Forum mondial de l'eau: un virage applaudi

L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), un des plus importants groupes environnementaux internationaux, a applaudi hier l'élargissement des vues du Forum mondial de l'eau, qui terminait ses assises annuelles à Marseille.

Pour l'UICN, considérer désormais l'eau comme un élément essentiel pour la protection de la biodiversité et inscrire cette préoccupation au coeur des stratégies de protection de la ressource constitue un progrès important.

Dans le passé, le Forum mondial de l'eau a souvent été accusé de privilégier une approche mercantile de l'eau basée sur le principe qu'on l'économisera davantage si on lui confère une valeur économique. Cette approche a été dénoncée au nom des valeurs sociales et de la défense des personnes pauvres, qui ont eux aussi le «droit» d'avoir accès à cette ressource vitale.

Pour l'UICN, il est capital de faire de la conservation le pilier de toute politique de l'eau, car elle permet le maintien d'écosystèmes essentiels. Et de toute façon, protéger la ressource coûte toujours moins cher que de construire des infrastructures d'assainissement ou de traitement, note le groupe international.

La nature, poursuit l'UICN, offre aux humains des «services biologiques» qui dépendent de l'eau, ce qui justifie d'en faire une préoccupation centrale pour la protection de la biodiversité elle-même.

Dans un panel d'experts, le président du Forum, Loïc Fauchon, s'est fait l'écho d'une autre idée controversée, à savoir qu'il est possible d'enchâsser et de gérer le «droit à l'eau et à l'assainissement». Par le passé, les valeurs prônées par le Forum mondial ont souvent été critiquées par les tenants de la reconnaissance du droit à l'eau.

De son côté, la ministre brésilienne de l'Environnement, Izabella Teixeira, a insisté sur le fait que la conférence de Rio +20, du 20 au 22 juin, tournera en grande partie autour des enjeux de protection de l'eau et des écosystèmes fragiles qui en dépendent, une préoccupation qui devient incontournable dans la fondation d'une «économie verte», a-t-elle dit. Ce nouveau concept est mis de l'avant par l'ONU pour redynamiser celui, quelque peu usé, à force d'être galvaudé et récupéré, de «développement durable», que plusieurs ont vidé de son volet environnemental depuis longtemps, au profit de valeurs strictement sociales.

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