L’océan Arctique aux enchères

Un iceberg émerge du brouillard matinal à Frobisher Bay, dans l’Arctique canadien. L’Arctique, de plus en plus accessible en raison de la fonte des glaces, suscite la convoitise des pétrolières.
Photo: Agence Reuters Andy Clark Un iceberg émerge du brouillard matinal à Frobisher Bay, dans l’Arctique canadien. L’Arctique, de plus en plus accessible en raison de la fonte des glaces, suscite la convoitise des pétrolières.

Partisan avoué de l’exploitation des ressources fossiles jusque dans les zones exemptes de tout développement industriel, le gouvernement Harper a décidé de mettre aux enchères près de 10 000 kilomètres carrés de l’océan Arctique. Les pétrolières pourront donc aller y chercher des hydrocarbures et éventuellement les exploiter, au profit de leurs actionnaires.

« Cette mise aux enchères signifie que nous croyons au potentiel d’exploitation des ressources naturelles du Nord, des ressources qui représentent une immense croissance économique et des possibilités d’emplois formidables pour les habitants du Nord et pour tous les Canadiens », a soutenu Jason Macdonald, le porte-parole de John Duncan, ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien.


Le potentiel pétrolier de ces zones marines bouleversées par les changements climatiques intéresse plusieurs des multinationales de l’énergie fossile. Au fur et à mesure que les gisements plus accessibles se tarissent, elles doivent en effet se tourner vers des zones plus reculées. BP et Esso ont d’ailleurs déjà loué le brise-glace Amundsen, le premier navire de recherche scientifique au Canada, pour mener des projets d’exploration dans la mer de Beaufort.


Cette volonté de laisser la voie libre aux pétrolières survient alors que le gouvernement Harper a annoncé son intention d’accélérer le processus d’approbation des projets énergétiques.


Deux ans après la catastrophe environnementale provoquée par BP dans le golfe du Mexique, plusieurs scientifiques redoutent cependant les impacts potentiels de cette quête de ressources non renouvelables. L’Arctique, de plus en plus accessible en raison de la fonte des glaces, renferme en effet une riche biodiversité dont certains pans sont encore méconnus. Plus de 2000 scientifiques de 67 pays ont d’ailleurs demandé à la communauté internationale de protéger l’océan Arctique, en interdisant la pêche commerciale tant que la recherche et un encadrement réglementaire n’assureront pas le respect de cet environnement.


Dans ces zones, une intervention en cas de marée noire serait par ailleurs complexe, en raison de la présence de glaces et de l’éloignement.


14 commentaires
  • Mick de Villeneuve - Inscrit 18 mai 2012 05 h 21

    Plan Nord, version canadienne...

    Plutôt inquiétant...

  • Mick de Villeneuve - Inscrit 18 mai 2012 05 h 29

    Plan Nord version canadienne...

    Plutôt inquiétant...

  • Mick de Villeneuve - Inscrit 18 mai 2012 05 h 51

    Plan Nord, version canadienne...

    Inquiétant...

  • Germain Lacasse - Inscrit 18 mai 2012 06 h 52

    «Dormir au gaz» une expression bien canadienne

    L'exercice du pouvoir est-il un mandat pour le libre pillage? Stephen Harper en est convaincu et veut faire la fortune de sa bande de pirates pétroliers en donnant aux bandits les dernières réserves de la planète. Pendant ce temps les bons citoyens dorment au gaz, au Québec comme ailleurs, et protestent parce que les étudiants chahutent. En fait c'est parce que les étudiants ont le courage qui manque aux autres. Tous les canadiens devraient être dans la rue pour renverser ceux qui se remplissent les poches en prétendant travailler au «bien commun». Et la prochaine étape serait d'établir enfin une vraie démocratie ou le pouvoir soit la chose la moins accessible.

  • Denis Boyer - Inscrit 18 mai 2012 06 h 57

    Il fait exprès ou quoi?

    Je ne sais pas s'il faut en rire ou en pleurer : c'est comme si il cherchait délibérément à souiller tout ce qui nous reste d'immaculé au pays. au profit de qui? Certainement pas au profit du peuple!

    Il n'aura donc fallu attendre que deux ans pour que s'efface de la mémoire du PM la catastrophe du Golfe du Mexique. On va maintenant tenter de nous faire croire que le risque est faible et acceptable...

    Si Harper était sensible aux besoins énergétiques des canadiens (et non aux intérêts économiques de grosses corporations multi-nationales) il favoriserait le développement des énergies vertes et des mesures de conservation énergétique. Mais ce n'est pas le cas. Harper préfère laisser miroiter la prospérité économique (via trickle-down economics) par l'exploitation débridée des ressources naturelles que par des solutions à long terme qui bénéficient réellement à tous les canadiens (et au reste du globe!)

    Dehors ce gouvernement de magouilleurs!