Plan Nord - Le Nord sous protection inadéquate?

Selon Québec, le Plan Nord « deviendra une référence internationale en matière de développement durable ». Des scientifiques de différents pays estiment que cet objectif ne pourra pas être atteint dans le cadre du projet de loi actuel.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Selon Québec, le Plan Nord « deviendra une référence internationale en matière de développement durable ». Des scientifiques de différents pays estiment que cet objectif ne pourra pas être atteint dans le cadre du projet de loi actuel.

Alors que le ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, faisait franchir hier l’étape de la première lecture à son projet de loi 65 sur la protection du Grand Nord québécois, 16 sommités scientifiques de différents pays et organisations canadiennes et internationales, réunies à Montréal, dénonçaient ce qu’elles perçoivent comme un changement de cap majeur de Québec dans ce dossier.

Se référant à l’objectif officiel du gouvernement, qui consiste « à soustraire 50 % du Plan Nord à tout développement industriel », ils ont écrit hier au premier ministre Jean Charest que c’est « avec déception et consternation que nous constatons que les mots utilisés dans le projet de loi présenté pour donner suite à cette vision et concrétiser cet engagement ont été changés. Alors qu’il est entendu de soustraire 50 % de la superficie du Plan Nord de toute activité industrielle, le projet de loi prévoit plutôt que soit réservée 50 % de la superficie de ce territoire à des mesures de protection de l’environnement, de maintien de la biodiversité, de mise en valeur du patrimoine naturel et d’utilisation durable des ressources ».

« Ce nouveau langage, poursuivent les 16 scientifiques, introduit dans le projet de loi pourrait être interprété de façon à inclure les projets miniers, forestiers ou énergétiques industriels à l’intérieur de ce 50 %. Il est de notre avis que cette substitution n’est pas cohérente avec la vision exprimée dans le Plan Nord et ne permettra pas de faire de ce projet une référence internationale en matière de développement durable et de protection de l’environnement ».


Pour eux, c’est l’ensemble du territoire nordique québécois qui doit faire l’objet d’une politique de développement viable en plus de la protection intégrale promise pour la moitié de ce territoire, ce qui implique l’exclusion de toute activité industrielle dans cette portion.


Mais le ministre Arcand ne l’entendait pas de cette façon et réitérait hier, dans un communiqué de presse destiné à annoncer une enveloppe de 4,6 millions pour la gestion des dossiers nordiques par son ministère, que le Plan Nord « deviendra une référence internationale en matière de développement durable ».


Les 4,6 millions annoncés vont permettre au ministère d’embaucher 38 personnes, qui seront affectées dès l’été prochain à la surveillance du territoire et à l’analyse des projets déposés.

21 commentaires
  • Assez merci - Inscrit 2 mai 2012 05 h 57

    Rire du monde.

    Il faut dire ou le territoire est protéger avant que les minières qui ont tous les droits y fasse de beaux trous ?
    Il me semble...

    Les libéraux possèdent l`art de bien mentir...

  • Sanzalure - Inscrit 2 mai 2012 07 h 31

    Ministre de quoi exactement ?

    Le ministre Arcand ne comprend rien au «Développement durable», n'a aucun respect pour «l'Environnement» et se fout complètement des «Parcs».

    Il est là pour le plus grand bien des corporations, un point c'est tout. Comme tout le reste du gouvernement Charest corrompu jusqu'à la moelle.

    Serge Grenier

    • Robert Dufresne - Inscrit 2 mai 2012 09 h 06

      Il est sinistre de l'incompetence.

      Robert Dufresne..

    • Louise Lefebvre - Inscrite 2 mai 2012 23 h 56


      Un moment donné va bien falloir qu'ils comprennent qu'on en veut pas de leur plan nord.
      Un moment donné va ben falloir une enquête sur la corruption et la collusion avec les minières.
      Un moment donné va ben falloir que ça cesse les mensonges.
      Un moment donné va ben falloir les mettre dehors ces libéraux.

  • slowmou - Inscrit 2 mai 2012 07 h 35

    Les PREMIÈRES RICHESSES NATURELLES

    d'un territoire sont avant tout les humains qui l'habitent.

    Si nous étions plus matérialistes qu'idéalistes,
    plus pragmatiques que littéraires,
    plus connectés que «dossiers/papiers»,
    nous investirions
    PRIORITAIREMENT et MASSIVEMENT
    dans la gratuité des maternités, des garderies,
    des maternelles et des écoles.
    Dans la gratuité des soins de tous nos petits enfants et de leurs mamans.
    Tout cela, sous le contrôle des femmes.

    Pendant ce temps-là, les vieux universitaires pourront attendre
    en essayant de mettre de l'ordre dans leurs vieux classeurs,
    débordant d'anciens dossiers de papier.
    C'est la Révolution Électronique! Veut, veut pas, Cela se fait.

    C'est la rencontre de
    l'IMMATÉRIALITÉ et de l'INSTANTANÉITÉ
    de nos nouvelles données virtuelles, sonores et éphémères,
    véhiculées à la vitesse de la lumière électrique visuellement colorées

    avec

    les anciens classeurs des vieux dossiers de papiers imprimés
    à l'encre indélibile, permanente, autoritaire, véridique, infaillible et sacré.

    Bon printemps érable, Québec,

    jeanpierrepayette, grand-père et retraité :-)))

    • Filip Matzen - Inscrit 2 mai 2012 13 h 05

      Je suis jeune et j'ai plein d'énergie pour combattre pour un changement mondial et humain, et votre texte me donne un certain courage et me rappel à quel point nous sommes humains.

      Filip Delarocka
      Québec

  • Rene Audet - Inscrit 2 mai 2012 08 h 05

    Mesures de protection

    Dit comme ça, c'est 100% qui devrait faire l'obet de mesures de protection, projet ou pas.

  • Alexie Doucet - Inscrit 2 mai 2012 09 h 08

    Droits d'exploitation

    Faudrait peut-être lancer un recours collectif pour que tous les propriétaires du Québec se voient offrir en première instance la possibilité d'acheter les droits d'exploitation du sous-sol de leur propriété. Ça a été fait sans qu'on le sache et logiquement, les propriétaires auraient dû en être les premiers avisés.

    • Louise Lefebvre - Inscrite 2 mai 2012 23 h 59

      Logique...J'adhère à votre recours collectif!