembre 2012 14 h 34

      Pauline,
      sur quelle planète vivez-vous ? L'igorance va tous nous tuer. L'Artique fond, l'eau potable et pure devient rare et se vend plus chère que le pétrole, l'air des villes est pollué, les sols agricoles regorgent de pesticides et de produits chimiques qu'on retrouve dans nos légumes, la diversité biologique diminue, les océans sont devenus des dépotoirs...
      Tout cela pour suivre la folie du développement, pour enrichir les actionnaires de grandes entreprises. L'argent mène le monde.... la nouvelle religion !
      Au Québec, ne peut-on pas faire autrement ? Au delà du développement durable, il faut d'ores et déjà commencer à planifier la décroissance, seule voie possible pour assurer avec précaution la survie de l'humanité.

    • Louise Lefebvre - Inscrite 27 septembre 2012 20 h 41

      Chère Pauline, vous auriez intérêt à regarder les reportages de l'émission Découverte de radio-canada, les grands reportages de RDI, les reportages sur l'environnement au canalD, les années lumières à la radio de radio-canada, planète bleu à télé-québec et bien d'autres autant à la télé que sur YouTube...Vous apprendriez ce qu'est une mine d'or, le gaz de schite, le pétrole et les nouvelles technologies qui émergent de partout dans le monde...pas juste du négatif mais des solutions et des alternatives aussi...
      Bonne découverte!!!

  • France Marcotte - Abonnée 26 septembre 2012 14 h 42

    Aller au fond des choses

    Au fond des choses, dans le menu, on voit comment s'entrecroisent les brins de laine du tissu social.

    À l'échelle microscopique, il n'y a pas d'insignifiants grains de poussière.