Sacs de plastique : les Québécois ont réduit leur utilisation de 52%

Le ministre du Développement durable et de l’Environnement, Pierre Arcand, veut s’attaquer au suremballage des aliments.
Photo: François Pesant Le Devoir Le ministre du Développement durable et de l’Environnement, Pierre Arcand, veut s’attaquer au suremballage des aliments.

Les Québécois ont épargné à la planète 1,2 milliard de sacs de plastique pour leurs emplettes, atteignant ainsi l’objectif que leur avait donné le gouvernement deux ans plus tôt que prévu.


Le ministre du Développement durable et de l’Environnement, Pierre Arcand, a annoncé hier, à Montréal, que l’objectif d’une réduction de 52 % de l’utilisation des sacs de plastique uniservice avait été atteint en 2010 plutôt qu’en 2012, comme le prévoyait le plan 2008-2012.


Les Québécois, qui utilisaient ainsi 2,2 milliards de sacs de plastique en 2008, n’en utilisaient plus que 1 milliard en 2010. « Pour parler en termes très concrets, la réduction s’élève à plus d’un milliard de sacs, ce qui représente environ trois sacs de moins par semaine par Québécois. C’est donc tout simplement remarquable », s’est exclamé le ministre Arcand.


Maintenant que l’objectif est atteint, Québec n’a toutefois pas l’intention de donner aux citoyens un autre objectif chiffré pour les prochaines années. Il veut simplement qu’ils poursuivent dans la même veine, en se procurant des sacs réutilisables ou en devant débourser 5 cents le sac de plastique non réutilisable. « Pour l’instant, on ne s’est pas donné un objectif. Nous voulons que les choses continuent d’avancer. Nous ferons certainement, au cours de la prochaine année, une analyse pour voir si les choses évoluent de façon correcte. Mais il y a des cas où il est nécessaire de faire des règlements et des cas où un code volontaire est très utile. Dans ce cas-ci, le code volontaire a été un grand succès », a-t-il conclu.


Il a souligné que l’industrie du plastique s’était adaptée aux exigences environnementales et qu’elle travaillait notamment à la confection de sacs compostables, plus écologiques.


Le ministre Arcand a précisé qu’à l’épicerie, le recours au sac réutilisable était devenu chose commune, mais « dans les pharmacies, il y a encore un peu de travail à faire ».


Le ministre avait aussi annoncé qu’il souhaitait également réduire le suremballage des aliments, notamment les barquettes et assiettes en styromousse. L’objectif de 10 % a déjà été réalisé, a-t-il précisé.

13 commentaires
  • Yvon Bureau - Abonné 24 juillet 2012 08 h 52

    Boite de céréales

    Si elle était permanente, cette boite?
    À l'épicerie, nous n'aurions qu'à prendre ces céréales dans le sac transparent et, à la maison, le placer dans la boite permanente.

    Pourquoi pas un concours de suggestions, monsieur le ministre?

    • Martin - Abonné 24 juillet 2012 13 h 46

      Les céréales de Nature's Path sont vendues dans des sacs sans boîte ce qui permet de sauver 66% des ressources. Cependant, elles ne sont pas populaires puisqu'elles ne sont pas accompagnées de publicités télévisées. Vous les trouverez cachées dans les sections biologiques de vos détaillants préférés.

      Il y a déjà une solution responsable pour tout. Cela demande juste un effort de réflexion et de remise en question supplémentaire.

  • Jeannot Duchesne - Inscrit 24 juillet 2012 09 h 05

    Pas dans ma cour

    Les sacs de plastiques ne tuent pas personne, l'amiante oui.

    • France Marcotte - Inscrite 24 juillet 2012 09 h 52

      Vous vous trompez, les sacs de plastiques tuent à petit feu.

      Il s'en retrouve partout, particulièrement dans les cours d'eau et les océans où leur dégradation les entraîne dans la chaîne alimentaire.

      Ce qui est étonnant c'est d'associer ce succès principalement au gouvernement et de le faire maintenant.

    • Jean-Michel Lambert - Inscrit 24 juillet 2012 16 h 54

      France Marcotte a raison.

