Harper et Charest ciblés par les manifestants

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	Le député de Québec solidaire (QS), Amir Khadir, le chef néodémocrate, Thomas Mulcair, la coporte-parole de QS, Francoise David, et la chef péquiste Pauline Marois ont tous adhéré de façon symbolique le Protocole de Kyoto. </div>
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir
Le député de Québec solidaire (QS), Amir Khadir, le chef néodémocrate, Thomas Mulcair, la coporte-parole de QS, Francoise David, et la chef péquiste Pauline Marois ont tous adhéré de façon symbolique le Protocole de Kyoto. 

Un Sénat conservateur qui oserait une nouvelle fois bloquer une loi adoptée en toute légitimité par une majorité de députés Nouveau Parti démocratique (NPD) en vue de réintégrer le Canada dans la bataille internationale contre les changements climatiques pourrait devoir faire face à une riposte musclée du nouveau gouvernement.

C'est ce qu'a affirmé hier Thomas Mulcair, le chef du NPD et de l'opposition aux Communes, au début de la manifestation monstre d'hier, qui a été précédée par l'adhésion symbolique de plusieurs chefs de partis politiques au protocole de Kyoto. C'est ainsi que Thomas Mulcair s'est retrouvé à côté de Pauline Marois, de Françoise David et d'Amir Khadir, de Jean-Martin Aussant et du chef de Projet Montréal, Richard Bergeron. Les deux partis libéraux, provincial et fédéral, n'étaient pas représentés à cette signature symbolique tout comme, ce qui était éminemment prévisible, le Parti conservateur de Steven Harper. Ce dernier ainsi que le gouvernement Charest ont été les deux cibles principales de la plus importante manifestation jamais tenue au Québec, l'un pour le développement des sables bitumineux et l'autre pour son Plan Nord.

Pour Thomas Mulcair, la priorité environnementale d'un éventuel gouvernement néodémocrate consisterait à représenter un projet de loi semblable à celui qu'avait présenté Jack Layton et qui a été adopté à la majorité aux Communes avant d'être défait, sans examen ni débat, par un Sénat non élu, une première en 75 ans de démocratie parlementaire.

« Vous pouvez être sûr que c'est la première chose qu'on va présenter dès qu'on aura formé un gouvernement majoritaire, s'engage le nouveau chef du NPD. Et bonne chance aux sénateurs s'ils essaient de la bloquer [cette loi] une nouvelle fois. » Thomas Mulcair ne précise pas cependant ce que son gouvernement réserverait aux sénateurs non élus, ni s'il irait jusqu'à remettre l'existence de cette institution en question.

De son côté, Pauline Marois a tenu à envoyer « un message très clair » au premier ministre Stephen Harper.

« Vous n'empêcherez pas le Québec d'exister et de progresser, en particulier sur la voie du protocole de Kyoto et du développement durable, ou dans la voie d'une exploitation des richesses naturelles au profit des Québécois. » Ajoutant que cette « magnifique manifestation » traduisait la solidarité des Québécois envers leur environnement et leur territoire, la chef du PQ a vu dans cette expression de solidarité un appui très clair aux étudiants en grève : « J'espère, a-t-elle dit, que M. Charest va cesser de perdre le nord et répondre aux attentes » de la population.

Dans leurs discours de clôture de cette manifestation qui dépassait visiblement leurs attentes les plus folles, les leaders écologistes québécois ont centré le tir avec une rare unanimité contre les politiques d'exploitation des ressources naturelles, pétrole, gaz, uranium, hydroélectricité des gouvernements Harper et Charest, que tous ont assimilées à des politiques qui aliènent le contrôle de cette exploitation au profit d'entreprises étrangères milliardaires. Et, comme l'ont souligné quelques-uns, en investissant dans le Plan Nord des centaines de millions provenant des coffres de l'État, que ces compagnies devaient historiquement débourser et qu'on « veut aller maintenant chercher dans la poche des étudiants ».

