Aménagement - Aéroports de Montréal vend des crédits de carbone...

Caroline Rodgers Collaboration spéciale
<div>
	L’aéroport Trudeau à Dorval</div>
Photo: Source ADM
L’aéroport Trudeau à Dorval

Ce texte fait partie du cahier spécial Jour de la Terre

L'aéroport de Montréal sera reboisé! Une première en Amérique du Nord. Des crédits de carbone deviennent ainsi disponibles.

Dans le cadre de sa politique de l'arbre, Aéroports de Montréal (ADM) a lancé un vaste projet de plantation de 96 000 arbres sur les terrains de l'aéroport Montréal-Mirabel situés à proximité de l'autoroute 50. La firme CO2 Environnement, à laquelle ADM s'est associée dans ce projet, estime que 16 299 tonnes de CO2 seront ainsi captées, et les crédits de carbone ainsi générés seront vendus sur le marché volontaire des crédits de carbone au cours des prochaines années. Pour ce faire, on a utilisé une méthodologie ISO 14064-2, dont l'objectif est l'émission de tels crédits.

Il s'agirait, selon Christiane Beaulieu, vice-présidente affaires publiques et communications, du premier exemple en Amérique du Nord d'un projet de reboisement sur un site aéroportuaire dont l'objectif est l'émission de crédits de carbone.

Un prix, déjà!

L'an dernier, ADM a reçu le prix Mitigation Award, du Conseil international des aéroports, pour sa politique de l'arbre. En plus des projets de reboisement, cette politique vise à protéger les secteurs à valeur écologique élevée sur les terrains de l'aéroport. À cette fin, un inventaire forestier a été effectué. La politique prévoit que chaque arbre devant être éliminé en raison du réaménagement des terrains ou d'une construction doit être remplacé.

«Nous avons également planté des herbacées indigènes qui favorisent la reproduction et l'alimentation des papillons monarques au parc Marcel-Laurin, à Saint-Laurent, ajoute Mme Beaulieu. C'est leur habitat naturel et leur population était en déclin. Comme ces papillons migrent au Mexique chaque année, on aime penser que cette action est un clin d'oeil fait à notre industrie, qui est celle du voyage.»

Partout en Amérique du Nord, les aéroports multiplient leurs efforts pour améliorer leur bilan écologique, explique la vice-présidente. «Un aéroport est une infrastructure vraiment particulière, mais il y en a partout. Une sensibilisation écologique s'est faite dans le milieu. Les deux associations dont nous faisons partie, le Conseil international des aéroports et le Conseil des aéroports du Canada, organisent toutes deux des concours annuels pour souligner les bons coups des aéroports sur le plan écologique. Cela fait quelques années qu'on y participe.»

Actions écologiques

La liste des gestes écologiques posés par ADM est longue. Toutefois, il s'avère difficile de les quantifier, tant en dollars investis qu'en résultats précis sur le plan de la réduction de l'empreinte écologique globale, celle-ci n'ayant pas été mesurée, admet-elle. Il s'agit en effet d'un exercice fort complexe pour une infrastructure telle qu'un aéroport.

La politique écologique globale de la société a été mise à jour l'an dernier. Des axes d'amélioration ont été cernés, tels que l'efficacité énergétique, la réduction des GES, la réduction de la consommation d'eau potable, la protection des milieux naturels sur ses sites et l'application du principe des 3RV (réduction à la source, réemploi, recyclage et valorisation des matières résiduelles).

Un programme visant à réduire la dépendance des employés envers l'automobile, baptisé Écono écolo, a permis à ADM d'être nommée lauréat Affaires au gala 2011 de reconnaissance en environnement et développement durable de Montréal. «Quand nous avons déménagé notre siège social à Dorval en 2009, nous avons décidé d'encourager les 175 employés à faire la transition de la voiture au transport du commun en leur donnant un incitatif de 40 $ par mois s'ils achetaient des titres de transport pour douze mois consécutifs, dit Christiane Beaulieu. Trois ans plus tard, 27 % d'entre eux prennent l'autobus 747 ou font du covoiturage pour venir au travail. On donne une place de stationnement plus rapprochée à ceux qui en font, ce qui est très apprécié, considérant la grandeur du site. On a assorti le programme de covoiturage d'un retour garanti à la maison. Si le propriétaire du véhicule ne peut assurer le retour de son passager à la fin de la journée, les gens peuvent prendre un taxi.»

Sur le plan de la consommation d'énergie, les initiatives sont nombreuses. L'aérogare de Montréal-Trudeau dispose d'une centrale thermique ultraperformante axée sur la récupération d'énergie. Les besoins en chauffage ou en climatisation sont réduits dans les parties neuves de l'aérogare, grâce à un système d'ouverture ou de fermeture automatisé des stores fixés aux fenêtres. Mis au point à l'Université Concordia, ces stores réagissent au soleil et à la température et s'ajustent en fonction de la lumière et de la température.

De plus, entre autres initiatives, on a remplacé toutes les ampoules le long des pistes d'atterrissage par des ampoules LED, trois fois moins énergivores.

***

Collaboratrice du Devoir