île d’Anticosti - Une nouvelle campagne d’exploration inquiète

L’entreprise Junex, qui possède une partie des permis d’exploration pétrolière de l’île d’Anticosti, entend mener une campagne de levés au cours des prochaines semaines afin de préciser les lieux où pourraient avoir lieu des forages traditionnels dès 2013. Certains s’inquiètent toutefois du déboisement qui sera effectué pour mener ces tests.

Selon ce qu’a expliqué hier Dave Pépin, vice-président aux affaires corporatives et chef des finances de Junex, il faut absolument passer par une première étape de levés sismiques afin de déterminer où doivent être forés les puits exploratoires. Car même si on sait que la formation géologique du Macasty contient du pétrole, il faut être en mesure de déterminer le meilleur endroit pour tenter de préciser le potentiel.


Si tout se passe bien pour la société spécialisée dans l’exploration pétrolière et gazière, on espère forer des puits conventionnels l’an prochain. M. Pépin a d’ailleurs tenu à préciser qu’il n’était pas question de forages horizontaux ni de fracturation. Mais selon ce qu’a déjà fait valoir la direction de Pétrolia - qui possède elle aussi des permis d’exploration sur Anticosti -, il est probable que les pétrolières devront recourir à la fracturation pour extraire l’or noir du sous-sol de l’île. Cette méthode n’a jamais été utilisée au Québec et n’a fait l’objet d’aucune évaluation environnementale.


Selon ce qu’ont indiqué certaines sources au Devoir, les opérations de levés sismiques des prochaines semaines nécessiteront un certain déboisement de couloirs afin qu’il soit possible de progresser avec l’équipement. Ainsi, il serait question de déboiser sur une largeur de trois mètres et une longueur totale de 150 kilomètres. Tous les 60 mètres, un trou de huit mètres de profondeur devrait être creusé afin de mener les opérations. On mobilisera aussi un hélicoptère pour transporter le matériel. Certains citoyens s’inquiètent des perturbations qu’entraînent ces opérations. Il n’a pas été possible hier de rejoindre la mairie de Port-Menier pour obtenir des réactions.


Junex contrôle près de 945 kilomètres carrés de permis sur la plus grande île du Québec. Ceux-ci longent la rive sud d’Anticosti. Le sous-sol de ses cinq permis pourrait contenir pas moins de 12,2 milliards de barils de pétrole, selon la « meilleure estimation » inscrite dans un rapport publié en septembre dernier et produit par Netherland, Sewell and Associates, une firme d’ingénierie basée au Texas.


Au total, le sous-sol d’Anticosti pourrait receler au moins 40 milliards de barils de pétrole. Hydro-Québec contrôlait, jusqu’en 2008, la majorité des permis sur l’île. Ceux-ci ont été cédés à Pétrolia pour un montant qui n’a jamais été rendu public. Les entreprises qui contrôlent les permis doivent débourser 10 ¢ l’hectare chaque année pour conserver leurs droits d’exploration exclusifs.

8 commentaires
  • Claude Smith - Abonné 7 juillet 2012 08 h 39

    Vive la transparence !

    Hydro-Québec appartient aux Québécois mais ils ne peuvent savoir quelle somme a payé Pétrolia pour l'obtention des permis. La cerise sur le gâteau est que les entreprises qui contrôlent ces permis, ne paient que 10 cents l'hectare.

    Claude Smith.

    • Claude Lachance - Inscrite 9 juillet 2012 07 h 36

      Même à $ 0. 20, $0.30 $ 0.,40 ..la question est beaucoup plus une question d'environnement. Ceux qui en ont fait une question d'argent uniquement, sont de fieffés manipulateurs ..L'urgence que l'ont met au forage, est un dommage irréversible à la nature.Et cela n'a pas de prix, mais des couts écologiques exorbitants . C'est sale!

  • Michel Leclaire - Inscrit 7 juillet 2012 12 h 20

    L'inconscience

    Et dire qu'il se trouve des gents pour voter PLQ!

    • Maryse Veilleux - Abonnée 9 juillet 2012 09 h 01

      Effectivement, c'est assez incroyable!...

  • Catherine Paquet - Abonnée 8 juillet 2012 21 h 17

    Ça ressemble à une arnaque...

    Hydro-Québec a cédé pour une bouchée de pain les droits d'exploration sur l'Ile d'Anticosti parce que les coûts d'extraction du pétrole sur cette Ile seraient de 5 à 10 fois supérieurs à ce que le marché connaît maintenant. Donc une rentabilité nulle pour de nombreuses années.
    Les société qui ont obtenu ces permis font croire à des actionnaires et autres contributeurs qu'ils seraient assis sur une mine d'or, et qu'un jour ce sera la fortune. Or il n'en est rien. Ce pétrole est inaccessible, et il le restera pour plusieurs années même après que la demande aura commencé à diminuer, et les prix à chuter.

  • André Michaud - Inscrit 9 juillet 2012 09 h 20

    L'île des millionnaires

    IL faut être millionnaire pour avoir accès à cette île, les coûts de transport et hébergement étant astronomiques. Une ile artificelle en ce sens que sans prédateurs pour les chevreuils et pour favoriser la chasse pour les riches.

    Si au moins ça pouvait faire travailler des citoyens ordinaires et rapporter à l'état pour aider à payer nos dettes colossales et les services publiques de plus en plus coûteux..il faut voir et étudier cas par cas..

  • Gilles Théberge - Abonné 9 juillet 2012 11 h 25

    Ça ne sera pas long

    Si rien ne change ce ne ser apas long que ce joyaux sera complètemenr saccagé par les joyeux lurons de Junex.

    Le temps est long avant que ne soient déclenchées les élection qui vont nous permettre de se débarrasser de la bande des Libéraux de Charest dont la stratégie de développement consiste à essentiellement à distribuer nos ressources naturelles à tout venant, et surtout aux amis du régime.

    Le ménage va être difficile à faire, et il est probable qu'il devra se faire dans un concert de grincement de dents, tant ces pourris vont avoir détérioré la situation pendant leur trop long règne.