Compteurs intelligents - Hydro aurait sous-évalué les coûts de son projet

Le projet de Lecture à distance (LAD) d'Hydro-Québec risque de s'avérer non rentable en raison de coûts sous-évalués. Il doit «être revu au complet» avant que la Régie en autorise la première phase dans les grandes villes du centre de la province.

C'est ce qu'affirme un expert étasunien, Edmound P. Finamore, de la firme Valu Tech, dans un rapport déposé hier par le Groupe de recherche appliquée en macro-écologie (GRAME) et dont le financement a été autorisé par la Régie de l'énergie. Ce rapport conteste les conclusions générales du rapport de la firme Accenture, choisie par Hydro-Québec pour évaluer son cheminement dans le dossier des compteurs intelligents.

Le rapport de Valu Tech base sa conclusion centrale sur le fait qu'Hydro-Québec n'a pas révisé ses prévisions de coûts à partir des trois projets-pilotes qu'elle a menés à Magog, Boucherville et dans le quartier Villeray à Montréal. C'est à cet endroit qu'Hydro a fait face à une première contestation de son projet en raison des émissions de radiofréquences de ces compteurs-émetteurs, un mouvement qui prend de l'ampleur aux États-Unis aussi.

Le projet d'installer 3,8 millions de compteurs intelligents à travers le Québec va coûter 997 millions. Hydro-Québec prévoit en retirer des profits d'un peu plus de 200 millions en 20 ans, soit 10 millions par année, ou 1 %. Avec une aussi maigre marge de rentabilité, le moindre écart dans les prévisions de coûts risque de créer un nouveau fardeau financier pour ses clients, indique le rapport.

Le spécialiste estime d'autre part que la firme Accenture, le consultant d'Hydro-Québec qui «l'accompagne» depuis le début du projet LAD, n'a pas l'indépendance requise pour porter un jugement objectif sur la rigueur du projet. Il note que des responsables de l'évaluation produite en janvier par Accenture ont intérêt à prolonger la relation d'affaires avec Hydro, quand ils ne portent pas jugement sur leur propre travail.

Le rapport fait état de quelques dizaines de jugements portés par Accenture qui ne reposent pas, selon le spécialiste, sur des prémisses factuelles et vérifiées, comme l'affirmation que le compteur n'utilise que 5 % de sa mémoire, ce qui laisserait de la place pour d'autres utilisations.
11 commentaires
  • Marie-Michelle Poisson - Inscrite 31 mars 2012 09 h 46

    Mutualiser, qu'est-ce à dire?

    Lors des audiences de la Régie qui ont lieu actuellement M. Bruneau Lafeytaud, représentant de Accenture a déclaré : "(...) les besoins de base des
    projets IMA, les fonctions IMA, donc lecture à
    distance, fonction branchement, débranchement
    n'utilisent que cinq pour cent (5 %) de la capacité
    du réseau IMA.
    Donc l'ensemble de la réflexion qui est
    actuellement conduite à Hydro-Québec est de voir
    sur le pourcentage restant quels sont les projets
    que l'on peut servir de façon à mutualiser ces
    moyens-là. C'est ça qu'on appelle un arrimage. Il
    s'agit, en l'occurrence ici d'un arrimage sur les
    moyens de communication. (...) À partir de là, la question est de se poser maintenant, c'est maintenant que cette
    solution ou cette technologie est choisie, comment
    est-ce qu'on peut la rendre profitable pour
    d'autres applications au sein de l'entreprise."
    Extrait de la session du 27 mars 2012
    Que signifie "mutualiser" dans le jargon d'Accenture? J'ai vraiment l'impression qu'on fait payer la facture du projet de lecture à distance au public mais que ce sont des intérêts privés qui en tireront le plus d'avantage$
    D'ailleurs, les grandes entreprises dont Accenture sont "matures" pour répondre à cette offre si on en croit ce communiqué :
    http://www.vmware.com/fr/company/news/releases/cpc
    Marie-Michelle Poisson
    Villerayrefuse.wordpress.com

  • SterneArctique - Inscrit 31 mars 2012 09 h 57

    Mais qu'est-ce qui se passe avec notre société d'État?


    Les « machines » devraient être au service des gens, et non l’inverse.

    Il y a quelques années, Hydro-Québec a laissé passer une occasion exceptionnelle de se positionner comme chef de file de l’éolien en Amérique du Nord. Là, elle jongle avec les centrales de Gentilly comme si elles étaient de simples balles de cirque. Elle estropie nos grandes rivières en faisant fi des conséquences sur les écosystèmes. Elle veut implanter des compteurs dits intelligents qui sont aussi contestés que l’est le gaz de schiste. Elle incite à réduire et bien contrôler notre consommation d’énergie hydroélectrique et se vire de bord en augmentant les tarifs (pour compenser le manque à gagner de notre réduction de consommation et nous remercier d’avoir bien appris nos leçons et fait nos devoirs??). Ce faisant, elle octroie des tarifs préférentiels ridicules aux multinationales.

    Notre fierté nationale va à contre-courant, et nous, actionnaires minoritaires, nous sommes à la merci de ce monopole d’État.

    C’est triste à dire, mais sain dans les faits : nous devons maintenant nous transformer en gangs de rue pour faire entendre nos voix tellement le bon sens des décideurs publics semble dériver vers une oligarchie mondiale.

    • vert-ou-rien - Inscrite 12 avril 2012 12 h 34

      Tout à fait d'accord.

  • Melkitsedeq - Inscrit 31 mars 2012 12 h 20

    Je tente de respirer par le nez

    Louis-Gilles Francoeur :"Le projet d'installer 3,8 millions de compteurs intelligents à travers le Québec va coûter 997 millions. Hydro-Québec prévoit en retirer des profits d'un peu plus de 200 millions en 20 ans, soit 10 millions par année, ou 1 %"
    Il y as de quoi se réjouir! Se faire bombarder inutilement d'un flux d'ondes électromagnétiques qui seront 95% inutles !
    Je n'en demors pas leur systéme informatique va nécessiter un investissement de plus de 200 millions anéantissant tout le maigre bénifice.
    Pourquoi ne pas évaluer un compteur qui éméterait à toutes les semaines plustot qu'en flux continnu ?
    Ceci éviterais-il le réinvistissement informatique?
    Toute façon comme propriétaire de cette société des tas nos besoins et commentaires prennent le chemin de la filière 13.
    Profitez du beau temps !
    Christian
    Sherbrooke

  • pellesi - Abonné 2 avril 2012 06 h 40

    On est 12 012 ???

    J’ai déjà été fier d’Hydro-Québec. Depuis le passage de M. Caillé et l’emprise de Gaz Métropolitain, les mensonges de la ligne Hertel-des-Cantons, la centrale au Gaz qu’on paye pour ne pas produire, etc.. Et maintenant les compteurs qui s’ajoutent à une longue série de fiascos, j’en ai honte.

  • Michel Leclaire - Inscrit 2 avril 2012 10 h 56

    Il ne sert à rien...

    ...de parler; il nous faut agir. Prenons de nouveau La Bastille. Il nous faut une révolution.

    Michel Leclaire