Plusieurs ont aussi vu dans ces politiques, assimilées à de graves entorses à la recherche du bien commun, une menace pour la démocratie et pour les droits sociaux des ruraux, des gens des régions éloignées et des autochtones. Pour Greenpeace, Québec devrait déclarer rapidement un « moratoire » sur le Plan Nord jusqu'à ce que ses objectifs sociaux, environnementaux et de conservation aient été identifiés et intégrés dans un plan d'ensemble au lieu de laisser aux grandes sociétés le pouvoir de jalonner ce développement en fonction de leurs besoins.
8 commentaires
  • Kimakt - Abonné 23 avril 2012 07 h 51

    "Perdre le nord"


    Belle trouvaille de madame Marois, pour parler des lubies du futur ex-premier ministre du Québec, et des conséquences de son plan du même accabit!

    • Lorien Routhier - Abonné 23 avril 2012 09 h 21

      Sans enlever de crédit à cette politicienne, je ne crois pas que la citation vienne d'elle. Diverses versions de "perdre le nord" étaient écrites sur des pancartes tout au long de la manifestation.

  • dany tanguay - Inscrit 23 avril 2012 09 h 05

    De gros chiffres....

    Le gouvernement nous lance de gros chiffres pour influencer la population, ne nous laissons pas prendre.
    Le plan Nord.....Quatre milliards de revenus supplémentaires sur dix ans, çà ne fait que $400 millions par année, ce qui équivaut à 0.5 % du budget annuel québecois et $45 par québecois par année.......c'est ce que çà donne le plan Nord quand nous prenons le temps d'analyser ces "gros" chiffres qui en plus sont incertains....ce qui est certain, c'est que la grande privée s'en mettera plein les poches.....

  • Laurent Desbois - Inscrit 23 avril 2012 10 h 42

    J’ai l’impression d’entendre PET…. un demi-siècle plus tard !

    Pas certain!!!
    Thomas Mulcair NDP était li
    béral!
    Bob Rae libéral était NDP!

    Lors du vote sur les mesures de guerre en 1970, Il y avait vingt députés NDP au parlement. Tommy Douglas fut le seul à avoir le courage de voter contre et il en a payé le prix politique.
    De plus, le NPD a appuyé les libéraux lors du rapatriement de la constitution de Trudeau en 1982 et lors de la loi sur la clarté de Dion récemment!!!!

    Le NDP s'est opposé à l'Entente du Lac Meech et trouvait que l'entente de Charlottetown était trop généreuse pour le Québec.
    En 2008, le NDP a voté contre le retrait des troupes en Afghanistan en février 2009 et plus récemment, pour le maintien des attaques en Lybie.

    Est-ce un hasard que quand j’écoute ces Turmel (Boulerice) ou Mulcair (Saganash), j’ai l’impression d’entendre PET…. un demi-siècle plus tard ! « Un non, c’est un oui….. ». Soyons clair ! Le NDP est un parti ultra centralisateur et fédéraliste!!!

    • Ginette Durand - Abonnée 23 avril 2012 11 h 11

      Vous nous donnez des faits. Bravo Monsieur Desbois. Peu de gens sont au courant de ce que vous écrivez ici. Je copie votre texte dans mon dossier: Québec libre.
      Continuez !

    • Michel Dion - Abonné 23 avril 2012 16 h 54

      On n’oubliera jamais non plus que Mulcair était devenu l’avocat d’Alliance Québec après avoir fait un bref séjour à l’Office de la langue française, où il avait pu se familiariser avec les dossiers. Voilà, donc le profil parfait du traître. Pour ce qui est de sa politique au sujet du Proche-Orient, elle est en tout point conforme à celle de Stephen Harper : ils sont tous les deux prosionistes.

  • Gilles Teasdale - Abonné 23 avril 2012 13 h 26

    opignon

    Depuis quand les con servateurs s'occupe de l'opinon des autres?

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 23 avril 2012 21 h 54

    Concernant une des photos ?

    S'agit-il du fils de Dominic Champagne ou du jeune acteur principal dans «Monsieur Lazhar» ?