      Il se forme littéralement des îles de plastiques dans les océans, où les courants marins se rencontrent et forment des tourbillons.

      Ce plastique est décomposé par les rayons UV en chaines d'isomères. Ces chaines d'isomères pénètrent dans la chaire de la faune aquatique lorsqu'ils absorbent l'eau pour en retirer l'oxygène. Ce plastique se retrouve donc dans la chaine alimentaire.

      D'où vient le saumon qui se vend généralement dans les poissonneries? De mémoire, son appélation est 'Saumon de l'Atlantique' et cela doit en dire suffisament long.

  • Jean Richard - Abonné 24 juillet 2012 10 h 36

    Quelle blague...

    Y a-t-il encore des gens assez naïfs pour croire en la vertu facile des marchands et des politiciens ? Dommage qu'il faille répondre OUI à une telle question.

    Les marchands vous vendent soit :

    - des sacs réutilisables (1 $ ou plus) sur lesquels ils font des profits ;

    - des sacs d'épicerie conventionnels (qui, contrairement à la croyance imposée, sont réutilisables) à 0,05 $ sur lesquels ils font des profits remarquables ou,

    - d'avantage de sacs Glad (avec encore des profits) pour ceux qui ne réutilisent plus les sacs d'épicerie pour leurs poubelles de cuisine et de salle de bain.

    L'épicier est le grand gagnant, peu importe l'option choisie. Le politicien s'affiche en héros de la vertu à l'approche d'une élection. Mais qu'en est-il de l'environnement ?

    Le sac Glad qui remplace désormais le sac d'épicerie dans vos poubelles contient beaucoup plus de matières premières que le sac d'épicerie (utilisez une balance pour connaître la différence).

    Les sacs réutilisables ? Santé Canada s'en mêle en faisant peur aux gens avec des sorcières, pardon, des bactéries. Les gens vont donc commencer à laver et désinfecter leurs sacs réutilisables, réduisant leur vie utile et gaspillant des tonnes d'eau, de savon, de chlore et j'en passe.

    Pendant ce temps, le sac d'épicerie typique d'un consommateur qui sort d'une épicerie contient des dizaines de grammes de suremballage, soit plusieurs fois la masse du sac à 0,05 $ et personne ne s'en inquiète.

    Supercherie ? Hélas, ça y ressemble énormément !

    • France Marcotte - Inscrite 24 juillet 2012 11 h 11

      Doit on comprendre simplement que vous êtes parmi ceux qui n'ont pas encore pris cette intelligente habitude des sacs réutilisables?

    • Jean Richard - Abonné 24 juillet 2012 12 h 58

      Non, madame Marcotte, vous n'avez pas bien compris.

      Le vrai sac “uniservice”, ce n'est pas le sac d'épicerie à 0,05 $, mais bien le sac Glad (ou autre marque) qui coûte plus cher et surtout, qui contient facilement cinq fois plus de matières premières (des plastiques issus du pétrole) que le sac d'épicerie, devenu très mince (et malgré tout résistant) depuis quelques années.

      Le sac d'épicerie à 0,05 $, il a souvent été réutilisé par nombre de gens dans le passé, parfois à l'épicerie-même, mais le plus souvent pour mettre les ordures domestiques. Il est aujourd'hui remplacé par le sac Glad pour la poubelle.

      La question reste donc entière - et ce n'est pas le ministre Arcand qui va y répondre avec honnêteté, ne sachant pas la réponse et ne voulant pas la savoir : se pourrait-il qu'après quelques années de sacs à 0,05 $ et de vertu facile, on envoie au dépotoire davantage de matières plastiques qu'avant, sachant que les sacs Glad sont beaucoup plus lourds que les sacs à 0,05 $ ?

      L'autre point important que vous n'avez pas vu, c'est la mention du suremballage. La prochaine fois que vous irez à l'épicerie, si par hasard vous achetez de la viande, des biscuits, des céréales, conservez tous les emballages et comparez leur masse totale avec celle du sac à 0,05 $. Vous verrez que ce dernier ne représente qu'une mince fraction de l'ensemble. Est-ce que le ministère de l'Environnement du Québec s'est attaqué avec sérieux au problème du suremballage ? Pas que je sache. Et ce suremballage, contrairement au sac à 0,05 $, il est “uniservice”...

