Campagne «Vous n'entrez pas chez nous» - 26 000 portes fermées aux gazières

En trois mois, 25 823 résidants de la Montérégie ont signé un document refusant l'accès à leur propriété aux sociétés gazières d'exploration des gaz de schiste.

Et près de 1000 de ces propriétaires ou locataires possèdent des propriétés de plus d'un hectare, a révélé hier le Regroupement régional de la Montérégie sur le gaz de schiste. Ce dernier s'est lancé à fond dans la campagne «Vous n'entrez pas chez nous», lancée au début de l'hiver dans toute la vallée du Saint-Laurent.

Dans certaines régions, expliquait hier la porte-parole du regroupement, Danielle Lavoie, c'est presque la totalité du territoire municipal qui a été bloquée, si l'on peut dire, par les refus de laisser passer les entreprises gazières.

Par exemple, précise Mme Lavoie, près de Sainte-Julie, ce sont près de 9000 propriétaires qui ont refusé par écrit de collaborer avec les gazières. À Otterburn Park, ajoute-t-elle, ce sont 96 % des propriétaires qui ont fermé leurs portes au développement du gaz de schiste. On en trouve presque autant dans la région agricole de Saint-Hyacinthe.

Certes, reconnaît la porte-parole du groupe, Québec pourrait toujours utiliser la Loi sur les mines et exproprier un propriétaire qui refuse de négocier un droit de passage avec les entreprises gazières. Mais il suffit d'imaginer le tollé que susciterait une expropriation. Alors, dit-elle, imaginez ce à quoi Québec ferait face s'il se lançait dans l'expropriation de dizaines, voire de centaines de résidants de la Montérégie...

La liste des quelque 26 000 noms contient aussi un certain nombre de locataires qui ont acquis la jouissance d'un bien immobilier. La porte-parole du groupe reconnaît qu'un propriétaire pourrait donner accès à son terrain à une société gazière, mais son locataire aurait alors un recours judiciaire contre lui du fait qu'il change les conditions du bail. La question, dit-elle, a été vérifiée en droit.

Jusqu'ici, quelque 70 comités de citoyens se sont formés pour faire échec aux sociétés d'exploration et d'exploitation gazière qui ont acquis des droits sur le sous-sol de la vallée du Saint-Laurent. Et, dit-elle, il s'en forme de nouveaux chaque semaine, du Saguenay à la Gaspésie.
7 commentaires
  • Jean Richard - Abonné 14 mars 2012 08 h 13

    Gaz ou éthanol ?

    Avez-vous déjà survolé le territoire de la Montérégie, en particulier la grande région de Saint-Hyacinthe ? Le paysage est facile à décrire : champs de maïs, champs de maïs et champs de maïs (fort probablement transgénique).

    Croyez-vous que ce maïs est entièrement destiné à l'alimentation humaine ? Bien sûr que non. Une partie de ce maïs va à l'industrie de l'éthanol, qu'on mélange à du pétrole dans l'essence. Or on sait que la production d'éthanol à partir de maïs cultivé est loin d'être une si bonne affaire sur le plan environnemental. De si grandes étendues d'une monoculture vorace, ce n'est pas écologiquement très sain.

    Quand on veut cacher quelque chose, il y a une recette simple : détourner l'attention. Et il est à craindre qu'à trop focaliser sur les risques théoriques de l'industrie gazière, on réussisse à détourner l'attention de certaines pratiques agricoles pas toujours très respectueuses de l'environnement.

    Le gaz qui cache l'éthanol, ça ressemble un peu au dossier des changements climatiques. Bien légitime au départ, ce dossier a relégué au second plan une pollution déjà présente, qui fait des ravages et qui demande des solutions à court terme, le smog. À trop parler du gaz carbonique dont la nocivité réelle ne se manifestera que bien au-delà de quelques mandats de politiciens, on en oublie de parler des contaminants auxquels on devrait s'attaquer immédiatement, mais ce combat exige un courage politique qui n'existe pas.

    Bref, une grande méfiance face aux gazières est parfaitement légitime. Mais il ne faut pas perdre de vue que la menace qui pèse sur notre territoire agricole ne vient pas que de ces gazières.

    • jpz - Abonné 15 mars 2012 09 h 35

      Greenfield de Varennes avec V Chornet de Enerkem font de l'éthanol à partir des rebuts agricoles et forestiers avec efficacité et prochainement la biométhanisation permettra de recycler TOUS nos déchets organiques en énergie et en engrais. Le maïs doit être utiliser pour nourrir les humains et les animaux et le reste des terres agricoles pour produire de céréales et s'organiser pour satisfaire la demande mondiale et surtout les millions d'Africains qui meurent par manque d'eau et de nourriture de qualité et ici on a les espaces et les ressources pour les fournir adéquatement SAUF que Harper préfère mettre des dizaines de G$ sur des F 35 et sur des bateaux et équipements de guerre. Le ROC évolue à l'envers du bon sens le Canada retourne d 1/2 siècle en devenant de + en + militariste...

  • Daniel Bérubé - Inscrit 14 mars 2012 11 h 03

    @ Jean Richard

    Effectivement, l'éthanol fabriqué a partir du maïs est officiellement a remettre en question, si l'on considère l'utilisation des terres agricole pour les produire, ce qui diminue la quantité de terres agricoles pour la production de nourriture humaine. Que l'on ne considère que les hausses de prix sur les aliments cultivés qui se sont manifestés quand cette forme de production d'éthanol a commencé... et la popularité qu'avait connu ces projets aux USA... ceux-çi en était arrivé a produire quelque chose comme le tiers de toute la production mondiale de maïs...

    Mais aujourd'hui, de nouvelles méthodes ont été découverte et sont à l'étude ou à l'essaie. Les éléments de bases sont entre autre, les résidus de bois résineux, pour de l'éthanol aussi. D'autres sont en expérimentation, entre autre en Chine, pour produire des gaz utilisable à la maison directement, et produit à partir des déchets organiques (de table et humain). Le tout est quand même a faire attention, car les politiques actuelles reconnaîtraient sans aucun doute qu'il est plus "rentable" de nourir un moteur qu'un être humain... Que voulez-vous... ce sont les marchés qui décident... et nos dirigeants politiques ne peuvent que... les financer.

    • Charles F. Labrecque - Inscrit 14 mars 2012 16 h 56

      Mon ami me disait la main sur le coeur qu'il était fière de produire du maïs pour nourrir le monde. Cependant j'ai constaté que son grain sert à fabriquer de l'éthanol, quel mensonge que nos fermier nous poussent dans la guorge

  • Kim Cornelissen - Inscrite 14 mars 2012 12 h 44

    @ Jean Richard et Daniel Bérubé: vous avez raison mais...

    L'éthanol continue effectivement d'être un problème, même cellulosique (puisque n'étant pas étiqueté, l'éthanol cellulosique sert de paravent "vert" à l'éthanol maïs-grain...). Par ailleurs, on ne parle pas d'expérimentation en Chine (comme dans plusieurs pays d'Europe, entre autres et même au Québec) pour la question de production de biogaz/biométhane à partir de déchets organiques... Non seulement, il peut remplacer l'éthanol sans aucun des problèmes de ce dernier (dont le rendement énergétique, l'éthanol cellulosique ayant la moitié de la rentabilité du rendement énergétique du biométhane) mais il remplace également le gaz de schiste, puisque c'est également du gaz naturel. Le biogaz/biométhane permet de remplacer 60 % de la consommation actuelle de gaz naturel et l'éthanol n'est pas une solution.

    • jpz - Abonné 14 mars 2012 23 h 10

      Greenfield de Varennes avec V Chornet de Enerkem font de l'éthanol à partir des rebuts agricoles et forestiers avec efficacité et prochainement la biométhanisation permettra de recycler TOUS nos déchets organiques en énergie et en engrais. Le maïs doit être utiliser pour nourrir les humains et les animaux et le reste des terres agricoles pour produire de céréales et s'organiser pour satisfaire la demande mondiale et surtout les millions d'Africains qui meurent par manque d'eau et de nourriture de qualité et ici on a les espaces et les ressources pour les fournir adéquatement SAUF que Harper préfère mettre des dizaines de G$ sur des F 35 et sur des bateaux et équipements de guerre. Le ROC évolue à l'envers du bon sens le Canada retourne d 1/2 siècle en devenant de + en + militariste...

  • jpz - Abonné 17 mars 2012 11 h 48

    Le PLQ a l'écoute bouchée !

    Dans les critères d'acceptation de projet énergétique autant gaz ou pétrole de fracturation que de petites centrales hydroélectrique ou de parcs éoliens on dit que << L'acceptabilité sociale >> est un facteur important. Alors avec toutes ces signatures contre ces projets, avec toutes les 260,000 signatures qui demnandaient la démission de JJ Charest, il semble bien que le PLQ et le PM avec ses 2 mains collés au volant ne peut n voir, ni entendre ni lire ni sentir que les électeurs Québécois impliqués en ont assez de ce gouvernement corrompu qui brsde nos précieuses ressources naturelles sans en avoir obtenu le mandat. Ensuite, le Québec sera appauvri et ces contrats devront être respectés pendant 25 ans...
    VIVEMENT des élections générales Québécoises pour un gouvernement du parti respectueux du développement durable de nos ressources naturelles de notre énergie et de notre eau propre... pour REDEVENIR MAÎTRE CHEZ NOUS avec D Breton, M Ouellet S McKay et les autres de ce parti qui a une meilleure "VISION D'AVENIR " à long terme.