    • France Marcotte - Inscrite 24 juillet 2012 13 h 38

      Malgré tout, moi ce que je retiens c'est qu'il a été possible pour des milliers de gens de changer une vieille habitude en assez peu de temps, ce qui signifie que bien d'autres habitudes pourraient être changées.

      Ce geste, même si quelqu'un encore en tire profit, demeure un geste positif et remplace une pratique insensée.

      Il est possible de changer les choses, c'est une bonne nouvelle.

    • Martin - Abonné 24 juillet 2012 14 h 06

      Avec seulement une série d'actions responsables, vous pouvez diminuer fortement votre dépendance aux dépotoires et surtout aux sacs «Glad» qui sont horribles pour l'environnement et vous fera considérablement économiser. Changez vos habitudes d'achats et réutiliser efficacement les tonnes de déchèts que vous produisez.

      Je ne prends pas de sacs dans les commerces et je n'en achète pas non plus. C'est la liberté que les commerces nous ont offert en nous laissant apporter nos propres sacs, boîtes ou plats dans les épiceries. Essayez d'imaginer comment c'était honteux de se faire juger à chaque fois qu'on refusait des sacs en utilisant des méthodes alternatives avant cette campagne et vous comprendrez que ce n'est pas une conspiration, mais une petite victoire pour les personnes responsables.

      Je suis néanmoins d'accord avec vous qu'il reste du travail à faire et que ce n'est pas ce gouvernement sans ambition écologique qui y parviendra.

    • Éric Cyr - Inscrit 26 juillet 2012 09 h 50

      @Martin Desrosiers
      L'action responsable efficace, c'est de se débarasser des politiciens qui supportent les pétrolières qui produisent ces sacs, et dont le modèle d'affaire est en train de détruire la biosphère.

  • Éric Cyr - Inscrit 26 juillet 2012 09 h 47

    Belle arnaque... de plus

    Le rituel du sac réutilisable est une manoeuvre pour nous donner bonne conscience et nouis démobiliser sur des enjeux plus urgents. Les articles comme celui-ci en font partie.

    Ce ne sont ni l'agent glad ni l'épicier à qui va ultimement le profit. C'est au plus grand pollueur de tous les temps, celui qui vend plus cher les sacs que l'épicier nous donnait avant, celui qui vend plus de plastique dans les sacs réutilisables, celui qui devrait être LA cible à abattre : les pétrolières et autres hydrocarburiens qui produisent le plastique.

    Ils contrôlent la publicité et les médias, dépensent des miliards de notre argent en P.R. (lire propagande et conditionnement) pour nous convaincre que le pétrole est incontournable.

    Le plastique pourrait être fait en canne à sucre, fécule de pomme de terre, de maïs. Il y en a déjà! Peu de pollution, inofensif et biodégradable. Pourquoi pas des sacs de papier recyclable tout plein?

    Ceci dit, réutiliser nos sacs est en soi une bonne chose, mais un action combien minuscule, microscopique, pour l'environnement, à comparé à ce qu'UNE SEULE cheminée de rafinerie dégage!

    J'ai des sacs réutilisables et je réemploi autant que possible mes sacs "uniservices". J'ai un sac de sacs dans l'auto et je me contrefous que mon sac soit au logo de Metro chez IGA et Loblaw chez SuperC.

  • Marcel Blanchet - Inscrit 26 juillet 2012 16 h 50

    Le ridicule ne tue pas...

    Les québécois ont réduit leur utilisation de 52% …qu'elle farce. On se servait de ces sacs pour mettre les déchets de tables dans les poubelles. Maintenant qu’est-ce qui se passe ?

    Vu qu’on a plus de sacs d'épiceries, on achète des sacs de plastique dans les épiceries pour les remplacer et qui ne sont pas plus dégradables que ceux qu’on avait, l'épicerie fait de l'argent et l'environnement est aussi polluer.